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 This fucking nightmare. Libre

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Pèlerin sans Monde

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Geek : 182
Pouvoir : Invocation de chauve-souris vampires.
Transformation : Chauve-Souris.


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MessageSujet: This fucking nightmare. Libre   Jeu 9 Sep 2010 - 18:33


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« HOWL ! »

Elle hurla, folle de rage ou de douleur, il ne le savait pas trop. Son beau visage était déformé par un rictus effrayant. Une lueur de folie pure dansait dans ses prunelles mordorées. Et pourtant, malgré son apparente démence, Aileen Sôma restait belle. Non, pas belle. Sublime. Comme à chaque fois qu’il la regardait, il sentit son cœur s’affoler, comme un petit animal pris au piège dans la cage de ses côtes et qui ne demandait qu’à en sortir pour rejoindre l’être aimé, la Gardienne en l’occurrence. Il se sentit chavirer, perdu entre la souffrance et l’euphorie. Il avait mal au côté droit. Baissant les yeux, il nota sans surprise qu’une personne, il était incapable de distinguer son visage, enfonçait une lame dans son flanc. Sa main s’abaissa d’elle-même, se posant sur la main qui tenait le manche de l’arme ; il frémit en effleurant les doigts, avant de les serrer violemment jusqu’à ce que la personne lâche, la main à demi-broyée par la poigne du jeune homme. Il entendit un petit cri, et lorsqu’il tourna les yeux, il nota que son agresseur était quelqu’un qu’il ne connaissait que trop bien. Son cœur se serra.

« Kana … »

La jeune fille éclata d’un rire dément, tandis qu’il reculait lentement, jusqu’à ce que son dos heurte la porte des appartements de la Gardienne. Celle-ci haussa un sourcil, et reporta son attention sur son valet favori. L’une de ses pupilles semblait plus dilatée que l’autre. Slade, à ses côtés, émit un petit grognement à mi-chemin entre le rire méprisant, si un loup peut rire, et le grondement menaçant. Kana ramassa sa lame tâchée de sang et, un sourire apeurant dessiné sur le visage, se plaça à côté d’Aileen.
C’est à ce moment là qu’Howl réalisa qu’elles lui inspiraient soudain nettement plus de peur que d’amour.
Pris d’une brusque envie de fuir, il tenta de tourner la poignée de la porte contre laquelle il était appuyé. Hélas, s’il parvint à faire bouger la clenche, il fut incapable de déplacer la lourde porte. Pourtant, il la poussait plusieurs fois par jour depuis cinq ans, il ne comprenait pas ! Jetant un coup d’œil derrière lui, il réalisa qu’Aileen et Kana étaient à côté de lui, s’apprêtant à poser chacune la main sur l’une de ses épaules. Elles avaient un petit sourire compatissant, tout en gardant cet air de démence qui l’effrayait tant. Il finit par lâcher prise. Kana plongea sa lame dans son ventre. Les doigts d’Aileen caressèrent sa gorge.
Devinrent griffes.
Il allait mou …


BLAM. Une porte claqua près des oreilles de la Chauve-souris, à cause d’un courant d’air.

Howl se réveilla en sursaut et se redressa violemment, le cœur battant à cent à l’heure, le souffle court. Il faisait nuit noire. Il prit un moment à réaliser qu’il était assis sur son lit, en plein milieu de la nuit, dans sa chambre au Château Noir. Il jeta un rapide coup d’œil à son flanc droit, nota avec soulagement qu’il n’avait aucune blessure. Ce n’était qu’un cauchemar. Un simple rêve, effrayant, certes, mais une illusion. Rien de vrai. Il eut un petit sourire de soulagement, tandis que son souffle se calmait peu à peu. Rassuré, il s’étira longuement, avant de se lever, encore à moitié endormi. Il se connaissait assez bien pour savoir qu’il serait incapable de retrouver le sommeil maintenant qu’il était éveillé, aussi jugea-t-il inutile de rester couché. Se levant, donc, il s’habilla en quelques minutes, puis sortit de sa chambre, fourrant ses mains gantées dans ses poches. Il quitta le château en jouant distraitement avec les crosses des révolvers passés à sa ceinture, se dirigeant grâce à son sens de l’orientation typiquement chauve-sou … Chauve-souresque ? Chauve-souriens ? C’est vilain ce mot, je l’aime pas moi. Enfin bref, avec ses capacités de chauve-souris (oh yeah le compromis de la mort qui tuue XD), il se dirigea vers la Rivière de l’Oubli, songeant avec un petit pincement au cœur que c’était là qu’il avait perdu son chapeau, et surtout qu’Aileen lui avait pris la main.

Et oui, le grand monsieur vêtu de noir n’avait toujours pas eut le courage d’avouer à l’élue de son cœur qu’il avait enchaîné les conneries ces dernières semaines. Ouuh, c’est pas bien de cacher des choses à la Gardienne.

Il grimaçait lorsqu’un bruit lui fit tourner la tête.
Eh non, même pas un sursaut. Quelle maîtrise de lui-même. *____*

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Pouvoir : Invocation d'un cheval noir.
Transformation : Panthère Noire


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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Jeu 9 Sep 2010 - 22:36

La nuit drapait les alentours d'un voile de soie noire, de soie dense et opaque, épaisse, gluante, lourde et légère à la fois, chaude et glaciale. Un voile nocturne, un silence étouffant troublé seulement par des hululements, bruits de ramures au vent, de vent sous les portes, tous ces petits riens qui, dans l'ombre de la Lune, devenaient vacarme. Silence. Froideur. Ronronnement et tiédeur d'un corps mussé contre une peau humaine. Talisman, sentant son maître bouger, se lova encore davantage contre lui, ronronnant à pleine gorge, enchantée de sentir son humain, son souffle régulier, ses battements de cœur sous ses côtes. Enchantée que son humain lui serve de bouillotte et en aucun cas dérangée par le fait qu'elle soit la bouillotte de son humain. Sa queue battait doucement, car elle ne dormait qu'à demi et se serrait contre Sed avec des airs de diva, alanguie. Sed, trop endormi pour être dérangé par les mouvements doux de sa confidente à poils, ne broncha même pas un orteil. Seuls, ses yeux roulaient parfois sous ses paupières, et il prenait une profonde inspiration, comme un soupir. Les traits détendus, son visage révélait une certaine candeur, presque juvénile, d'un jeune homme se laissant enfin aller, au plus profond du sommeil. Il était étendu sur le flanc dans l'attitude de celui qui s'est laissé surprendre par la fatigue, les bras en vrac, un livre devant lui, tombé à l'envers sous sa main droite. La bougie à la lueur de laquelle il avait vraisemblablement lu achevait de mourir au creux du récipient en métal, et la lumière dans la chambre diminuait régulièrement. Seules quelques flammes vacillantes et fugitives permettaient de deviner encore les contours de la tendre scène: un jeune homme, tombé endormi sur son livre, un chat ravi lové contre lui.
Quelque part dans le lointain du château, le vent heurta une vitre qui craqua sinistrement, mais Sed ne broncha pas. En revanche, ses traits se tendirent et une légère grimace étira sa bouche sur le côté. Grognant dans son sommeil, il pivota à moitié, plus ou moins sur le dos, et prit sans s'éveiller une inspiration presque convulsive, comme celle d'un apnéiste resté trop longtemps sous l'eau. Talisman se lova à nouveau contre son maître, reculant pour demeurer serrée contre lui, et se remit à ronronner, puis ferma les yeux et autorisa le sommeil à venir capturer la reine qu'elle était. Pendant ce temps, Sed n'avait pas bougé, mais ses traits exprimaient une sorte de peur, induite sûrement par son rêve.

C'était Asaka qui courait devant lui, l'invitant à la poursuivre, mutine. Elle était pieds nus, cheveux détachés, vêtue d'une tunique d'été et d'un pantalon court, comme il l'avait souvent vue, et ses yeux pétillaient de malice. L'adolescente s'élança dans l'herbe, mais lui ne la suivit pas. Le paysage était étrange. Imaginez un monde tout de bleu vêtu, aux couleurs troubles, comme sous-marin, un monde où les sons étaient lointains et déformés par une sorte d'écho, un monde où les ombres bougeaient, animées de vie, et vous aurez une bonne idée du cadre de la scène. Ses yeux fixés sur une mare de noirceur qui semblait prendre une forme étrange, le jeune homme ne bougea donc pas d'un orteil, méfiant, sur ses gardes, une crainte sourde se diffusant dans tout son être. Puis la forme noire, d'un seul coup, disparut. Sed se retourna, ne sachant que faire, et s'aperçut alors qu'Asaka avait disparu. Là où avait couru la jeune fille, c'était un loup noir et blanc, haut sur pattes, qui le toisait, babines retroussées sur un rire moqueur. Un rire mêlé d'un hurlement de loup au loin. Un hurlement qui devint cri d'enfant. Un cri que Sed avait entendu autrefois, dans des circonstances qu'il n'aimait pas à se rappeler. Il bondit, en son for intérieur regrettant de le faire, sachant et craignant ce qu'il allait découvrir, mais l'inconscient ne laisse pas le choix et dans son rêve, il se précipita. Ce fut bien sûr la petite fille, Tiria, celle qu'un noble avait un jour, pour son propre plaisir, mutilé. Sed, comme des années auparavant, se retrouva au chevet de l'enfant, le rire du bourgeois dans les oreilles. Un rire semblable au ricanement précédent de Slade...il tendait la main vers la gamine lorsque cette dernière, soudain, prit les traits d'Aileen et...lui sauta à la gorge. Avec un couinement de surprise, Sed tomba à la renverse, se débattit, poussa un cri d'horreur en voyant les herbes, comme celles au bord de la Rivière de l'Oubli, l'attraper et...

Se réveilla. Hagard, tremblant et moite de sueur, il eut à peine le temps de noter que des pas résonnaient quelque part dans les couloirs du Château Noir. Puis, Talisman heureuse de le voir réveillé, le gratifia de ronronnements ravis et d'une série de caresses félines. Sed la laissa faire, l'esprit ailleurs et embrumé. Oh punaise, quel drôle de rêve...il ferma les yeux -ça ne changeait pas grand chose puisqu'il faisait dans la chambre un noir d'encre ou presque, non, c'était juste psychologique- et prit une profonde inspiration un peu tremblante, puis se redressa, faisant à moitié tomber son chat. Talisman, pour ne pas dégringoler, planta ses griffes dans l'épaule de son maître qui, étant torse nu, ne disposait d'aucun textile pour amortir et poussa un cri de douleur. Talisman le lâcha aussitôt et se frotta contre lui pour se faire pardonner. Distrait, Sed la caressa, puis se rallongea, ôtant du lit, d'un geste de la main, ce livre -traitant de biologie- qui y était tombé, et voulut se rendormir. Crut qu'il pouvait le faire. Yeux clos, il entendait sans cesse résonner sous son crâne le cri de la gamine et le rire du bourgeois, revoyait les scènes de cet étrange cauchemar, et se tourna quelques minutes dans son lit, tremblant encore, tressaillant au moindre frôlement de son chat, avant de décider de se lever. Il ne retrouverait pas le sommeil cette nuit. Les cauchemars ont ceci de pervers qu'ils laissent sur vous une telle empreinte que, après les avoir vécu, le cerveau ne peut plus s'abandonner au sommeil.
Alors, il se leva et, dans le noir, se rhabilla, enfilant ses habits noirs comme toujours, sa veste, ses gants...Il alla faire un tour devant son miroir. Mais quelle mine de papier mâché il avait...passant la main sur son menton un peu rêche à son goût, il décida que ce n'était pas vraiment la peine de se raser ou de coiffer ses cheveux toujours en vrac, un peu comme si il utilisait un pétard et non un peigne pour organiser sa noire tignasse. Et puis de toute manière, zut hein, il allait juste faire un tour dehors et, à moins d'un sacré coup de malchance, il ne croiserait personne, non?
Alors qu'il poussait la porte, il remarqua qu'il était pieds nus. Jurant tout bas, il fila mettre des chaussures. Un des derniers venus du Château, si on le croisait pieds nus, à...minuit au mieux, coiffé comme l'as de pique et l'air de celui qui vient de se réveiller, il aurait l'air fin, tiens. Se ravisant, il en profita pour, finalement, se coiffer et se raser. Satisfait, il considéra son reflet et décida qu'il était présentable et que la Lune ne risquait pas d'éteindre sa loupiotte en le voyant surgir. Oui, il avait l'air un peu en vrac quand même, mais le grand air allait le réveiller mieux que ça. Là, il était encore prisonnier de son cauchemar.
Pour la seconde fois il poussa la porte -avec ses chaussures, bravo Sed- et un miaulement l'interrompit. Retour à la case départ, Talisman l'observait avec des yeux outragés. Sed lui adressa un grand sourire, la caressa, se baissa et, alors que la chatte se rengorgeait en ronronnant...fila en fermant la porte derrière lui. Il entendit le miaulement outré de son amie et lui glissa:

« Je ne peux pas t'emmener, tu sais bien... »


Se glissant hors du Château, il hésita à se rendre à Yomi, laissa tomber cette idée stupide: il avait beau avoir son poignard sur lui, ce n'était pas une bonne idée d'aller traîner dans les coupe-gorge. A moins d'être suicidaire, ce que n'était pas Sed aux dernières nouvelles. Les dernières seulement hein. Juste, un peu téméraire et têtu. Bref.
Il hésita quelques secondes puis, ayant trébuché sur ces marches de...enfin voilà quoi, quelques mots fleuris, il choisit de se transformer. En panthère il était nyctalope, là il était juste un humain tout paumé maintenant que cette abrutie de Lune avait choisi de se cacher derrière un nuage. Ohyeah.
Le fauve s'éloigna en trottant, silencieux à l'extrême, invisible presque, le long de la route et obliqua vers la Rivière de l'Oubli. Quelle merveille, que d'être un animal...on voyait tout, la nuit. Que les sens humains étaient atrophiés, le monde fade pour un simplement homme! Le léopard noir obliqua et déboula sur le bord de l'eau. Là, Sed se transforma à nouveau, décidant de marcher sous sa forme humaine sur les berges.
De nuit, la Rivière était moins sinistre. Certes, les plantes carnivores étaient toujours là, certes la Rivière était dangereuse, mais l'odeur des végétaux, les murmures des branches, un peu plus loin, agitées par les arbres, le clapotis de la Rivière...et même la Lune levée, tout ceci conférait à la scène une ambiance somme toute assez agréable.
Sauf un léger couac à savoir, un copieur. Un type qui avait eu la même idée que lui. Et pas n'importe quel type...Howl Fieldman, le serviteur préféré et zélé de la Louve, l'homme au chapeau qui, Sed le savait, engueulait le comptoir après deux bières, la Chauve-Souris pas si cassante que cela...et surtout, surtout, d'après ce que les deux avaient découvert dans les rues de Yomi...son grand frère. Son grand frère qui, d'ailleurs, depuis peu, l'évitait comme la peste et braillait à qui mieux mieux sur tous les serviteurs du Château, sauf Sed. Bah ouais, puisqu'il l'évitait. Quoi, qui croyait qui c'était par gentillesse envers son petit frère? Pfff...En tous cas, les serviteurs maugréaient, certains disant que Howl avait des choses à dire à la Gardienne et qu'il ferait bien de se magner de le faire...Sed ne participait pas à ces conversations et n'avait révélé à personne sa parenté avec Howl Fieldman.
N'empêche que là, il pila net, indécis, ne sachant plus trop que faire. Saluer Howl, le déranger, peut-être? Passer son chemin? Faire demi-tour?
Oh, tiens, il l'avait vu. Il avait tourné la tête sans même sursauter, le fixant tranquillement. Repéré,n Sed se décida donc à aller dire bonjour à son grand frère. Ou bonne nuit, parce que bon, la Lune c'est pas le jour hein. Ou bonne matinée, il était sûrement minuit passé. Oh, et puis merde:

« Euh...bonsoir. »

Oh ben bravo, quelle originalité Sed... Sed expliqua à sa conscience qu'elle avait intérêt à fermer sa grande gueule, sans quoi il s'en chargerait personnellement. Et puis, qu'est ce qu'elle voulait qu'il dise d'autre, hein??

1795 mots arrondis à 1800 soit 36 points XP

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Dernière édition par Sed Fieldman le Ven 10 Sep 2010 - 22:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Ven 10 Sep 2010 - 20:51

Howl se glaça en reconnaissant la silhouette. Non. Il ne voulait pas le voir maintenant, ni même plus tard. Il avait peur de cet homme, aussi surprenant que cela puisse paraître. Enfin, peur est bien grand mot, disons plutôt qu’Howl le tenait pour responsable de son « malheur », si malheur il y avait. Depuis qu’ils s’étaient rencontrés, le valet avait failli tuer une Lumière, que la Gardienne plaçait pourtant sous sa protection, et surtout, il avait dit beaucoup trop de chose à cet homme qui, quelques semaines plus tôt, n’était encore qu’un inconnu. Grinçant légèrement des dents, Howl se tourna vers son frère, qui s’approchait d’un pas hésitant. Il nota ses traits de chewing-gum mâché et son air tout chiffonné, concluant assez simplement que Sed s’était endormi tard et réveillé … Tôt ? Il avait la marque d’un livre sur la joue, ce qui acheva d’irriter son aîné. Sed Fieldman avait vingt ans et savait lire. Howl en avait vingt-neuf et peinait à différencier le K du H. Mais bon dieu, quand est-ce que tu t'inscris à des cours de soutien, stupide bête volante !? Se replongeant dans la « contemplation » du cours d’eau avec détermination, comme un petit enfant décidé à bouder, Howl enfonça ses mains un peu plus profondément dans ses poches, sachant très bien qu’il était parfaitement capable d’ignorer le jeune homme, s’il le voulait bien. Or, une partie de lui-même appréciait Sed, et c’est précisément ce qui lui faisait peur. Aussi, quand le petit frère Fieldman salua son aîné, celui-ci ne put se résoudre à l’ignorer réellement, songeant que s’il se trompait, oui, si ce Sed était réellement son petit frère, ne commettrait-il pas une énorme erreur en le repoussant ?

« Hrm. »

Un petit grognement pour signaler qu’il le saluait aussi, oh, mais comme c’est sympathique ! Cela dit, il ne faut pas en attendre beaucoup plus d’une chauve-souris habituée à grommeler des directives aux autres valets de la Gardienne et à s’incliner docilement sous les ordres de cette dernière. Quoi que, s’il s’inclinait aussi gentiment, il n’aurait pas évité de peu la mort de Kaïlee, l’affrontement n’aurait tout simplement jamais eut lieu. Il se morigéna intérieurement, se rappelant que la Lumière n’avait rien à faire dans ses pensées. Il s’était promis de l’oublier, pour ne pas lui causer d’ennuis, vu que la Louve ne l’aurait sûrement pas apprécié, mais aussi pour que cette « faiblesse » soit effacée avec le nom de la Lumière. Il n’aimait pas montrer sa chauve-souris à quelqu’un qui en sortirait vivant. Non, c’était faux : il détestait qu’on voie ce monstre méphistophélique qui avait ôté la vie à son père, parce qu’il ne voulait pas qu’on sache d’où venait son nom. Oh, beaucoup savaient qu’il pouvait invoquer des vampires sous cette forme surprenante tant elle faisait peur, mais aucun ne connaissait ce cri glaçant qu’ils poussaient en apparaissant. Et ça, pour une raison qu’il ne savait pas, il préférait le garder pour lui, comme un secret rassurant. Il avait confiance en ses chauves-souris, il les admirait et pourtant voulait les cacher. Possessif, en effet. Il n’aimait pas que l’on touche à ce qui lui appartenait, ni qu’on voit ce qu’il voulait garder pour lui – et ces beaux vampires faisaient partie du lot. Aussi la Lumière l’exaspérait particulièrement, car non seulement elle l’avait insulté, mais en plus elle avait pu apercevoir son arme qui était jadis secrète. Et puis elle était jolie, ça l’énervait. Et puis, aussi, elle l’avait qualifié de roquet, alors qu’il était une chauve-souris.
Et pourquoi il avait divagué sur elle d’abord ?
Jetant un regard à Sed et prenant soudain du conscience du silence plus froid qu’un blizzard sur le pôle nord, il esquissa un petit sourire contrit.

« Salut Sed. »

Deux mots, vite vite, notez dans tous les calendriers, la chauve-souris a dit deux mots à quelqu’un qu’elle s’était jurée d’ignorer ! Il reporta son regard sur la Rivière de l’Oubli, suivant des yeux le trajet d’un tronc mort qui flottait vers … Vers quoi ? Aucune idée, Howl n’avait jamais eut l’idée de suivre la rivière jusqu’à son embouchure, et se connaissait assez pour savoir qu’il ne le ferait sûrement jamais. Il n’était pas le genre de personne qui traînassait en sifflotant pour le simple plaisir de marcher, mais plutôt de ceux qui arpentait les rives boueuses dans l’espoir que la vie du cours d’eau apaiserait leurs émotions néfastes et les aideraient à faire le vide dans leur esprit tourmenté. Or, pour cela, le silence était nécessaire, et la présence de Sed briserait inévitablement ce silence. Howl prit donc le temps de savourer les quelque minutes calmes qui lui restaient, espérant qu’elles lui permettraient de conserver son calme. S’il s’énervait ou pire, tombait dans cette niaiserie débile qui avait parfois raison de lui – quand Aileen était dans les parages, la plupart du temps … -, il se trahirait inévitablement, et c’était tout ce qu’il ne voulait pas. Il en avait déjà trop dit à Sed, il se devait de rester maître de lui-même, désormais.

Retenant un soupir, il sortit une cigarette d’on ne sait trop où, et l’alluma pour la porter à sa bouche, repensant à son singulier cauchemar. Aileen. Kana. Il frémit légèrement en se souvenant de la beauté de la jeune fille. Il ne comprenait toujours pas pourquoi elle était partie, ni comment il avait pu la laisser partir. Etait-il lâche au point d’être incapable de sauver celle qu’il aimait ? Ou bien juste trop faible pour cela ? Si seulement il n’avait pas été un simple gamin des rues ! De son poste actuel, il aurait sans aucun doute put la sauver, parce que rares étaient ceux qui étaient assez fous pour prendre la chauve-souris pour une bonniche dont les souhaits étaient inutiles. L’ombre d’Aileen l’avait englobé depuis longtemps, et à chaque pas qu’il faisait, on la sentait derrière lui, omniprésente. Il le savait, il le sentait, il aurait pu la sauver, de son grade. Aileen l’aurait ... Si Kana n’était pas morte, aurait-il un jour eut le courage de rentrer au service de la Louve ? Aurait-il risqué sa vie deux mois durant pour atteindre ce but ?
Une nouvelle pensée le glaça.
Il se demandait un peu plus tôt s’il était trop lâche pour sauver celle qu’il aimait. Il se pensait pourtant capable de risquer sa vie pour épargner celle d’Aileen. Mais il pensait pareil pour Kana, et n’avait pas même pu assister à sa pendaison.
Alors, quand la jolie Gardienne aux yeux d’or serait en danger, aurait-il le courage de mourir pour elle ?

Ces pensées le mettaient mal à l’aise, le gênaient. Il avait la désagréable impression d’étouffer et de n’être qu’un bon à rien, sinon à gêner les autres. La Gardienne était sans conteste capable de se défendre seule, mais à dix contre une, même elle n’en réchapperait pas sans blessures ; que ferait-il, alors ? Et si un jour, la Louve venait à mourir ? Cette pensée le glaça plus encore. Si Aileen disparaissait, ou pire, le congédiait, il n’aurait plus rien, plus nulle part où aller, juste ses souvenirs et sa réputation. Il se débrouillait bien comme valet, certes, mais il refusait d’entrer au service d’un gros bourge suiffeux et dégoulinant de cupidité. Il voulait un employeur qui lui corresponde, et pour l’instant, n’avait trouvé qu’Aileen. Sans travail, que ferait-il ? Comment se nourrirait-il ? Peut-être entrerait-il au service du Gardien suivant, sans pour autant en être certain : le Château Noir lui évoquerait sûrement trop de souvenir avec la Louve, et surtout, il craignait que le prochain maître de la Clé soit un gamin avide de pouvoir. Quant à se lancer dans la quête de la Clé … Il n’en ressentait aucunement l’envie.
Howl, pourquoi tu penses à ça, merde !? Elle n’est pas morte et elle n’a aucune raison de te virer ! Quoi, aucune raison de le virer ? Et toutes ses conneries, ce n’était pas une bonne raison, hein ? Quoi qu’Aileen n’était pas du genre à agir comme ça, mais plutôt à lui dire, et rien qu’à lui, que l’erreur était humaine, et que ce n’était pas grave.
Ces pensées ne firent qu’accentuer son malaise. Il craignait de quitter le Château Noir, parce que toute sa vie y résidait. Et tout ça à cause de quoi ? D’un valet inconnu et d’une stupide lampe-torche ! Valet inconnu qui, d’ailleurs, se trouvait actuellement à ses côtés et devait juger le silence bien lourd. Avec un manque de naturel époustouflant, Howl lâcha quelques phrases prémâchés que tout le monde sort histoire de meubler, quand il ya ces groooos blancs qu’on connaît tous :

« Et sinon … Ca va ? Tu fais quoi ici, à cette heure ? »


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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Ven 10 Sep 2010 - 22:44

Howl ne semblait pas ravi de le voir, et à vrai dire, Sed pouvait le comprendre. En pleine nuit, c'était non seulement incongru de croiser quelqu'un d'autre à un endroit somme toute improbable, mais de plus...désagréable. Nul n'aimait être dérangé, et il était vrai que briser le silence apportait comme un déchirement dans la trame de cette nuit là. Howl, l'air inexpressif voire froid, détailla son petit frère qui réalisa soudain que, même rasé et coiffé de près, il devait avoir l'air chiffonné de celui qui est plus ou moins tombé de sommeil, et ensuite tombé du lit. D'autre part...il avait peut-être encore la marque de son livre sur la joue. Quelle andouille il faisait...ce devait être assez ridicule au final. Mais Sed, observant son grand frère, constata que Howl non plus ne semblait pas bien frais. Il avait une mine de papier mâché, celle d'un homme réveillé en plein milieu de ses cycles de sommeil, d'un homme qui n'avait pas vraiment fini sa nuit et pas choisi d'aller se balader sur la Rivière en pleine nuit. De plus, il avait une sorte de lueur trouble au fond des yeux...comme des soucis. Et puis bon, l'air un peu en vrac de celui qui n'avait pas vraiment prévu de se retrouver là...ni de croiser Sed, à en juger par son air presque boudeur. Howl enfonça ses mains dans ses poches et commença par ignorer le jeune homme, ce qui peina un peu Sed. Oui, il devait bien se l'avouer, le fait que son grand-frère à peine découvert, cet homme qu'il connaissait depuis quelques jours, l'ignore, le dérangeait. Il s'était attaché un peu vite...Howl n'avait peut-être pas du tout envie d'avoir un frère, quoi qu'il ait dit à ce sujet? Pas du tout envie que quelqu'un lui rappelle sa vie d'antan? C'était vrai que Sed ressemblait tellement à son père, aussi...En tous cas, Howl, toujours les mains dans les poches, répondit au jeune homme d'un grognement, ma foi...fort amène. Sed n'osa rien répondre, sentant l'atmosphère s'épaissir comme les eaux de la Rivière devant eux, devenir plus glaciale que l'immensité de l'Univers. Howl semblait contrarié et ne regardait pas Sed, semblait perdu dans des pensées peu agréables, et le jeune homme se sentait presque emprunté.
Et mortifié.

Alors il ne rêvait pas, Howl l'ignorait bel et bien, l'évitait. Ne voulait pas le voir. Bon, que son frère se montre réservé, parce qu'après tout les deux hommes ne se connaissaient pas vraiment bien, Sed l'aurait aisément compris. Lui aussi ne savait pas trop encore ce qu'il pouvait dire ou non à son frère, ce qu'il avait envie de raconter ou pas. Il restait parfois un zeste de méfiance dans ses attitudes, cet air de bête traquée qui ne le quittait jamais. Que Howl adopte la même attitude n'aurait pas gêné Sed, après tout, il n'espérait pas qu'on lui saute au cou! Mais...là c'était différent. Howl, dans son attitude, signifiait assez clairement qu'il n'avait pas envie de le voir. Il ne se comportait même pas comme il le faisait avec d'autres serviteurs, cassant ou sec, non. Il l'ignorait, purement et simplement, faisant presque comme si son frère n'était pas là. Ou n'était qu'une de ces plantes carnivores qui titillaient les bottes de Sed.
L'air renfrogné, les mains dans les poches, son grand frère ressemblait à un gamin boudeur, la mine aussi peu amène que son grognement de tout à l'heure. L'air sembla encore perdre quelques degrés, Sed une bonne partie de la sérénité que l'eau de la Rivière avait amené en lui. Certes, Howl l'avait relativement fui ces derniers temps, mais le jeune homme ne s'était pas formalisé de cet état de fait. Mais l'attitude de son frère envers lui, là, au bord de cette Rivière boueuse, qui ne semblait plus si belle à Sed, le blessait. Vraiment.
La mine du jeune serviteur s'assombrit, et il prit une légère inspiration en détournant son regard brillant d'une sorte de colère, ou plutôt, de déception, pour le porter sur la Rivière, espérant que le mouvement des eaux froides l'apaiserait. Espoir bien vain, car ses pensées, déjà assombries par son cauchemar, tournaient en boucle dans sa tête. Howl, Tiria, Asaka...tout se baladait à qui mieux mieux dans l'esprit du jeune Fieldman, et cela l'énervait, l'inquiétait et l'attristait tout à la fois. L'énervait, l'irritait, car il ne comprenait pas pourquoi son frère l'ignorait de la sorte et surtout, il trouvait un peu gonflé de sa part de ne pas venir s'expliquer clairement. Mince, Howl avait pourtant la réputation, lorsque quelque chose clochait, de venir le dire les yeux dans les yeux à celui qui avait fait la bêtise parmi les serviteurs, non? Alors, qu'il se comporte de la sorte envers lui sans même avoir...la politesse de lui expliquer pourquoi agaçait Sed. Une autre chose qui lui faisait un désagréable pincement de colère au cœur, c'était sa propre rancoeur et sa tristesse. Parce que tout ça voulait dire qu'une partie de lui appréciait Howl, et qu'il peinait à être en colère contre lui comme il l'aurait voulu, lui cherchait sans cesse des excuses. De plus, il se connaissait assez bien pour savoir que, à moins qu'il ne dépasse les bornes, il pardonnerait facilement à Howl. Incapable de rester constant même dans sa colère...quel piteuse personne il était.

Même pas capable d'être cohérent, d'assumer...il pardonnerait à Howl, il le savait. Il lui pardonnerait comme il avait laissé partir Asaka, faiblement, sans chercher plus loin, se résignant presque...comme il avait renoncé à venger la mort de Tiria. Sed ne repensait jamais à ces deux épisodes sans un frisson de honte, voire de dégoût de lui-même selon son humeur du moment. Mais pourquoi n'avait-il pas volé dans les plumes de ce noble, ce salaud, ce sadique qui avait mutilé la gamine? Pourquoi n'était-il pas sorti de la cachette où il se tenait immobile, comme tout voleur doit le faire? Il aurait dû le deviner, que Tiria aurait de vrais ennuis...son sourire si désarmant d'enfant charmante ne lui assurait pas l'impunité. Et il était resté immobile. Même quand elle avait hurlé. Il avait attendu que le noble se barre pour se précipiter au chevet de Tiria. Et là, bien sûr, il n'avait rien pu faire de plus que la prendre dans ses bras et tenter d'apaiser son agonie tout en réprimant ses propres sanglots. Rien pu faire que la serrer contre lui comme pour s'y raccrocher, étouffé par les remords tandis que elle, dans sa douleur, s'accrochait à lui avec confiance. Confiance. Tiria avait eu confiance en lui et lui, il l'avait trahie. Il l'avait laissée se faire tuer, jetée en pâture au noble, n'osant intervenir de peur d'être lui-même capturé. Il n'avait même pas essayé de venger la gosse. Une fois Tiria enterrée, à la hâte, dans un coin de jardin, il avait repris sa vie en tentant d'oublier. Il n'avait même pas essayé de voir s'il pourrait, par hasard, faire payer à ce type ce qu'il avait fait...Quel lâche il faisait...et puis, Asaka. Sed avait beau s'être fait briser la clavicule par son père, ce n'était pas ça qui aurait pu l'empêcher de revoir la jeune fille. Mais, craignant de lui attirer d'autres ennuis, il n'avait rien fait. Il avait, une fois de plus, attendu que la douleur passe comme le fait un animal blessé qui se tient à l'écart. Et depuis, Sed n'avait pas eu le courage de la chercher ou de la revoir. De passer dans la rue où elle habitait autrefois, de chercher son visage et son regard, de lui parler peut-être...Même pas.

Repenser à tout cela n'avait pas vraiment amélioré son humeur, et il aurait été capable de secouer Howl pour le faire parler et qu'il lui explique le pourquoi du comment. Heureusement, son frère eut la riche idée de lui adresser la parole à ce moment là, le saluant, tout simplement, avec un sourire contrit. Et Sed, furieux contre lui-même, lui rendit son sourire gêné. Il tentait de se recomposer une expression neutre, mais si Howl était un tant soit peu observateur, il aurait sûrement remarqué les remords au fond des yeux troubles de son frère. Puis Howl repartit dans ses pensées, et Sed tenta de se secouer un peu. Oh bon sang, ce cauchemar l'avait mis sens dessus dessous. Un instant il eut presque envie de partir, de s'éloigner, s'enfuir, loin de tout ça. Mais il savait par expérience qu'on ne peut fuir ses souvenirs et son passé...pourtant, ce soir, si Howl n'avait pas été présent, Sed se serait sûrement transformé en Panthère pour s'offrir une course nocturne, chasser peut-être, juste pour le plaisir, pour que la concentration et le vent de sa galopade lui permettent de goûter, quelques instants, un luxe: la sérénité. Mais Sed n'avait aucune envie de jouer à ça devant Howl, et puis, il avait engagé la conversation, à lui d'assumer. C'est alors que Howl, semblant remarquer que le silence était plus lourd que si ils avaient eu dix Slade sur les épaules, lança quelques phrases. Quelques phrases passe-partout pour meubler un long blanc dans la conversation...fort peu trépidante, ma foi. Sed laissa passer une ou deux secondes avant de répondre.
Il hésitait à parler de son mauvais rêve à Howl. C'était si personnel...et puis, si étrange aussi. Enfin, il sentait bien que ramener la conversation, ou plutôt mentionner Asaka et Tiria allait lui plomber le moral une bonne fois pour toute. Alors qu'il venait d'arriver à passer outre ses noires pensées, cela n'aurait pas vraiment été malin. Sed hésita cependant. Il éprouvait presque l'envie de se confier à son frère, de raconter tout ça à quelqu'un qui puisse le comprendre, quelqu'un d'autre que Talisman. Sa chatte avait beau être sa confidente, silencieuse et douce, elle n'en était pas moins un animal. Et Sed, lui parlant, ne s'adressait qu'à lui-même...Et voilà. Depuis qu'il connaissait Howl, sa solitude lui pesait. Il n'avait pas ressenti cela depuis sa rupture brutale d'avec Asaka. Il se contentait de son chat, et maintenant...cela ne lui suffisait plus.
Sed finit par opter pour le laconisme et lâcha d'une voix un peu hésitante:

« Oui ça va.
Ce que je fais ici? Eh bien...je n'ai pas vraiment sommeil. Plus sommeil en fait. »


Extrêmement crédible étant donné qu'il avait la mine en vrac du type qui a, non seulement peu dormi, étant tombé de fatigue sur un livre, mais en plus mal dormi. D'ailleurs, il dormait mal ces derniers temps...
Il jeta un regard en coin à son frère et ajouta doucement après une seconde de tergiversation:

« ...Mauvais rêve. »

Plus bavard, tu meurs.
En attendant, les yeux du jeune homme, comme toujours, avaient exprimé pas mal de choses que Sed ne disait pas, notamment son humeur sombre, le trouble qui l'agitait et toutes les émotions contradictoires qu'avait réveillé son rêve. Émotions qui, maintenant, le tiraillaient dans tous les sens, si bien que le regard que Sed lança, brièvement, à Howl, avait quelque chose de celui d'une bête traquée. Et quelque chose d'un type qui ne savait plus trop où il en était et ne se sentait pas en pleine forme...mentale.

"Et toi?"

Sed se montrait assez réservé avec Howl...bon, son frère avait fini par lui adresser la parole, mais sa froideur de tout à l'heure mettait le petit Fieldman sur ses gardes.

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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Dim 12 Sep 2010 - 11:38

Hésitation. Howl aurait dû comprendre, lorsqu’un petit silence pendant lequel Sed réfléchit s’installa entre eux, que quelque chose clochait ; que sa bonne humeur factice n’avait pas trompé cet homme des rues habitué aux mensonges et à l’hypocrisie, bien qu’il n’y ait pas vraiment cru ; que Sed était blessé du fait que lui, Howl, l’évitait surtout ! Mais pendant le petit silence, le grand valet ne fit rien de cela, préférant s’exiler à nouveau dans ses sombres pensées, dans ses remords, dans ses doutes, dans tous ces maux qui faisaient qu’il était humain et non pas animal. Plusieurs fois ces dernières semaines, il s’était d’ailleurs surpris à rêver qu’il quittait tout, s’envolant sous sa forme animale et ne revenant pas, vivant en chauve-souris tranquille dans un coin de forêt. Il était las de l’humanité en tout son entièreté, il n’en pouvait plus de ces erreurs passées qu’il traînait derrière lui comme un boulet de plomb. Oh ça oui, comme il aurait été heureux de pouvoir, à cet instant précis, quitter sa forme humaine, devenir chauve-souris et se fondre sans un bruit dans la nuit sombre et dense ! En quelques battements d’ailes, il aurait été loin au dessus de la ville. De nouveaux battements, et il quittait Yomi. Encore quelques uns, et plus aucune habitation de se laissait apercevoir. Oh oui, quelle euphorie, quel plaisir de pouvoir voler, se laisser porter par les courants d’air chaud, planer doucement puis plonger en piquer ! Celui qui n’a jamais volé ne peut connaître le bonheur d’un volatile, ni son appréhension à son premier envol, ni son excitation retombant peu à peu au moment de se poser. Sous sa forme de chauve-souris, qu’il n’empruntait pas assez souvent à son goût, Howl avait la chance de connaître ces frissons et ces sueurs froides lorsqu’il piquait vers le sol, ne déployant ses ailes qu’à l’ultime moment. Oui, il avait comme chaque être pourvu d’une paire d’ailes cet étrange mais utile réflexe qui était de ne jamais se laisser tomber, toujours se rétablir et se réenvoler, fut-ce au dernier moment, quelques secondes avant la collision avec le sol. Oui, vraiment, c’était sûrement ce qu’il voulait au plus profond de lui-même, à cet instant précis, et hélas, ce fut celui où il était en compagnie d’un être qu’il ne méprisait pas. Oh, des moments de solitude, il en avait, il ne vivait d’ailleurs que seul, mais il ne pensait jamais à voler. Les rares fois où il déployait ses ailes, il le regrettait, bien entendu, mais son travail au château prenait hélas trop de temps pour qu’il puisse se percher à une fenêtre un beau jour et s’envoler sous les regards ébahis des serviteurs. C’était, de plus, le genre de choses que l’on ne s’attendrait pas à voir de la part du serviteur personnelle de la Gardienne des Ténèbres, et il avait compris depuis longtemps que pour contenter le peuple, il fallait ressembler à la personne qu’ils désiraient voir. En lui, ils reconnaissaient un valet méprisant, hautain et glacial, incapable de la moindre fantaisie, alors il rentrait dans ce rôle fait sur mesure, se murant dans un silence dédaigneux. Certes, c’était lui qui avait créé cette coque protectrice, ce masque de fer, mais il n’était pas si froid, au fond ? Il ne pouvait pas avoir qu’un morceau de glace, caché derrière ces couches de tissus et de cellules, tout de même ! Et puis il aimait Aileen, n’était-ce pas une preuve qu’il était un véritable être humain, cela ?
Vraiment, si Howl avait été plus attentif, plus fraternel durant les quelques secondes de battement, il n’aurait pas eut cette ridicule réaction qui fut de sursauter, surpris, lorsque Sed répondit.

Le jeune homme s’expliqua en quelques mots, apprenant à Howl qu’il avait peu dormi à cause d’un cauchemar. Tiens donc. Le grand valet, fatigué à cause de sa courte nuit, se retint de peu de lâcher que lui aussi, il avait fait un sale rêve pas apaisant du tout comme ils se doivent pourtant de l’être. Un jour, quelqu’un dit que les rêves étaient en réalité mauvais, car ils nous montraient des merveilles que nous ne pourrions jamais atteindre ; cet homme était soit un menteur pensant apaiser un ami malheureux ou une foule en colère, soit un malade souffrant d’insomnie chronique et qui, par conséquent, n’avait jamais emprunté la voie des rêves. Etait-ce merveille que de se voir égorgé par la femme que l’on aimée et éventré par une morte qui avait fait battre votre cœur ? Mon dieu mais voilà un parfait remake des Noces Funèbres, Victor, mets toi aux abris. Songeur, Howl se remit à réfléchir à son rêve, revoyant la flamme de démence qui dansait dans les prunelles mordorées d’Aileen avec une netteté effarante. Il se souvenait aussi de ce rictus de folie pure qui s’était dessiné sur le beau visage de Kana au moment où elle avait enfoncé sa lame dans le ventre d’Howl pour la deuxième fois. Pourquoi rêvait-il d’elles, ensemble, à ce moment ? Ne pensait-il pas avoir définitivement refermé la blessure ouverte par la mort de Kana ? Une blessure peut se refermer tout en s’infectant de l’intérieur, petite chauve-souris. Il retint un soupir. Il était fatigué, mais pas assez pour s’endormir s’il rentrait se coucher. Il était donc contraint de rester là, avec ce Sed qu’il aurait préféré ne pas croiser, à attendre de pouvoir s’envoler, s’éloigner. A attendre de pouvoir vivre, tout simplement.
La question de Sed le coupa net dans ses vas et viens mentaux, le libérant cette fois de ses pensées grises, car trop impures pour être noire. Il fit un petit sourire à son frère, reprenant la parole d’une voix fatiguée :

« Comme toi, j’imagine. Insomnie due à un mauvais rêve, et cette même idée de venir traîner sur le bord de la Rivière de l’Oubli … Ce doit être de famille. »

Misérable tentative pour détendre l’atmosphère, déjà étirée comme un paysan écartelé par les bœufs en place publique. Et pourquoi ne pas parler de la pluie et du beau temps, pendant qu’on y était ? Ce genre de réflexions débiles et proférées à haute voix ne ressemblait aucunement à Howl, qui avait plutôt tendance à réfléchir et se taire qu’à parler et penser après. Il s’étonna lui-même de sa « sympathie » envers Sed, si on pouvait appeler ça comme ça ; envers les autres, il était plus froid qu’un mur de glace pilée, cela dit. Aileen avait le droit à un méga radiateur-chauve-souris-électrique, elle, Slade et Dave de même, Sed à un petit ventilateur rafraîchissant, mais pas glaçant. Le reste des plébéiens, lui, se contentait de la glace directement importée d’Antarctique que pouvait devenir le beau valet. Ce n’était décidément vraiment pas son style de parler ainsi à quelqu’un d’autre que la Gardienne, avec qui Howl était totalement détendu ; était-ce la gêne ou leur fraternité probable qui le faisait se comporter ainsi ? Il ne savait pas, il ne savait rien, en réalité, de ses propres actions. N’était-il pas risible, ridule, à se questionner lui-même sur pourquoi avait-il fait ceci ou cela ? N’était-il pas sensé le savoir, avoir une réponse à chacune de ces questions ?
La nuit t’embrouille, Howl. Tu penseras à ça quand tu seras éveillé.

Il tourna à nouveau son regard fatigué vers celui de Sed, s’apprêtant à parler. Il se figea. Sed avait un regard qu’il ne lui connaissait pas ; ce n’était plus une étincelle d’assurance, fière et un peu insolente, que l’homme au chapeau lisait dans ses prunelles, non, c’était une flamme de … De peur. Il avait un regard d’animal acculé contre un mur qui craint de voir partir sa dernière heure. Surpris, Howl jeta un coup d’œil autour de lui, cherchant qui pourrait bien être celui qui faisait si peur à son petit frère. Réaction fraternelle, sûrement, de l’homme qui, sans le savoir, désirait vraiment rattraper ces vingt années perdues. Observant les alentours, donc, Howl fut surpris de voir rien ni personne qui aurait pu expliquer ce regard chez Sed. Il n’y avait que les deux valets, ici, ces deux frères au comportement atypique … Alors qui pouvait bien … ? La réponse s’inscrivit entre lettre de feu et de sang, douloureuse, dans l’âme d’Howl.
Moi ?
Se pouvait-il que ce soit lui, lui !, qui effraie son frère ? Les dents serrées le jeune homme fit une sorte de sourire à son cadet, sourire qui ressemblait d’avantage à un rictus d’être blessé. Tout d’un coup, il avait vraiment une folle envie de repousser violemment son frère, de laisser sortir toute cette rage, cette fureur contre lui-même qu’il avait emmagasinée ces dernières semaines, et puis de s’envoler, de disparaître dans la nuit, une bonne fois pour toute. Oui, voler, enfin … Il leva les yeux vers la lune, se détournant à nouveau de son frère. Les pieds collés sur ce sol boueux, il n’avait aucune chance de l’atteindre un jour, tandis qu’en vol, il pouvait toujours espérer s’approcher de cette belle flamme blanche comme un papillon ébloui par la lumière qui s’en dégageait.

Howl jeta un nouveau regard à Sed.

« C’est quand même bizarre qu’on ait tous les deux choisi le même endroit », grommela-t-il.

Son frère étant présent, il ne pouvait définitivement pas s’envoler.


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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Dim 12 Sep 2010 - 16:39

Sed fut sensible à la faible, presque pitoyable tentative de son frère pour détendre l'atmosphère plus étirée qu'un vieux chewing-gum. Mais le jeune homme ne parvenait pas à se défaire de cette étrange impression, ce pressentiment quasi-animal qui lui hurlait que quelque chose clochait. Que quelque chose dans l'attitude de Howl était étrange, bien qu'il se soit un peu radouci. Une sorte de réserve qui n'avait pas réellement lieu d'être, comme de la méfiance...non pas celle, bien naturelle, de deux êtres qui se connaissaient au final assez peu, mais celle d'un homme face à un autre de la part duquel il soupçonne quelque chose...mais quoi? Cette dernière pensée surprit Sed. Howl, se méfier de lui de cette façon? Peu probable...toujours était-il que la méfiance de son grand frère demeurait inexpliquée, du coup. Bon, déjà Howl avait accepté de lui adresser la parole, c'était un grand progrès comparé à son attitude d'il y a quelques minutes où l'homme avait enfoncé ses mains dans ses poches et commencé par ignorer son frère. Et Sed, évidemment, se sentait un peu moins en colère du coup, bien que...il savait, il sentait, devinait qu'il y avait un hic, un caillou quelque part, et il était bien déterminé à tenter de savoir quoi. En attendant, il demeura circonspect et silencieux, ne sachant trop que répondre, sentant que la mauvaise humeur de Howl était à fleur de peau, un peu comme ses propres et sombres sentiments. Inutile de chercher les ennuis, n'est ce pas? Et puis, après tout, que répondre...à part une bêtise, un lieu commun où une de ces phrases prémâchées et niaises, sans naturel, comme celles que Howl lui avait servi juste avant. Sed demeura donc silencieux.

Soudain, son frère, croisant son regard, sursauta, visiblement surpris parce qu'il y voyait, et chercha autour de lui quelqu'un. Sed comprit alors qu'il avait par trop montré ses sentiments, et avec l'aisance d'un homme habitué à en laisser paraître le moins possible sur lui afin de se protéger, par prudence, refoula ses sentiments au fond de lui-même. Tristesse, trouble, méfiance s'effacèrent plus ou moins de ses yeux plus sombres qu'à l'accoutumée, mais il demeura immobile et circonspect. Howl, quant à lui, venait visiblement de déduire ce qu'il fallait déduire, c'est à dire que c'était de lui que Sed se méfiait. Eh bien, il s'attendait à quoi? Quand on accueille son frère comme un chien au milieu d'un jeu de quilles alors qu'on lui avait sauté au cou une semaine auparavant, qu'on le fuit comme la peste tout au long des couloirs du Château, évitant même ses regards...il n'y a rien de surprenant à ce que Sed soit déboussolé. Et, lorsqu'il ne savait plus où il en était, le jeune homme se réfugiait d'instinct derrière sa carapace. Le sourire que Howl adressa à Sed ne donnait d'ailleurs pas envie d'être rendu. Howl, les dents serrées, avait l'air de quelqu'un qui a quelque chose en travers de la gorge. Ah punaise on va pas se mettre à bouder chacun de notre côté, non plus! Si Howl commençait lui aussi à prendre la mouche, ce que Sed avait déjà fait, ils perdraient toute chance de s'expliquer...or le jeune valet aurait bien aimé comprendre pourquoi Howl l'avait tant évité. Et ignoré. Oui, il n'arrivait pas à l'avaler celle-là, et alors? En tous cas, si il s'agissait d'un quiproquo, ce serait idiot de s'asseoir chacun sur sa rancœur comme deux fakirs sur leurs lits de clous. Alors, Sed accepta de rendre son sourire à Howl, tentant d'être le plus naturel possible malgré toutes les questions qui tourbillonnaient dans sa tête et lui donnaient le vertige. Puis, son aîné regarda la Lune avant de grogner que c'était quand même vachement étrange qu'ils aient tous deux choisi le même endroit pour marcher la nuit. Sed, un peu irrité quand même, ne put s'empêcher de répondre du tac au tac:

« Ce doit être de famille. »

Il avait certes souri au passage, une façon d'atténuer le caractère très incisif de sa répartie, mais cette réplique avait tout de même des allures de rebuffade. L'ironie y demeurait perceptible, quoique pâlie par une pointe d'humour. Oh arrête, t'as juste l'air d'un gosse boudeur là. Et cette petite voix agaçante qui s'y mettait...Sed soupira légèrement, posant les yeux sur la forêt proche dont les ramures semblaient le narguer. Oh, si Howl n'avait pas été présent, le jeune homme se serait volontiers transformé. Sous la clarté douce de la Lune opaline, il aurait été courir dans les bois. Courir, à toute allure, sautant de branche en branche, sentant sous ses pattes le sol frais d'humus, inspirant à pleins poumons l'air de la forêt...Ceux qui ne se transformaient pas en félins ne pouvaient pas comprendre l'exaltante impression de toute-puissance qui se dégageait d'eux, et qu'ils ressentaient. Il y avait quelque chose d'enivrant à sentir la puissance d'un corps musculeux, mécanique parfaitement huilée et prête à jouer, capable de tout ou presque, vive, rapide, souple et parfaitement équilibrée...à percevoir la vigueur courant dans chacun de ses muscles de fauve, jouant harmonieusement sous une douce robe moirée, si efficaces qu'il en avait parfois le vertige...à goûter le plaisir de la vitesse, des bonds vertigineux, des prouesses physiques. Les panthères ignoraient le vertige ou la hauteur, leurs articulations souples, leurs muscles puissants leur permettaient d'encaisser des sauts qui auraient tué un humain, leur colonne vertébrale extensible de bondir avec une efficacité qu'un athlète n'aurait même pas pu approcher, de courir à une allure inenvisageable pour les pauvres primates qu'ils étaient. Sous forme de panthère, le mot impossible n'était plus. Sed, à Yomi, avait passé des nuits entières à sauter de toit en toit, à toute allure, au bord de l'abîme, simplement heureux de se dépenser physiquement, de courir au bord du vide, de bondir à des hauteurs inimaginables. Le goût du danger et de l'exploit, il les avait découverts sous sa forme animale, et ne les goûtait que transformé. Il comprenait, désormais, l'arrogance de Talisman, son chat. Quand on était physiquement à la fois puissant, souple, gracieux, terriblement élégant...comment ne se sentirait-on pas roi? Les félins avaient tout pour eux, la force, l'efficacité, des sens surdéveloppés à l'exception de leur odorat, la beauté aussi, la grâce et la sensualité...il faisait bon être un animal et parfois, Sed s'était demandé, lorsque les choses allaient de travers, s'ils ne serait pas intéressant de vivre sous forme de panthère...Mais il était né humain, avait grandi comme tel et savait qu'il ne serait jamais animal que physiquement, avec l'esprit d'un humain. Il était bien incapable de vivre en fauve car incapable de communiquer avec les véritables fauves. Transformé, il était un hybride d'animal et d'humain, un esprit d'humain dans un corps d'animal, mais en aucun cas il ne pouvait devenir panthère, comme une panthère transformée en humain serait incapable de s'adapter à la société des hommes.

Sed jeta à la dérobée un regard à Howl, espérant quand même ne pas être allé trop loin avec sa réplique...oh, et puis mince. Son frère avait quand même tout fait pour s'en prendre plein la figure, là, non? A bien y réfléchir, le jeune homme se trouvait presque gentil, presque trop...cela dit il était hors de question de rétablir cet espèce de déséquilibre, à moins de tenir absolument à épaissir encore l'atmosphère, mais bon, ils allaient finir par s'étouffer là. Sed, qui jusqu'ici s'était refermé sur sa frustration et sa rancune, avait soudain le désir de comprendre pourquoi. Pourquoi Howl se comportait de la sorte. De mettre les choses au clair. Il serait trop bête de se disputer sur un malentendu, et la situation prenait de plus en plus des allures de quiproquo...Sauf que Howl ne semblait pas décidé à prendre la parole. D'ailleurs, ses répliques alternaient beaucoup entre des phrases sans aucun naturel, typiques de celui qui veut briser le silence, et des grognements. Bon, d'accord, il avait peut-être espéré être tranquille, mais dans ce cas il n'avait qu'à le dire au lieu de faire la tête. On n'est pas responsable de la gueule qu'on a, par contre de celle qu'on tire, oui. Ouah la phrase spirituelle... En tous cas, Sed avait bien envie de comprendre le comment du pourquoi. Ou l'inverse. Alors, il commença par reprendre sa dernière réponse qui avait trop l'air d'un retour de volée:

« En fait, je vois mal où on peut aller ailleurs...Les couloirs du Château, je commence à les connaître, et à moins de tenir absolument à s'attirer des ennuis, mieux vaut éviter Yomi de nuit. Alors, pour être tranquille, quand on y pense, il ne reste que la Rivière... »

Oh ça c'est une démonstration par a+b...Mais comment faisait-il donc pour sortir de telles bêtises parfois? Oh, et puis zut. Sed fit taire la petite voix qui râlait au fond de lui. Il essayait juste de relancer la conversation, et étant donné qu'il était seul à le faire pour le moment, c'était un peu ardu. Bah ouais, une conversation, techniquement parlant, c'était censé se faire à deux, non? Sed cherchait désespérément un moyen d'aborder la suite du sujet, à savoir essayer de comprendre pourquoi Howl le fuyait comme la peste. Il se repassa en mémoire tout ce que Howl lui avait dit la dernière fois qu'ils s'étaient parlés, et finalement dénicha tant bien que mal un angle d'attaque. D'une voix tranquille, les yeux plongés dans le mouvement incessant de la Rivière bruissante, Sed prit la parole. Son ton n'était pas accusateur ni agressif, simplement dégagé. Une question qu'on pose comme ça en passant.

« Je ne t'ai pas beaucoup croisé dans les couloirs du Château ces derniers temps... Tu es si occupé que ça avec ton tri des serviteurs?
Je ne pensais pas que c'était si difficile de dresser une liste. Il doit vraiment y avoir plus valets que je ne le pensais. »


Sur la fin de sa réplique, Sed pivota doucement pour plonger ses yeux dans ceux de son frère. Euh, pour chercher le regard de Howl plutôt, vu que ce dernier se contentait de regarder la Rivière ou ses chaussures, ou la Lune, et ne jetait à son cadet que de brefs coups d'oeil. Qu'importe, Sed garda son regard noisette, direct et franc, fixé sur les yeux de son frère en attendant que ce dernier daigne croiser son regard.
Bon, il était bon comédien en général, mais il savait que Howl sentirait, à moins d'être un idiot incurable -ce qu'il n'était visiblement pas- qu'elle n'était pas anodine. Bien que le ton de Sed ait été léger, presque détaché, ses yeux noisette avaient une expression sérieuse. De toute manière, Howl ne croyait quand même pas que son frère n'avait pas remarqué qu'il l'évitait? A moins de prendre Sed pour un abruti, et là...le jeune homme préféra ne pas envisager cette hypothèse. Il est désagréable de découvrir qu'on s'est trompé sur le compte de quelqu'un à qui on commence à tenir, alors inutile d'anticiper bêtement. Surtout que, à moins d'un sacré coup de malchance, il y avait peu de probabilités pour que ce soit le cas.

1834 arrondi à 1850 = 37 points
Je progresse^^

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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Mar 14 Sep 2010 - 16:01

La réponse, cassante, de Sed tira un sourire amer à Howl. Oh oui, peut-être était-ce de famille, cette fascination morbide pour la Rivière de l’Oubli. Son père – leur père ? – déjà ne cessait de lui dire qu’il allait l’y jeter, sans doute pour se débarrasser de ce petit être frêle et sauvage qu’il avait pu être, enfant. Plus petit que les autres, trop petit aux yeux du père Fieldman, sûrement, Caïn ne ressemblait pas à Howl. Caïn se faisait oublier, se cachait. Non, on ne connaissait pas Caïn, c’était juste un visage que dont l’on se souvenait à peine, ne notant que son air de bête traqué. Qui aurait pu croire que le petit enfant des rues était désormais serviteur personnel de la Gardienne, un beau et grand jeune homme que beaucoup de filles suivaient du regard, une flamme de convoitise brillant au fin fond de leurs prunelles ? De toute façon, personne ne connaissait Caïn. Au fond, il le savait, il était mort en même temps que ses parents, que sa grand-mère, que sa famille. Oh, non pas de douleur, bien au contraire ; seule la disparition de sa mère avait fait naître des larmes dans ses yeux. Mais ce nom, Caïn Fieldman, il appartenait au passé et à ces trois personnes désormais décédées ; il n’était plus qu’Howl, maintenant. Howl tout court, Howl sans nom de famille. Howl, sans passé, sans futur, avec juste son présent, ainsi le voyait les gens. Combien d’eux avaient conscience de ce gouffre béant en lui ? Cette question tira un sourire dur à Howl, qui oublia momentanément la présence de Sed. Ils le voyaient tous comme un érudit issu d’une haute famille, qui était entré au service de la Louve grâce à son nom et à ses relations, dans l’unique espoir d’obtenir des privilèges. Par Héla, qu’est-ce qu’ils avaient tort ! Analphabète, gamin des rues, manquant d’être tué pour vivre près de la femme qui occupait son cœur … Pas un seul de ceux qui connaissaient son nom n’aurait imaginé cela. Et tant mieux, après tout. Les souvenirs d’une personne sont d’excellentes armes contre elle. Il retint un soupir, tandis que Sed reprenait la parole, d’une voix plus douce, s’étant apparemment calmé entre ses deux répliques. Il n’avait pas tord, excepté la Rivière de l’Oubli, Yomi n’était pas vraiment une ville propice aux insomniaques. Sed se tut après avoir démontré par A+B qu’il n’avait nulle part d’autre où aller, laissant planer un petit silence qu’Howl ne sut comment briser. Peut-être n’en avait-il pas tellement envie, d’ailleurs. Il réprima un bâillement, songeant qu’il était finalement plus fatigué qu’il ne voulait bien l’admettre. En même temps, avec ce tri des serviteurs et toutes ses autres obligations au Château Noir, il était contraint de ne regagner ses appartements que dans la soirée, souvent assez tard, pour se lever à l’aube le lendemain matin. Et de plus en plus souvent, il remerciait la Nature – non il ne croyait pas le moins du monde en Héla – de l’avoir doté d’une capacité à tenir sans trop de sommeil. C’est d’ailleurs sur son travail que revint Sed, notant avec légèreté que son frère ne lui avait pas consacré énormément de temps pendant les dernières semaines. Howl, sous son chapeau, plissa légèrement les yeux, jetant un coup d’œil à Sed. Leurs prunelles se croisèrent. La chauve-souris se tourna vers son frère, relevant le bord de son chapeau du bout du doigt.

« Ouais, c’est du boulot. »

Il repensa à la quantité phénoménale de travail qui l’attendait le lendemain. Il songea qu’il devait dresser une liste alors qu’il ne savait pas écrire.
Il se rappela que Sed était lettré, et sentit son antipathie pour son cadet décupler soudainement.

« Surtout quand tu sais pas écrire quoi, répliqua-t-il avec hargne, ne cherchant plus à cacher sa fureur. Il laissa échapper un petit rire. Va dresser une putain de liste avec toutes les têtes du château quand tu connais à peine l’alphabet, allez, vas-y ! Eclates toi bien, petit frère, tu vas voir comment c’est distrayant ! »

Irrité, le grand valet enfonça vivement ses mains dans ses poches et tourna le dos à son frère, donnant un coup de pied furieux à une plante qui tendait ses racines avides vers ses jambes. Il fit quelque pas, finissant par donner un grand coup de poing dans l’écorce d’un arbre et se niquer totalement la main. Stupide bête volante, va. Il finit par se retourner vers Sed, lui jetant un regard chargé de rage. D’envie. Oh ça oui, il enviait son cadet ! Il se demandait même pourquoi c’était Sed et non pas lui, qui était pourtant l’aîné, qui avait apprit à lire. N’aurait-il pas dû passer en priorité, vu qu’il avait davantage besoin de cette compétence que son frère et que, de surcroît, il était le plus âgé des deux ? Oh certes, ce genre de pensées n’était pas vraiment celles qu’ont les héros dans les livres, or, d’une certaine façon, Howl est un de ces héros ; mais pourquoi ne pas innover, et rester dans le réalisme ? Avouez-le, vous auriez eut la même réaction. Cette jalousie maladive, teintée de peur, vous aurait envie. Peur ? Mais oui, peur, car, dans un accès de paranoïa, Howl se mit à soudain à craindre que la Gardienne ne décide d’embaucher un scribe, ou toute autre personne proche d’elle car chargée des recensements et listings. Pauvre bête ailée, elle croyait vraiment cela, et dans sa possessivité ambitieuse, semblable à celle d’un enfant qui promet la lune à une amie et qui se voit obligée d’accepter l’aide d’un autre, il refusait d’accepter l’idée qu’il allait sûrement devoir laisser un autre faire le travail qu’on lui avait donné. Il se fichait magnifiquement de qui cela pouvait être, mais savait pertinemment que temps qu’il n’aurait pas appris à écrire il ne pourrait pas faire ce fichu listing.
Et, bon dieu, ce que ça pouvait l’énerver ! Depuis deux semaines, il se tordait les méninges pour trouver un moyen d’expliquer à la Gardienne qu’il était illettré, ou mieux, pour faire son travail sans avoir à le lui avouer, et voilà qu’un beau soir, ce pseudo-frère qu’il ne voulait surtout pas voir croisait son chemin, la marque d’un livre sur la joue. Non mais si c’est pas du foutage de gueule ça. è_é Jetant un regard noir à son frère, Howl réalisa alors à quel point son brusque mouvement d’humeur pouvait paraître déroutant, et sûrement effrayer encore davantage le pauvre Sed. Croisant le regard noisette et triste de son cadet, la chauve-souris sentit sa rancœur fondre comme neige au soleil.

« Excuse-moi, Sed. Je voulais ne pas me mettre à gueuler, mais ça me pose vraiment problème de ne pas pouvoir remplir mon rôle. »

Il se retourna, regardant à nouveau la Rivière. Mon dieu mais il ne pouvait pas tenir en place ou quoi !?



1147 mots, arrondis à 1150.
Désolée, c'est vraiment pas fameux. .O.
Soit 23 points. Ajoutés. †


Dernière édition par Howl Fieldman le Mer 15 Sep 2010 - 21:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Mar 14 Sep 2010 - 19:08

Jamais le père de Sed ne lui avait braillé qu'il allait le flanquer dans la Rivière de l'Oubli, à la différence de Howl qui, d'après les quelques phrases que les deux hommes avaient échangé sur leurs passés, y avait eu droit bien souvent. Mais pas Sed, étrange...l'ivrogne avait sans doute changé de répertoire entre temps. En tous cas, son fils second-né avait eu lui aussi son lot d'insultes et de brimades, en termes imagés ou triviaux, toujours d'une, heu, rare élégance. Gamin, Sed s'était souvent demandé, à l'époque où il croyait encore, naïf, que son père était quelqu'un de bien au fond, ce qu'il avait bien pu faire pour déplaire à cet homme vindicatif et violent, d'une brutalité surprenante. Il n'avait jamais trouvé la réponse et avait fini par se désintéresser de cette question idiote, aux alentours de ses cinq ans, alors qu'il commençait à comprendre un peu mieux le salaud que son père était. En tous cas, ses années d'enfances n'étaient pas de celles qu'il oubliait facilement. Petit, au final, Sed avait été presque totalement seul avec lui-même. Seul dans sa famille, si l'on pouvait appeler ça ainsi, puisque son père n'en était pas un, que sa mère ne cessait de lui dire d'arrêter de s'opposer à l'homme et, bêtement, aimait ce type, qu'il était fils unique. Seul aussi à l'extérieur: les parents des autres gosses connaissaient la réputation de son père et son état d'ivrogne et d'homme fui par sa précédente épouse, de client de prostituées aussi, et ils interdisaient aux gamins de s'approcher de « ce petit avorton », comme ils le disaient si gentiment. Quant aux gosses, imitant naturellement leurs parents, ils passaient du temps à poursuivre, railler, bousculer le jeune Seedle et à le traiter de tous les noms, si bien que l'enfant avait très vite acquis une faculté surprenante: se faire oublier. Seedle avait quelque chose d'un chat sauvage, qu'on croise dans une ruelle et qu'on oublie aussitôt après, qui griffe si l'on s'approche trop près, et qui fuit le moindre contact puisqu'il était synonyme d'ennuis. Un fantôme, une ombre. Adolescent, il avait pris confiance en lui mais était demeuré solitaire, et au final, à part ce vieux noble, et la gamine mutilée, et Kana, bien sûr, n'avait jamais eu de véritable proche ou d'ami, des complices tout au plus. Avec pour seule compagnie son cheval immatériel et des chats errants. Anonyme enfant et adolescent, il l'était resté d'ailleurs, à bien y penser. Un petit valet de la Louve, discret et lointain, à l'écart des autres, insaisissable; un visage et un nom qu'on oubliait ou, à la limite, qu'on maudissait, car de temps en temps Sed savait se fâcher. Anonyme, transparent...cela ne le dérangeait pas, au final.
Regardant son aîné qui semblait vagabonder très loin au gré de ses pensées, le regard ailleurs, il songea que, si leurs années passées étaient semblables dans les grandes lignes, leur présent différait réellement. Howl était une figure connue désormais, le serviteur zélé de la Louve, son âme damnée disaient certains avec envie. Un homme qui avait réussi à se hisser par son efficacité...et son entêtement, sûrement, à un rang que tous les types ambitieux enviaient. Mais, en réalité, que savaient les gens alentours du valet? Qui aurait imaginé en lui le gosse des rues, petit voleur de Yomi décidé à s'approcher de la Gardienne? Non...tous le voyaient sans doutes comme un noble. Ironique, n'est ce pas, que Howl soit considéré par les autres comme membre de cette caste qu'il détestait? Au final, à part son nom, son rang et son tempérament glacial, le commun des mortels n'avait aucune idée de l'endroit d'où venait le valet, surtout qu'il avait changé de nom.
Son nom. Howl. Brièvement et comme un intermède entre deux pensées, Sed se demanda d'où il avait choisi ce prénom là, puisque, il le lui avait dit, son prénom de naissance était Caïn. Comme son petit frère, le serviteur de la Louve avait modifié son appellation, mais là où Sed n'avait choisi au final qu'un diminutif de Seedle, Howl avait radicalement changé. Howl, hurlement...Ca venait d'où? Sed se promit de lui demander un jour. Non, d'essayer un jour. Un jour où Howl serait d'humeur bavarde parce que apparemment, c'était pas courant.

Cela dit, son frère reprit la parole et observa Sed tandis que ce dernier le fixait. Le jeune homme avait beau avoir parlé d'un ton calme, son regard était inquisiteur, sans reproche, mais curieux. Relevant, comme Sed l'avait déjà vu le faire plus d'une fois, le bord de son chapeau du bout d'un doigt, Howl rétorqua simplement que effectivement, c'était du travail tout ça, sans rien ajouter d'autre. Déçu que son frère n'ait pas répondu plus avant, Sed voulut dire quelque chose d'autre, mais le regard hargneux que lui lança Howl, si calme une seconde auparavant, eut pour effet de le statufier, littéralement sidéré. N'osant même plus en placer une, en fait. Le regard noir de son frère ressemblait à un orage lourd de menaces, et la tension entre eux grandit soudainement.
Puis la tempête explosa. A savoir, pour le coup, Howl, dont la voix était montée d'un ou deux crans, si bien que Sed, qui ne s'y attendait pas, eut une réaction classique de sa part: il recula vivement de deux pas. Non pas qu'il ait peur, non, mais il avait été surpris, et son hypersensibilité faisait que le jeune homme avait parfois des réactions décuplées face à son environnement. En plus, Howl semblait vraiment furieux. Il se mit à parler plus fort et d'une voix agressive, presque grondant, lâchant que c'était encore moins simple quand on ne savait pas écrire. Avec un petit rire qui sonnait plutôt comme un ricanement, le grand valet conseilla ironiquement à son frère d'essayer de dresser une liste de tout le personnel du Château sans maîtriser l'alphabet. Pour le coup, il y allait fort et s'en prenait à Sed, qui recula encore, sur ses gardes, et heurté par le ton dur de Howl. Puis, le jeune homme fronça les sourcils. En réaction à l'attaque de son frère vint la colère, comme toujours, Sed réagissait à la façon d'un fauve, en montrant les dents. Il ouvrit la bouche pour protester, avec vigueur et une certaine rage, mais Howl qui avait achevé sa tirade enfonça les poings dans ses poches comme si il avait quelque chose de personnel à leur reprocher. Ensuite, il fit volte-face avec vigueur, balança un coup de pied à une innocente plante carnivore qui ne lui avait rien fait et voulait seulement lui gnapper la jambe comme si elle aussi venait de lui faire un affront impardonnable, et partit à grands pas, pas bien loin. Resté immobile et sur ses gardes, Sed le vit balancer un grand coup de poing dans un tronc d'arbre. Pour avoir déjà expérimenté la technique éprouvée du « je-tape-un-innocent-objet-pour-me-calmer-les-nerfs », il sut immédiatement que Howl venait de se bousiller allègrement la main. Son grand frère se retourna pour lui couler un regard chargé de rage, comme s'il le considérait comme personnellement responsable. Hé oh, qui c'est le crétin qui vient de cogner un arbre, hein? Je t'ai pas poussé dessus, que je sache! Sed, lui aussi, commençait à s'irriter. Et même, à sérieusement s'énerver. Cependant, sa colère à lui, née à la fois de l'incompréhension et de la surprise de se voir si vivement pris à parti par son frère était glaciale. C'était un peu comme si un blizzard venu tout droit d'Antarctique l'entourait. Une douche glacée pour calmer net quiconque envisagerait de s'approcher de lui. Non mais, faut pas charrier non plus.

Et puis, il remarqua que, dans le regard noir que venait de lui balancer son frère, il n'y avait pas que de la rage mais une sorte...d'envie? Oui, c'était cela, de l'envie. Howl l'enviait. Mais de quoi? Lentement, Sed repassa en esprit les moindres détails de leur rencontre, cherchant ce qui pouvait bien motiver la jalousie de son aîné. Pourtant...qu'avait-il de plus que lui? Cela n'avait probablement aucun rapport avec leurs rangs respectifs au Château ni la Louve, c'était l'évidence même. Sans doute pas beaucoup plus avec cette histoire de liste, d'ailleurs Howl n'aurait sûrement pas souhaité confier ce travail à d'autres. C'était un bosseur, quoi qu'on en dise. Alors, quoi? Il ne voyait vraiment pas ce qui avait bien pu donner naissance à de l'envie dans le regard noir de son frère, qui s'était retourné désormais et regardait ailleurs. Que pouvait-il bien avoir, et que Howl n'avait pas? Quelque chose de suffisamment important pour motiver tout ça? Quelque chose qui ait suffisamment chiffonné son frère, pourtant visiblement si consciencieux et tout à son travail, pour justifier son précédent éclat? Qu'est ce qui...
Consciencieux.
Sed se rappela brièvement les toutes dernières paroles de Howl, celles qu'il avait presque criées. Elles concernaient son travail, une liste à faire. Qu'est ce qu'il avait dit, exactement? Le Léopard n'eut pas à chercher longtemps, tout ceci était encore très frais et gravé au fer rouge dans sa mémoire. Howl avait fait allusion à cette « putain de liste », lui enjoignant d'essayer de rédiger ce genre de chose en ne sachant pas écrire, en maîtrisant à peine l'alphabet, et de voir si c'était divertissant. Ne sachant pas écrire. Howl, selon ses propres dires, ne savait pas écrire, probablement donc pas lire non plus, choses que maîtrisait désormais bien Sed. Une dernière question subsistait cependant. Comment Howl avait-il bien pu deviner que son frère était lettré? Sed était certain de ne rien lui avoir dit à ce sujet, à quoi bon d'ailleurs, puisque ce genre de détail n'a que peu d'intérêt? Pour lui, ça en a, se corrigea intérieurement le jeune homme avant de reprendre ses réflexions. Alors, comment? Pourtant, autant qu'il se souvienne, il n'avait pas de livre dans la poche, n'est ce pas? Ni même de l'encre sur les doigts, de mémoire? Non, aucune chance, puisqu'il n'avait rien écrit ce soir, s'étant contenté de lire un livre, par ailleurs très bien rédigé à son goût -c'était à dire ni pompeux ni simplet- sur, euh...ah, il avait un trou de mémoire. Cela s'expliquait facilement, vu qu'il était littéralement tombé endormi sur son livre, la joue sur l'ouvrage encore ouvert, ce qui lui avait d'ailleurs valu d'en avoir la marque sur le côté du visage pendant un certain nombre de minutes, le temps que la trace ne s'estompe. Mais, c'était peut-être pour ça que Howl avait remarqué que Sed savait lire -et était un lecteur assidu dès qu'il tombait sur un bon livre? Après tout, il est très rare de croiser en pleine nuit quelqu'un avec sur la joue la marque d'un livre encore imprimée, si ce quelqu'un ne savait pas lire. A moins d'un gros crâneur.
En tous cas, tout ceci expliquait la rancoeur que venait de lui témoigner son frère, et certainement aussi son attitude, euh, aimable ce soir. Il avait des soucis apparemment, l'aîné, et pas qu'un peu, au vu de sa réaction de tout à l'heure. A bien y réfléchir, songea soudain Sed, c'était la première fois qu'il voyait Howl perdre réellement le contrôle de ses nerfs et s'énerver comme tout le monde, en parlant fort et en balançant des coups de pieds et de poing à tout ce qui bougeait, ou ne bougeait pas mais se trouvait juste sur son chemin. La dernière fois que Sed avait vu son frère en colère, ce dernier avait plutôt été calme. D'un froid glacial, mais d'un calme olympien, et sans doutes terrifiant pour les spectateurs. Mais, au final, c'était la première fois que Howl perdait vraiment patience de la sorte, au point d'aller coller un coup de poing à un arbre innocent, qui d'ailleurs s'était bien vengé en lui niquant la main. Et toc, ou plutôt et bam. Ça devait bien le miner, toute cette histoire. Bon, d'accord, il ne connaissait pas son frère depuis des masses de temps, mais il pensait l'avoir jugé quand même assez bien, en termes de caractère.
Bon, toute cette petite réflexion inefficace d'une bête à poils qui a oublié de dormir ne l'avait pas mené bien loin, certes, mais elle avait au moins eu l'avantage de calmer Sed. C'est à dire que ce dernier était moins irrité par le fait que ce soit en lui criant dessus que Howl se débarrasse de sa colère. Du moins, plus assez pour le secouer et s'énerver lui aussi, ce qui n'aurait probablement fait qu'envenimer la situation, mais bon, que voulez-vous, ce sont des mecs hein. Il y a des réflexes difficiles à inhiber. En tous cas, Sed ayant plus ou moins compris les motivations de son grand frère lui en voulait moins. Eh ouais, que voulez vous, il est comme ça Sed. Coeur d'artichaut. Comme d'autres d'ailleurs, nan, pas taper.
En tous cas, le jeune homme, estimant avoir suffisamment démêlé l'écheveau pour ne plus avoir besoin de se tenir à l'écart de Howl avec la méfiance de celui qui s'en est déjà pris plein la figure autrefois, se détendit. Regardant son grand frère captivé par la Rivière si cristalline, si, euh, grise et boueuse et épaisse, Sed le rejoignit sans rien dire, à pas lents et silencieux dans l'herbe souple. N'osant pas pour autant venir se planter à son côté, le jeune homme demeura immobile à quelques pas derrière lui, l'air encore un peu circonspect, mais sans crainte désormais. Juste un peu désolé de ne pas savoir que faire pour aider son frère. D'ailleurs, quand ce dernier se retourna pour lui jeter un autre regard lance-flammes-glacées, il sembla se décharger quelque peu de sa rancœur en croisant le regard désolé de son petit frère. Chat Potté Poweeer Maintenant, c'était Howl qui avait l'air désolé, et Sed soutint calmement son regard, attendant ce qui, sans doutes, allait suivre, si il avait bien décrypté tout ça. Des excuses, eh ouais, bingo, jackpot, gagné.
Son grand frère se justifia, disant qu'il n'avait pas du tout eu l'intention de se mettre à crier, ce pour quoi Sed le croyait facilement. Howl ajouta alors que, vraiment, cela lui posait problème. J'ai remarqué, faillit lui répondre Sed, mais il choisit de se taire pour ne pas relancer l'orage. Howl pivota alors à nouveau, vivement, pour observer la Rivière, comme incapable de demeurer immobile. Sans se formaliser, Sed avança encore, et cette fois, au lieu de demeurer prudemment à quelques mètres derrière son frère, se plaça à côté de lui, et, sans rien dire, jetant juste un seul coup d'œil à la dérobée à Howl, laissa son regard courir dans la Rivière, et ses pensées filer aussi.
Maintenant, c'était lui qui se sentait désolé de ne rien pouvoir faire pour son grand frère. Il aurait bien aimé lui proposer un coup de main, après tout il savait écrire sous la dictée, mais il craignait que Howl, qui visiblement avait mal pris le fait que son petit frère sache écrire, ne s'énerve à nouveau. Tout à l'heure, on aurait presque dit que le valet lui en voulait personnellement d'être lettré. Mais, en quel honneur? Sed ne savait écrire que parce que, un jour à Yomi, il avait eu l'initiative heureuse de piquer sa bourse à un type miséreux puis, bêtement pris de pitié, de lui en rendre la moitié, et ainsi d'attirer son attention. L'attention d'un vieux noble qui était un des plus riches de Yomi, oups, ça lui apprendrait à être généreux. En tous cas, le vieil homme avait pris sous son aile le jeune voleur, et avait décidé de lui enseigner la lecture, l'écriture et le calcul. Cadeau qui pouvait sembler bien faible mais qui, en réalité, était presque inestimable, car Yomi était un peuple pour le moins analphabète et ignorant. Plus qu'un alphabet, le vieil homme avait surtout donné à Sed une chance de se tirer de sa misère. Ce qu'avait fait le jeune homme, pas comme ça mais bon, peu importait. Le vieil homme était mort bien longtemps avant d'avoir pu découvrir ce qu'était devenu son protégé, et il ne restait de ce noble moins haï que les autres à Sed que des connaissances bien utiles. C'était tellement bien de savoir lire...Dans les livres, on trouvait de tout, histoire et anecdotes, récits épiques, informations intéressantes et poussées. Toute la connaissance du monde à portée de main et d'yeux, il y avait de quoi faire tourner la tête à n'importe qui, n'est ce pas? Et puis, comme la plupart des autodidactes en matière de savoir, Sed était tout à fait capable de passer la nuit sur un livre. Efficace, avide de connaître, il lisait à une vitesse surprenante et parvenait en plus à emmagasiner bien des informations. Quant à l'écriture...C'était quand même bien pratique. Et puis, de temps en temps, confier ses soucis au papier ne faisait pas de mal d'ailleurs, bien que Sed, prudent et ne souhaitant pas s'apitoyer sur son sort, ne laissait pas traîner ces feuilles ensuite et les détruisait. Il écrivait surtout pour ne pas perdre la main en réalité. Et le calcul..il y avait quelque chose de gratifiant à savoir manier de grands nombres, à être capable d'effectuer les quatre opérations de bases et pouvoir ainsi gérer son argent de façon efficace, mais pas seulement. En tous cas, plus que de simples lettres, ce vieux noble lui avait offert une certaine liberté.
D'un ton posé, sans ironie ou rancœur, d'une voix à peine hésitante mais sincère, Sed demanda soudain à son frère, brisant le silence qui venait de s'installer et s'emmêlant un peu dans ses mots au début:

« Euh, si je peux faire quelque chose pour te donner un coup de main...je veux dire, étant donné que je sais écrire...Oh, bref, est ce que je peux t'aider en quelque chose? »

Notez dans tous les calendriers, Sed proposer son aide, ça n'arrivait pas tous les jours. Le jeune valet était assez peu serviable en règle générale, mais bon, à bien y réfléchir, cela ne lui posait pas de problème d'aider son frère.


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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Mer 15 Sep 2010 - 22:52

Lorsqu’Howl s’énerva, il ne fut pas surpris de voir Sed reculer de quelques pas ; d’un certain point de vue, cela le rassura même quelque peu. Il n’aimait pas la présence des autres, mis à part celle de sa bien-aimée Gardienne, et l’idée qu’on en sache trop sur lui le répugnait. Ce ne fut que lorsqu’il se fut tu, s’enfermant à nouveau dans ses pensées, qu’il songea amèrement qu’il avait encore commis une erreur, celle d’apprendre à ce pseudo-frère qui n’était peut-être rien d’autre qu’un espion, ou pire, les deux combinés, qu’il n’avait jamais appris à lire ou écrire. Serrant légèrement les dents, il se plongea un peu plus dans la contemplation de la Rivière, refusant de se rappeler toutes les erreurs qu’il avait enchaîné ces derniers temps. Désormais, ce serait à lui d’avouer à sa belle Aileen qu’il était illettré, car si elle l’apprenait de la bouche d’un autre, les risques qu’elle soit blessée n’en était que décuplés. Il avait déjà assez tardé, de toute façon ; il était temps qu’elle apprenne qu’il était incapable de remplir le travail qu’elle lui avait donné, à moins d’apprendre à écrire en quelques semaines chrono. Il ne connaissait pas beaucoup de lettrés, mais il n’ignorait pas qu’apprendre à maîtriser les lettres et les mots prenaient un temps fou, sauf si l’on travaillait intensément une grande partie de la journée, or il n’avait pas de temps à perdre, à part sur ses nuits. Il avait beau se métamorphoser en animal nocturne et apprécier plus que tout l’obscurité abyssale de la nuit Ténébreuse, il était néanmoins contraint de dormir, comme tout le monde, vu qu’il devait se lever à l’aube pour remplir ses diverses tâches. Et puis, il savait d’expérience qu’il valait mieux être assoupi quand la « lumière » de Yomi diminuait : qui, mieux qu’un gamin des rues, peut connaître cela, après tout ? Cette pensée lui tira un léger grincement de dents. Aileen venait des rues, et pourtant savait écrire. Sed de même. Alors quoi, qu’avait-il raté pour ne pas apprendre tout cela ? Qu’avait-il raté pour être, au final, si … inutile ? Oui, voilà ce qu’il était, inutile. Le valet ne doit-il pas faire ce que son maître ne peut ou ne veut faire ? Ne doit-il pas exécuter chacune des tâches ordonnées par son maîtresse ou sa maîtresse ? Lui en était incapable, c’était là une jolie preuve : il était donc parfaitement inutile à Aileen, et par conséquent, se plaçait dans une position fort peu enviable. Qui garantissait qu’elle le garderait à ses côtés en apprenant qu’il était illettré ? Ne valait-il pas mieux pour Aileen qu’elle amène au sommet de la hiérarchie du Château Noir ? Oh, non pas que l’idée de se voir redevenir simple valet ne le gênait, il … Arrête de te mentir, Howl. Il avait pris goût à sa supériorité comme il avait pris goût à l’idée que les sourires d’Aileen, les contacts avec elle – comme ce fameux jour où elle s’était emparée de sa main, quelques instants après qu’il eut perdu son précieux couvre-chef -, sa confiance et ses confidences n’étaient réservés qu’à lui. Oui, seulement à lui ; il était sa Chauve-souris, ce valet personnel et toujours présent dont elle ne pouvait désormais plus se passer. Cette situation était la sienne, et non pas celle d’un quelconque remplaçant ; il ne pouvait pas imaginer sa vie sans Aileen. Elle était tout pour lui, et il aimait penser qu’il était important pour elle. Alors s’il devait se voir remplacer, sous prétexte qu’il ne savait pas écrire … Il doutait d’être capable de s’en remettre. Stooop, stupide bête volante ! Elle ne t’a pas encore remplacé même si elle aime te terrifier au téléphone, par Héla ! Il s’engueulait mentalement quand Sed reprit la parole, lui proposant de l’aider. Une lueur d’intérêt s’alluma dans le regard du beau valet. Son cadet pouvait-il lui apprendre à lire et écrire, tout simplement ? Ou tout du moins lui enseigner les rudiments, pour qu’il paraisse moins inutile, cela suffirait amplement.

« Je … »

[…] Et dans sa possessivité ambitieuse, semblable à celle d’un enfant qui promet la lune à une amie et qui se voit obligée d’accepter l’aide d’un autre, il refusait d’accepter l’idée qu’il allait sûrement devoir laisser un autre faire le travail qu’on lui avait donné.

« … Vais me débrouiller, ne t’inquiète pas, Sed. »

Howl fit un sourire à son frère, songeant amèrement que sa fierté le perdrait. Il aurait pu dire oui, descendre de son piédestal et accepter la main que lui tendait Sed, mais il était incapable de réfréner ce mépris hautain qui le caractérisait si bien. Sûrement était-il un grand adepte du Do it yourself et désirait-il tout faire lui-même de peur qu’on le ralentisse, ou peut-être pour qu’on lui accorde tout le mérite ? Ou alors, simplement, parce qu’il n’appréciait pas le contact des autres. Néanmoins, il ne pouvait s’empêcher de se sentir quelque peu gêné d’avoir ainsi repoussé son frère, qui lui présentait aussi gentiment son aide, et pour se consoler, ne put que songer qu’il ne savait pas encore si Sed était, oui ou non, un espion envoyé dans le but de nuire à la Milady. Lui demander son aide, c’était demander celle d’un inconnu ; peut-être était-ce un trait de paranoïa extrême de la part d’Howl, mais cinq ans aux côtés de la Gardienne, précédés de neuf années à voler et dormir dans la rue, l’avaient forgé et lui avaient appris à se méfier de l’univers tout entier. Il ne vivait que pour la Milady et l’avait certes suivie aveuglément, ce qui n’était pas vraiment la conduite idéale d’un peuplien de Yomi, mais elle lui avait elle aussi avoué avoir confiance en lui, et il refusait de la croire capable de lui mentir alors qu’il n’était qu’un serviteur qu’elle pouvait renvoyer comme elle le désirait. Si elle avait une remarque, elle la lui faisait, point. Songeant à sa relation avec Sed, Howl retint un soupir. Il était incapable de se décider sur ce frère sorti de nulle part. D’un côté, leur ressemblance était stupéfiante, autant par le physique que par le caractère ou le passé, et de l’autre, le fait qu’ils ne se soient jamais rencontrés en vingt ans paraissait suspect à la méfiante chauve-souris. Il fallait vraiment qu’il en parle à la Milady mais, hélas, celle-ci était malade et il refusait de l’importuner avec ce genre de futilité tant qu’elle ne serait pas remise de sa convalescence. Se tournant vers son frère, Howl croisa son regard brun, et sentit sa culpabilité remonter en flèche. Mon dieu, il ne pouvait pas le laisser comme ça, dans le silence, sans s’expliquer ! Enfin sans s’expliquer, si, éventuellement, ça pouvait se faire, mais avec ce gros blanc, ah ça non, pas question, crénom de nom ! Mon dieuuu les jolies rimes, Howl-le-Radiateur ferait fondre d’émotion le chocolat de la Marmotte Milka plus froide qu’un congélateur, j’ai nommé, tadada, Aileen Sôma, la fille à la peau de glace ! HRM, tout ça pour dire qu’il reprit la parole quoi.

« Et sinon … Il va bien ton chat, Sed ? Il perd toujours autant ses poils, à ce que je vois … »

Il eut un sourire amical – et mon dieu ce qu’il était faux, ce sourire – en avisant quelques touffes de poils sur l’épaule de son cadet. Celui-ci lui avait expliqué lors de leur première rencontre qu’il était l’heureux propriétaire d’un félin, n’éveillant aucun écho envieux chez son aîné. Eh bien quoi, il était solitaire et n’avait pas le temps pour un animal, alors pourquoi se torturer à en désirer un ? Enfin, ça servait toujours à relancer la conversation avec plus ou moins de … Euh, d’entrain ? Non, je pensais à peps, mais là, c’est ground zero, c’est dommage. A noter partout, ne parlez pas aux chauve-souris la nuit surtout quand elles travaillent de jour et qu’elles font la gueule, parce qu’elles vous plombent l’ambiance en un temps record. Ou éventuellement pour foutre la merde à un mariage quand on est le soupirant éconduit, mais je ne pense pas vraiment qu’Howl n’ai que ça à faire de se trimballer de fêtes en fêtes, car vous savez, c'est super-Howl, le super-justicier de Yomi, alors on lui pardonne, il a un emploi du temps méga bien chargé vous savez. * Enfin bref, il avait réussi à épaissir encore l’atmosphère – un peu comme une crème qu’on a oublié sur le bord de la table – en voulant la détendre – faut rajouter du lait dans ces cas-là, pas de la farine, patate ! – ENFIN BREF, il avait encore merdé son coup quoi. Quelle tache, c’est le cas de le dire ! Il grinça légèrement des dents, attendant bêtement la réponse. Ouh lala, ça craint quand même vachement, de faire la conversation à Howl.
Surtout le soir, en fait.



1479 mots, arrondis à 1500.
* Super référence de la morkitue à Champi. Patmol la super-justicière is baaaaaaack. XD
Oh lala, le soir c'est pas vraiment pas ça.
Soit 30 points. Ajoutés. †

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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Ven 17 Sep 2010 - 18:30

[Je me suis permis d'ajouter un peu d'action dans le RP parce que la conversation traîne en longueur là^^]

Lorsque Sed avait proposé à son grand frère son aide, le regard de ce dernier, sombre jusqu'ici, s'était un peu éclairé. Howl avait jeté au jeune valet un coup d'oeil marqué par un intérêt soudain et, l'espace d'un instant, avait semblé trouver la proposition sensée. Jusqu'à ce qu'il donne le coup de grâce à Sed, coupant net toute envie de relancer la conversation de la part de ce dernier. Il allait se débrouiller, ben tiens. Sans rien dire, sans se trahir, Sed serra un peu les dents et enfonça ses mains dans ses poches, regardant lui aussi la Rivière de l'Oublie, qui coulait devant eux. Te débrouiller tout seul? Tu comptes faire quoi, apprendre à lire en autodidacte? Déjà, c'est difficile avec un professeur, alors...ou bien dire à Milady que tu ne peux pas faire ton boulot? Tout seul, tu parles. Si tu continues, tu vas te ramasser tout seul, oui. Suite à cette harangue mentale contre son frère qui venait de faire preuve, aux yeux de Sed, d'une fierté assez mal placée, le jeune homme se sentit un peu calmé bien qu'il ait eu du mal à ne pas balancer tout ça à la tête de Howl. Eh oui, c'était extrêmement frustrant de se voir repousser, envoyer bouler en bref, de la sorte, alors qu'on venait juste en plus de se faire crier dessus. Et Sed avait une tolérance faible à la frustration, surtout la nuit avec une nuit quasi-blanche dans les pattes, un peu de mauvaise humeur et un cauchemar en tête. Howl avait déjà eu de la chance de ne pas se faire crier dessus par son cadet...
Ce dernier était perdu dans ses pensées lorsque, soudainement, Howl se tourna vers lui et lui demanda, si son chat perdait toujours ses poils. Banale question pour relancer la conversation, apparemment, mais Sed avait, l'espace d'une seconde lorsque son grand frère l'avait regardé, lu dans son regard une sorte de culpabilité, juste avant que Howl ne lui adresse un sourire faussement amical. Faussement. Très légèrement, de façon presque imperceptible, Sed souleva un sourcil, à peine, juste assez pour qu'il s'en rende compte et modifie de suite son expression. Faussement...il était évident que Howl se forçait à jouer les amicaux, pour le coup. Qu'il mentait, en d'autres termes...c'était bien beau de chanter les louanges de la Gardienne qui, quand quelque chose clochait, allait directement le dire au type concerné, et de, en parallèle, faire semblant de mener une discussion amicale avec son frère alors que ce n'était pas le cas! Pour le coup, Howl avait ce sourire faux, hypocrite, de celui qui se force. Un sourire que Sed avait appris à connaître et avait vu souvent, si différent, songea-t-il avec une pointe au cœur, de celui, grand et béat, qu'ils avaient eu tous deux la dernière fois. Hypocrite. Pour le coup, Howl se montrait hypocrite, et c'était ce qui avait fait froncer le sourcil à Sed, habitué à deviner ces mensonges habilement dissimulés. Menteur. Oui, le terme était fort et le jeune homme sévère, mais l'engueulade imméritée de tout à l'heure, la rebuffade de son frère refusant allègrement son aide et l'humeur agréable de ce dernier avaient quelque peu entamé la tolérance de Sed. Cependant, ne souhaitant pas relancer les histoires, le jeune homme accepta de répondre avec un sourire. Mais ce sourire là, léger, coin de bouche pincé, était, certes sincère, mais porteur d'ironie. Sed, sans se cacher, montrait clairement à son frère qu'il voulait bien répondre et faire un effort, mais que, en aucun cas, il n'avait été dupe. Et qu'il n'aimait pas du tout cette façon de faire de la part de son frère. Mais il répondit d'une voix faussement légère:

« Oui, elle va plutôt bien, même si je trouve qu'elle a tendance à me confondre avec son matelas attitré. D'autant plus qu'un chat content utilise ses griffes et, euh, Talisman ne fait pas exception à la règle. »


Il eut un sourire ironique en portant par réflexe la main à son bras droit, sur lequel Talisman avait passé une nuit à « patouiller », avec les griffes sorties sinon, c'est pas drôle. Ce geste léger, bine intégré à la conversation, révéla cependant son autre main portant une griffure. Oui, mademoiselle féline avait ses humeurs et surtout, avait du mal à s'arrêter lorsqu'elle jouait. Sed se souvenait d'avoir lu quelque part que c'était typique des chats ôtés trop jeunes à leur mère et donc pas socialisés. N'empêche que...lui aussi, il avait été crétin de jouer avec une ficelle et Talisman. C'était même une grosse erreur car le chat avait autant de réflexes que lui. Elle avait bondi alors qu'il souriait devant sa mine concentrée et crasp, le chat avait attrapé la ficelle et griffé la main de son humain au passage, transformant le sourire de Sed en une grimace crispée. En attendant, du coup, il arborait une belle griffure sur la main. A la suite de la réplique de Howl il sourit et ôta machinalement les poils de son épaule:

« Eh oui, que veux-tu...C'est un chat!! »

Il allait essayer de trouver un moyen de relancer la conversation qui venait de se casser la figure comme un soufflé, heu, sans farine, lorsqu'un bruit lui fit relever la tête. Un bruit typique, lui souffla son oreille exercée à reconnaître les bruits sombres de Yomi la nuit, d'un groupe d'hommes. Pas, souffles...s'il s'était transformé il aurait même pu entendre la respiration des humains, le frôlement de leur peau et de leurs vêtements, percevoir les battements de leur cœur. Mais il n'était qu'un humain pour l'heure et c'est sans les sens de la Panthère qu'il tourna la tête dans la direction d'où semblait venir le son. Oubliant Howl, il écouta, vigilant, surpris aussi d'entendre des hommes à cette heure ci et en ce lieu, sur ses gardes enfin. Dans un monde si dangereux, tout inhabituel devait inciter à la méfiance. Et méfiant, Sed l'était pour le coup. Sans plus prêter réellement attention à Howl, il faillit se transformer et y renonça. Son ouïe assez fine lui permit d'entendre approcher les humains. Qui étaient-ils? Dans les bois, on ne pouvait les voir ni les compter.
Sed ouvrit la bouche pour demander à Howl ce qu'il en pensait lorsque les hommes bondirent des fourrés, à deux pas des frères. Dix...non, douze. Douze hommes à la mine assez patibulaire, celle de types louches habitués aux rixes de taverne et aux verres d'alcool fort, chacun une arme, du gourdin à l'épée, en main. Douze hommes presque en haillons, le regard un peu trop confiant au goût de Sed et la mine très désagréable à regarder. Le genre qui fait penser que la période de tranquillité est finie...L'un des plus grands, qui semblait être le chef -logique puisqu'il cognait sûrement le plus fort- prit la parole d'une voix gouailleuse. A chaque phrase ses sbires s'esclaffaient bêtement derrière lui.

« Oh, mais regardez les deux jolis petits qu'on trouve ce soir...c'est bien rare de voir des gens ici, hein les gars? En tous cas, mes jolis, content de vous voir...
Oh, n'ayez pas peur. On va pas vous casser vos jolis petits minois hein. NooooNooonNooon...on va juste récupérer ce qui nous intéresse: vos bourses. Je suis sûr que vous avez de l'argent, tous les deux, non? Si vous vous laissez faire, tout ira très bien. Si vous protestez, chouinez, criez ou appelez Maman, on cogne, et mes gars, croyez moi, ils savent faire. »


S'interrompant au milieu des rires gras des hommes espérant l'action, le type tendit la main:

« Bon, on s'arrange à l'amiable mes jolis? »


Sed recula imperceptiblement pour se rapprocher de Howl. Non pas qu'il ait peur, non, mais il cherchait à se positionner au mieux pour que, si combat il y avait, ce qui était plus que probable, les deux frères ne se retrouvent pas à cinq contre un chacun, isolés. Dans ce genre de situation, mieux valait quand même rester groupés, n'est ce pas? C'est comme dans les musées, on quitte pas le groupe et on donne la main à son voisin, sinon on meurt. Non, Sed ne donna pas la main à Howl. J'ai dit qu'il avait pas peur de toute manière. Simplement, il s'immobilisa et recula un peu une jambe pour placer ses appuis, méfiant, son regard noisette vif et alerte. Sa position d'apparence anodine se révélait être une garde de combat, et sa main droite, qui semblait au repos, était en réalité prête à saisir un poignard. Un poignard, contre douze types...deux si Howl en avait un aussi. Ah non, il avait des flingues, c'était vrai. Sed avait oublié ce détail. Donc, deux pistolets et un poignard.
Le chef, c'est à dire le plus gros, le plus fort, le plus bête et le plus moche, cessa soudain de sourire et de tendre la main. Il fallait dire que bon, avec sa mine patibulaire, sa main paume ouverte et son sourire faux et édenté, il avait eu l'air d'un crétin pendant dix bonnes minutes. Fronçant les sourcils, il prit l'air peiné.

« Oh, dommage, vous êtes pas raisonnables mes agneaux. On va vous expliquer comment il faut faire pour qu'on s'entende bien. »

Et, sans prévenir, l'homme sauta. Sur Sed évidemment. Mais punaise, pourquoi ça tombe toujours sur moi, hein? Le jeune homme passa en revue, mentalement, toutes les attitudes possibles tandis que sa main droite surgissait soudain son poignard au poing. Son poignard, contre une épée, mon dieu, il allait se faire écharper...Sed ne prit pas le temps de se demander quelle était la transformation du type. Ni son pouvoir. Il réfléchit à toute allure. Douze hommes contre deux. Que faire? La réponse vint vite.
Les surprendre. Oui, et comment les surprendre? Avec quelque chose auquel ils ne s'attendraient pas, dans le genre une défense efficace. Ou...une invocation. Les rouages se mirent en place dans la tête de Sed, le mécanisme se mit à fonctionner et l'esprit du jeune homme à mouliner à toute allure. Vzzzz... Invoquer Dancing Flame. Le cheval ne serait peut-être pas d'une grande aide. Cependant, quoique immatériel, il savait taper un peu, Sed avait renoncé à savoir comment, et sa durée de vie limitée ne l'empêcherait pas de casser un peu la figure aux types. Quant à Howl, il avait des vampires non? Sed ne prit pas le temps d'expliquer à son frère ce qu'il allait faire, parce que bon, il y avait quand même un type qui lui fonçait dessus là. Sans prendre le temps de ranger son poignard, il tendit une main dans un geste vif et invoqua Dancing Flame.
Le cheval noir surgit soudain juste devant Sed, dans un bruit de bourrasque. L'homme ralentit avec une surprise bien compréhensible, quand on fonce sur un type on s'attend à ce qu'il soit paralysé de peur ou d'étonnement, pas à ce qu'il invoque un animal étrange...et Dancing Flame, avec son corps semblant immatériel, de fumée noire, ses yeux de la même teinte brillants comme deux braises, sa crinière qui flottait dans une brise inexistante, sa morphologie de puissant destrier, avait de quoi impressionner. En tous cas, le cheval noir, expression de pouvoir de Sed, pouvoir que le jeune homme avait découvert dans de semblables circonstances, bondit. Pas sur le chef, cependant. Sed avait préféré jouer encore plus sur la surprise et lancer Dancing Flame sur un autre homme, armé lui aussi de métal. En effet, l'esprit était invulnérable aux lames qui le traversaient, mais les armes de bois comme les gourdins arborés par certains le blesseraient jusqu'à ce qu'il s'évapore dans les airs. Déjà qu'à la base, il avait une durée de vie limitée...il fallait de la part de Sed une très grande concentration pour que Dancing Flame demeure actif plus d'une dizaine de minutes...mais si l'étalon d'ombres était frappé, il durerait bien moins longtemps.
Le plus gros, grand et bête des types qui, rappelons le, avait envisagé d'aller expliquer à Sed qu'une épée ça fait mal, n'eut pas le temps de se remettre de sa surprise. Un grognement rauque et sauvage, guttural d'un fauve, une grande forme noire filant dans un bond rapide et efficace, et de terribles mâchoires se refermèrent comme un étau sur la gorge de l'homme. Les crocs, puissants, tranchants, longs comme le doigt, tranchèrent net les fragiles jugulaires, trachée et autres carotides du brigand, le choc fit craquer sa nuque et l'homme s'effondra, déjà mort. Alors, sans regarder ce que faisait Howl derrière lui, veillant seulement à rester toujours proche de son frère pour qu'aucun d'entre eux ne se trouve isolé, Sed commença à mener une sorte de carnage. Non pas qu'il soit particulièrement violent, mais il tuait les hommes sans se poser de questions, et les griffes, les crocs ou la charge furieuse d'un léopard de bonne taille ne sont pas ce que l'on fait de plus propre en termes de résultat sur l'attaqué. Bien sûr, les hommes levaient leurs épées, mais une panthère est plus solide qu'un homme, et si Sed grognait parfois sous les coups qui l'atteignaient lorsque sa vélocité ne lui permettait pas de les éviter, il ne s'effondrait pas ni ne se brisait un os. Seul, un poignard parvint à le toucher alors qu'il égorgeait encore quelqu'un, ses griffes lacérant le torse de l'homme. Couinant de douleur, soudainement, Sed se retourna d'un seul bloc et bondit. Il parvint, heureusement pour lui car le poignard revenait déjà, à saisir le frappeur entre ses crocs. Retombant sur ses pattes, il secoua la tête avec une violence telle que les cervicales cédèrent d'un coup. Rejetant sa proie, Sed pivota sur lui-même en boitillant. Howl semblait avoir mené son propre combat également, et ceux des hommes qui n'étaient pas sur le carreau s'enfuyaient comme ayant le diable à leurs trousses. Eh oui, les Fieldman ne sont pas des enfants de choeur...Le léopard grondant les regarda, renonça à les poursuivre et revint en boitant, de plus en plus bas au fur et à mesure que l'adrénaline se dissipait et que la douleur s'accentuait, vers son frère. Sed, sous sa forme animale, était une bête superbe, un fauve de près d'un mètre de hauteur, à la musculature roulant sous une fourrure noire, moirée et dense, douce sans doutes, mais personne n'avait jamais essayé de caresser ce gros chat, les yeux, toujours noisettes piquetés d'or, brillants. Un chasseur, un prédateur, avec le même genre d'élégance un brin nonchalante que son homologue humain. Avec un dernier feulement léger, le fauve se lècha les babines et ôta ainsi le sang qui en maculait les alentours et qui tachait ses crocs. Puis il se transforma.
Sed, debout face à Howl, regarda un instant les cadavres autour de lui avec une expression presque impassible. Il en avait vu tant, des corps...certains ici n'avaient pas été mutilés par les crocs d'un fauve, cela dit, mais de bien d'autres manières. Le jeune homme ne s'y attarda pas, il n'avait pas besoin de détailler les cadavres et de toute manière, la mort le laissait aussi froid du point de vue de la curiosité. Se tournant vers Howl, ramenant machinalement sur le côté de sa figure une des mèches qui, dérangées par la bataille, lui barraient les yeux, il adressa un sourire à son frère.

« Je retire ce que j'ai dit il y a une demi-heure. La Rivière de l'Oubli non plus n'est pas toujours un endroit tranquille. »

Et puis, sa douleur au bras se rappelant à lui, il porta la main droite à son bras gauche avec une petite grimace. Il n'était aps douillet mais, heu, ces choses là ne sont agréables que pour les masochistes.
Ses doigts, légèrement effleurant la plaie et la manche de sa veste, se trouvèrent teintés du carmin qui imbibait l'habit du jeune homme au-dessus de la blessure. Et en plus il va falloir que je lave mon manteau. C'est pas mon jour. Tranquillement, il jeta un oeil sur la plaie, et constata que, heureusement, l'artère ni les veines principales n'avaient été atteintes, bien que la lame de ce crétin de brigand ait tranché dans les chairs, traversant la peau et entamant le muscle sur quelques centimètres. Rien qui nécessitât des points de suture, selon l'avis de Sed, mais il était bon pour improviser un pansement dès qu'il le pourrait afin d'endiguer l'hémorragie. Pad'Bowl, comme diraient certains...
Levant les yeux vers son frère, Sed s'inquiéta de savoir si lui était blessé.

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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Ven 17 Sep 2010 - 21:25

Sed n’était pas dupe ; Howl le comprit lorsque son frère, après quelques instants de silence, lui retourna un sourire léger, franc, mais teinté d’une ironie amère. Oh non, le rictus pseudo-amical que la chauve-souris avait offert à son cadet n’avait pas du être difficile à percer pour un gamin des rues, habitué à lire entre les lignes. Et surtout, le jeune valet n’avait pas aimé l’attitude de son cadet et le réprimandait ouvertement. A cette pensée, Howl eut deux réactions totalement opposées ; d’abord, il se sentit irrité par ce frère à peine rencontré qui se permettait de lui faire la morale, puis ensuite il ne put s’empêcher d’éprouver des remords. N’était-ce pas lui qui admirait la Gardienne parce qu’elle le prenait entre quatre yeux lorsque quelque chose n’allait pas, et lui expliquait sans le blesser ? Alors pourquoi était-il tout simplement incapable de dire à son petit frère qu’il avait du mal à accepter leur lien de parenté, qu’il n’y croyait d’ailleurs pas tant que ça et que, pire, il craignait de voir Sed comme un espion utilisant leur ressemblance physique pour approcher Aileen ? Il retint un sourire amer : c’était juste politiquement incorrect. Etrangement, il avait beau ne pas apprécier le contact des autres, la présence de Sed ne le dérangeait pas outre mesure, mis à part le fait qu’il se torturait les méninges pour savoir quelle part de lui-même choisir, à savoir soit la méfiante presque paranoïaque, soit la confiante et amicale. C’était sûrement pour ça qu’il craignait de blesser son frère, et l’écouta en souriant, attendri, lorsque Sed se mit à parler de son chat d’une voix légère, souriant en expliquant que comme tous les félins satisfaits, elle malaxait ce qu’elle avait sous les pattes, toutes griffes dehors. Le jeune homme épousseta son épaule, permettant par ce geste à Howl de noter que l’adorable minou lui avait joliment griffé la main : une estafilade rouge, longue de quelques centimètres, décorait sa main gauche. Howl allait faire une remarque lorsqu’il perçut un bruit, et tourna légèrement la tête. Un bruit de pas. Devant lui, Sed se figeait, attentif comme son aîné. La chauve-souris s’immobilisa à son tour, tentant de discerner le mouvement de la personne caché à sa vue. Howl se tournait vers Sed lorsque les buissons se fendirent, laissant apparaître une douzaine d’hommes de corpulences et de tailles différentes, mais ayant tous en commun l’air mauvais des bandits et la pauvreté de leurs vêtements. L’un d’eux s’avança, un rictus sur ses lèvres, et ricana en leur jetant quelques mots. Howl plissa imperceptiblement les yeux, une légère grimace de dégoût planant sur son beau visage. Ces hommes puaient l’alcool, mais aussi étrange que cela puisse paraître, ils ne paraissaient sobres et maîtres de leur moyen. Avec mépris, Howl fourra ses mains gantées dans ses poches, faisant un unique pas vers Sed, tandis que celui qui devait être le chef expliquait qu’il désirait « uniquement » les détrousser et que tout pouvait se faire gentiment s’ils coopéraient. Hein ? Ce ne fut qu’au bout de quelques instants qu’Howl réalisa que Sed et lui étaient assez élégants pour faire penser à ces rustres qu’ils descendaient de la noblesse. C’est vrai que les deux jeunes hommes étaient beaux, Howl étant assez bien vêtu pour un simple valet. Il fallait l’avouer, être le serviteur personnel d’Aileen Sôma, ça payait plutôt bien. En pensant à ça, Howl nota d’ailleurs que les brigands ne semblaient pas l’avoir reconnu, sinon il doutait qu’ils auraient été si « amicaux ». Enfin, ils se seraient sûrement tous jetés sur lui pour en faire un otage, ce à quoi il n’aurait pas pu vraiment résister. Le regard d’Howl parcourut les rangs ennemis, détaillant chacun des hommes tour à tour, notant leurs postures, leurs regards et les tics qu’ils semblaient avoir. Il nota ainsi que l’un des hommes se tenait légèrement en retrait, les mains fourrés dans les poches d’un air assez patibulaire mais plus sensé que les autres – la chauve-souris en déduit qu’il était puissant, le savait et désirait le cacher pour surprendre. Raté. Lorsque le chef du groupe cessa de sourire bêtement et ramena sa main vers lui, perdant son air goguenard pour une mine vraiment belliqueuse, Howl sortit doucement les mains de ses poches, relevant les pans de son long manteau pour caresser les crosses bien ouvragées de ses pistolets. Certains auraient vu ça comme une erreur, vu que la richesse des armes pouvait devenir une nouvelle source de convoitise, ou bien comme un coup de maître étant donné que les armes à feu étaient suffisamment redoutables pour en faire fuir plus d’un, mais Howl ne pensait ni à impressionner, ni à attirer. Il se contenta de se préparer à combattre, gardant les yeux fixés sur le chef.

Lorsque celui-ci se jeta sur Sed en hurlant comme un possédé, ce fut le signal du départ. Le groupe se divisa en deux, six d’entre eux assaillant le jeune homme, les six restants tournant leurs regards vers le grand valet qui les fixait, immobile. L’un d’eux se jeta sur Howl, le percutant de plein fouet même si la chauve-souris avait eut le temps de se pencher légèrement en avant pour amortir le choc. Son épaule rencontra celle de l’autre, et il tira sur ses armes, balançant un grand coup de crosse dans le nez de l’homme. Dans le même geste, il lança son coude dans le menton d’un nouvel adversaire qui arrivait dans son dos. Tandis que le premier tombait à terre, surpris, Howl fit vivement volte face et … Se retrouva nez à nez avec trois types à la gueule de chewing-gum mâchés et pas contents du tout. L’un d’eux jeta immédiatement son poing vers le ventre d’Howl, tandis qu’un second lui adressait un coup de coude dans la figure. Le souffle rendu court par le coup du premier, la chauve-souris se plia en deux. Le troisième lui donna un grand coup de genou dans le nez qui acheva de l’envoyer au tapis. Voyant leur cible au sol, les six – car le premier s’était relevé – se précipitèrent vers lui. Deux coups de feu retentirent, et presqu’aussitôt, deux hommes tombèrent, une balle dans la poitrine. Les autres redoublèrent de hargne et de fureur, tandis que le valet se relevait vivement, se remettant à balancer coudes et pieds dans tous les sens. Même avec l’aide de ses deux armes à feu, il comprit vite qu’il n’aurait pas le dessus. C’était ridicule de penser qu’un homme, même très bien armé, pourrait se débarrasser de quatre malabars bien décidés à le lyncher. Il avait déjà plusieurs contusions sur les bras, et l’un de ses assaillants, armé d’un poignard, avait dessiné une longue estafilade sur son bras gauche, assez profonde pour qu’il doive cesser de se battre avec ce bras là. Jurant, il comprit qu’il devrait avoir recours à l’invocation de son vampire s’il désirait s’en sortir, même s’il n’aimait pas la montrer, parce que comme tout le monde le sait bien, savoir cacher ses secrets, c’est d’abord savoir se cacher soi-même. Il recula donc de quelques pas, faisant penser à ses agresseurs qu’il tentait une fuite. Ils s’avançaient vers lui quand l’air se troubla devant Howl. Une ombre immense le masqua, tandis qu’un hurlement strident, à la limite du supportable, résonnait. Les quatre hommes, surpris, méfiants et surtout légèrement inquiets, reculèrent prudemment. Lorsqu’ils aperçurent les longs crocs de l’ombre en question, qui était en réalité trois chauve-souris de grande taille. Un sourire carnassier se dessina sur le visage d’Howl, tandis qu’il voyait deux des quatre hommes s’enfuir en courant et en implorant Héla de leur accorder la vie sauve. Oh ça non, Héla ne les épargnerait pas, ou du moins, ses chauve-souris ne les épargneraient pas … Le troisième jura, recula précipitamment et disparut dans l’ombre, intrigant Howl ; il dut néanmoins se concentrer sur ses chauve-souris pour éviter que celles-ci n’attaquent l’un des assaillants de Sed et déconcentre le jeune homme, ou, pire encore, qu’elles ne se ruent sur le petit frère de son maître. Elles se jetèrent donc sur l’unique assaillant qui était resté et qui tremblait de peur, incapable de bouger. Les monstres méphistophéliques le recouvrirent entièrement, et durant quelques minutes, Howl n’entendit que les bruits du combat de Sed, notant avec surprise qu’un grand cheval noir, constitué d’une sorte de fumée sombre, galopait au côté de son frère, le défendant avec force hennissement. C’était donc lui, le Dancing Flame dont lui avait parlé son frère ? Il s’en étonnait lorsque ses chauve-souris le fit sursauter grâce, ou à cause, d’un bruit de succion particulièrement révulsant. Les monstres se reculaient de leur proie, laissant un corps exsangue et figé dans une grimace de terreur et de douleur qui tira une grimace à Howl. Il s’approchait de ses chauve-souris lorsqu’il sentit le canon d’une arme contre son dos.

« Un pas, et je te tue, mon beau. »

Jetant un coup d’œil en arrière, Howl reconnu celui qui lui avait paru puissant et assuré, celui qui c’était enfui dans une direction différente des deux autres, aussi. Il jetait un coup d’œil à ses chauve-souris, se demandant s’il pouvait s’attaquer lui-même avec ses monstres et en sortir vivant. La voix de l’homme susurra à nouveau à son oreille :

« Non, ne l’appelle pas. Au contraire, je veux que tu lui dises de partir, d’accord ? Je ne suis pas … C’est bien, tu es obéissant, mon pe … »

Acquiesçant gentiment, Howl avait d’abord congédié ses chauve-souris, avant d’opter pour une nouvelle attaque : il les invoqua dans leur dos, et lorsqu’elles se mirent à hurler, les lâcha sur son agresseur sans aucune hésitation. Il se dégagea de l’emprise de celui-ci, fit un pas en avant et se retourna, brandissant un de ses pistolets avec hargne. Il tira une seule fois, ôtant la vie au dernier de ses agresseurs, avant de congédier à nouveau ses vampire, se tournant vers Sed. Ou plutôt vers le léopard. C’était un beau fauve de grande taille, mince et musclé, qui se tenait devant Howl, se léchant les babines pour finir d’en ôter le sang qui les maculait. Il jeta un regard au jeune homme, puis l’air se brouilla et la forme devint humaine. Les cheveux en bataille, Sed sourit à son frère, notant que les rives n’étaient pas aussi calmes qu’il voulait bien le croire. Celui-ci eut un petit rire :

« Ce n’est pas faux … Il y a même des chevaux et des léopards en liberté. Beau félin, d’ailleurs ! »

Howl adressa un sourire complice à Sed, puis se pencha sur son bras, grimaçant en effleurant la blessure. Sa manche, cramoisie, collait légèrement au membre endolori, et il dû enlever sa veste puis relever le tissu blanc de sa chemise avant de pouvoir observer l’estafilade sanglante tracée par la lame sur son avant-bras. La lame semblait être propre et bien aiguisée, à en juger par la finesse et la profondeur de la blessure. Il grimaça en notant qu’elle était passée très près de l’artère, mais ses connaissances en la matière s’arrêtait là, et il soupira en tentant de juger si oui ou non, un bandage serait nécessaire. Oh et puis si, allez, comme ça la plaie risquerait moins de s’infecter, et mieux valait prendre trop de précautions que pas assez, hein ? Il soupira. Invoquer en même temps trois chauve-souris l'avait fatigué, il se limiterai à deux, désormais. Plus il en appelait, plus il s'épuisait. Relevant les yeux vers Sed, Howl reprit la parole :

« Ca va, ils t’ont pas trop abimé, ces rustres ? »


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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Dim 19 Sep 2010 - 22:48

Un des types se tenait à l'arrière lorsque le chef parlait, et Sed concentra son attention sur lui quelques secondes, pressentant qu'il était dangereux, lui, du moins,plus que les autres. Et puis, le chef lui sauta dessus avec un cri rauque du genre « t'as peur hein t'as peur ». Eh bah non,j'ai pas peur, mon gros crétin. Le combat s'engagea et le groupe se scinda en deux, deux masses hurlantes, sales, empestant l'alcool et indéfinissables, qui se jetèrent sur les deux hommes. Tandis qu'il invoquait Dancing Flame, Sed ne put prêter attention à son grand frère qui, une seconde avant, avait révélé, l'air de rien, la présence de ses pistolets. Enfin bon, il n'avait pas à s'inquiéter pour Howl qui était tout à fait apte à se défendre. Après tout,Sed n'était pas le seul à avoir vécu comme voleur à Yomi. En toussas, après avoir égorgé le chef brailleur, la panthère retomba sur ses pattes avec souplesse et, protégée une seconde par Dancing Flame, coula un regard vers vers la bête volante. Juste assez longtemps pour voir Howl se prendre, dans l'ordre, un coup de poing dans le ventre, un coup de coude dans la figure et un coup de genou dans le nez? Aïe, le nez ça fait très mal et en plus, ça étourdit. Un sale coup ça...et ça ne loupa pas, Sed eut juste le temps de voir s'effondrer son frère avant de devoir se défendre une seconde fois contre un type. Deux types. Quatre, mince. Le léopard se ramassa, détendit ses pattes arrière comme un ressort naturel et sauta à la gorge du premier, mais ne put l'égorger car l'homme avait brandi son bâton devant lui. Sed, vivement, dégagea ses mâchoires et sauta de nouveau, prenant appui sur la poitrine de l'homme, pour se porter à l'assaut d'un autre. Le type voulut utiliser son poignard, mais la panthère saisit le poignet et le brisa tandis que, de ses griffes, elle labourait le torse de l'homme.Avec un grognement, ce dernier vacilla et Sed volta en sentant un gourdin de bois s'abattre sur son flanc lustré. Aussitôt, il reçut un autre coup sur l'échine et feula, constatant que le premier homme s'était redressé et revenait à la charge. La panthère hésita quelques secondes puis dirigea Dancing Flame sur l'homme derrière elle, et bondit comme une furie sur le premier frappeur. Ce dernier voulut protéger sa gorge et y parvint, de nouveau grâce à cette saleté de gourdin, mais reçut sur le torse un fauve déchaîné de plus de soixante livres, qui commença à lacérer sa gorge d'une patte avant, tandis qu'il lui labourait le ventre de ses griffes arrière. Sous la douleur l'homme lâcha le gourdin et Sed l'égorgea proprement, sentant le sang, à l'odeur douceâtre et écœurante lorsqu'il ne s'agissait pas de chasse, éclabousser sa face léonine.Le fauve volta une nouvelle fois et repartit à l'assaut, bousculant un homme de toute sa puissance, griffant cruellement à la joue et l'œil un second qui hurla de douleur. Le type frappé par Dancing Flame était au sol, sonné, et Sed ne lui prêta pas d'attention,ordonnant à son esprit équin de l'achever. Sans s'arrêter au craquement répugnant d'un sabot brisant une boîte crânienne, la panthère tournoya sur elle-même, cherchant à évaluer la situation. Deux hommes, trois même, étaient morts, deux de ses crocs et l'un sous les sabots de Dancing Flame, mais les autres vivaient encore et ils étaient trois. Se protégeant mutuellement et prouvant bien qu'ils n'étaient pas des novices en combat, ils seraient difficiles à vaincre. Sed allait tenter quelque chose lorsqu'un hurlement strident vrilla ses oreilles de fauve. Le pelage hérissé, il cracha en tentant d'endiguer la vague de peur atavique qu'avait fait naître en lui ce cri saisissant et chercha Howl du regard, rapidement. Ce dernier était aux prises avec quelques hommes, et devant lui planait...une ombre énorme, une chauve-souris.Le vampire dont lui avait parlé son frère? Sed ne s'y attarda cependant pas et bondit derechef. Avant de stopper net son saut dans une torsion violente de tout son grand corps. L'un des types avait brandi son épée de telle façon que le fauve venait de manquer de se faire embrocher. Bon sang, mais qui était cet homme pour avoir de tels réflexes? La panthère, retombée, au sol, ne put éviter deux coups de gourdin et hoqueta en se redressant d'un seul bond. Ses griffes lui ménagèrent une brèche et elle fila à toute allure. Le temps que les trois voleurs aient compris ce qui se passait, le léopard venait de sauter sur le dos de l'un d'entre eux. Il le secoua avec une violence inouïe, un rugissement féroce, et lui fracassa non seulement la nuque mais aussi, probablement, une bonne partie de la colonne vertébrale. Un voleur de plus était hors de combat, mais les deux derniers étaient puissants et armés de lames.Jouant le tout pour le tout, le léopard se ramassa, queue battant au sol, grondant sourdement puis se cabra et bondit derechef sur l'homme à l'épée. Ce dernier abaissa sa lame mais cette fois-ci, la panthère avait été la plus rapide. Dans un nouveau grognement féroce, témoin de la violence de la tuerie, le fauve se cabra, se trouvant entre l'homme et l'épée encore tendue, et lacéra le torse de l'homme de ses griffes, ouvrant de larges et nombreuses plaies sanguinolentes, tandis que ses crocs tranchaient net la jugulaire de l'homme alors que ce dernier abattait son gourdin. Atteint à la tête, Sed feula mais maintint sa prise jusqu'à ce que le bandit cesse de respirer. C'est alors qu'un poignard s'enfonça dans sa patte gauche. Surpris, n'ayant pas vu venir l'homme car aveuglé parle sang qui coulait maintenant de son arcade sourcilière écorchée,le léopard laissa échapper un cri rauque de souffrance, sorte de mélange entre le couinement aigu d'un chien et le miaulement coléreux d'un chat, puis bondit et brisa le cou du frappeur comme on fracasse celui d'un cerf. En retombant sur ses pattes il faillit poursuivre les fuyards, mais une grande ombre noire se lançait déjà sur leurs traces. Sed, immobile, ses flancs se soulevant à intervalles encore un peu irréguliers et courts, laissant échapper un grondement sourd qui vibrait entre ses côtes à chaque expiration, regarda les deux hommes tituber et s'effondrer, sans un cri. Les oreilles du fauve se dressèrent sur son crâne solide -oui,solide, il avait résisté à un coup de gourdin, Sed avait la tête dure- à l'écoute de l'affreux bruit de succion des ombres vampires.
Puis il se tourna vers Howl qui s'avançait vers les esprits...et se figea. Frémissant, Sed regarda avec haine l'homme qui tenait son aîné en joue, dans le dos, si sûr de lui qu'un sourire torve se dessinait même sur ses lèvres. Sed se trouvait alors à quinze mètres de son frère, car le combat les avait séparés, mais il tenta de s'approcher silencieusement du tireur potentiel qui susurrait à Howl se rappeler tout de suite ses vampires. A cet instant il jeta un regard vif à la panthère, et Sed sut que, en attaquant ce type, il condamnerait Howl à se prendre une balle dans le dos, le genre de choses un peu désagréable auxquelles on survit difficilement. En pleine possession de ses moyens, il aurait pu contourner le tireur et l'attaquer avec vivacité, ou bien viser l'arme, ou même sauter sur Howl pour l'écarter de la trajectoire de la balle. Mais, sonné par le coup de gourdin, avec une patte en sang qu'il ne posait pas par terre sans douleur et sans que son cerveau lui hurle de relever cette patte tout de suite espèce d'inconscient masochiste, il n'avait plus la vivacité nécessaire pour tuer l'homme. Mais apparemment Howl s'en sortit bien. Sed, incapable de faire quoi que ce soit, vit disparaître les vampires et en conclut que son frère les avait congédiés...puis le hurlement strident retentit à nouveau et le léopard ne put s'empêcher de hérisser comme une crête le pelage de son échine, et de coucher ses oreilles sensibles en montrant les crocs à...à quoi? A l'ombre qui venait de vider de son sang le tireur certainement. C'était assez saisissant à voir d'ailleurs, ce type devenir d'un coup blanc, exsangue, pâle comme un linge, puis s'effondrer d'un seul bloc, dans une grimace de souffrance qui fit frémir Sed. La panthère, courageuse ou juste déterminée à ne pas faire de survivants, boitillait en direction du dernier homme quand Howl abattit le type d'une balle bien placée. Nullement contrarié par le fait qu'il venait de se faire doubler par son frère, Sed jeta un regard vif à Howl en pivotant de nouveau vers lui. Non seulement il avait de beaux joujoux mais en plus, il savait s'en servir. Je ferais bien d'apprendre à tirer si je peux d'ailleurs, ça peut servir, songea le léopard, avant de reprendre forme humaine.

Face à lui, Howl lui répondit avec un rire, que effectivement c'était pas sûr ici, il y avait même des léopards et des chevaux en liberté. Sed, lui aussi, eut un petit rire, façon d'évacuer la tension du combat, mais aussi heureux de constater que l'atmosphère s'était quelque peu détendue. Merci les abrutis...ça sert à rien de les remercier, ils sont morts. Rendant à son frère son sourire, sincère,complice, si différent des rictus qu'ils s'étaient adressé jusqu'ici, Sed répliqua:

« Et il y a aussi des chauve-souris assez...assoiffées. D'ailleurs, tes vampires, ils m'ont fait froid dans le dos. Enfin, surtout leur cri en fait.»


Comme par un hasard bien orchestré,son regard se posa brièvement sur un des cadavres qui demeurait aux pieds de Howl -bon, d'un autre côté il risquait pas de se barrer-,blanc comme un linge, presque desséché. Le rictus, affreux, dû à la terreur absolue et à une souffrance visiblement atroce tira une légère grimace à Sed qui détourna les yeux. Repenser aux vampires lui fit courir comme un doigt glacé dans le dos, et s'il avait été léopard à cet instant, son échine se serait hérissée comme lorsqu'il avait entendu le hurlement des monstres.
A la remarque de Howl concernant le félin, très beau à ce qu'il venait de dire, Sed répondit avec le même sourire et le même coup d'œil que son frère complice:

« Oui, beau, et en plus,efficace! »


Machinalement, il essuya de la main droite les dernières gouttes de sang qui souillaient le coin de ses lèvres et qu'il n'avait pas nettoyé sous forme de félin. Se battre ainsi avait quand même un inconvénient...sous forme humaine, tuer est désagréable mais...la lame qui s'enfonce dans un corps, la balle de pistolet imposent quand même une distance, c'est l'objet qui tue, pas nous. Mais sous forme d'animal...les griffes labourant la peau, les crocs étranglant, étouffant ou tranchant les chairs,c'était une sensation bien différente. Le sang qui gicle sur le pelage d'un visage de fauve, le goût du sang humain dans sa gueule,son éclat sur l'ivoire des griffes, les battements de cœur que l'on sent s'arrêter, et la sensation de victoire du prédateur qui vient de tuer sa proie ne s'oubliaient pas si vite. Face à Sed sous forme féline, Sed qui demeurait, même fauve, un humain en esprit, les autres hommes n'étaient plus que des proies, et lui leur prédateur.Il avait mis du temps à accepter sa nature de chasseur, cette puissance animale et cette férocité. Le goût du sang de donne pas soif d'autre sang comme on le croit, mais il ne s'oublie jamais.
Il songea brièvement que ce combat venait de lui permettre de découvrir la véritable nature du pouvoir de Howl...son frère lui avait bien sûr parlé des chauve-souris vampires, mais sans s'étendre sur les détails, et il fallait avoir été là pour s'imaginer la taille des monstres, leur aura effrayante, les bruits de succion désagréables de leur ouvrage, et le hurlement qu'elles poussaient en apparaissant, strident,effrayant. Hurlement. Sed coula un regard vers son frère, faisant subitement un lien qui, peut-être n'était que fruit d'une coïncidence. Howl lui avait dit avoir changé de nom après avoir tué son père avec ses chauves-souris, et découvert son pouvoir...Howl. Hurlement. Y avait-il une relation entre le prénom qu'avait choisi son aîné et le cri de ces monstres méphistophéliques?
A la question suivant de son frère,Sed remarqua brutalement que du sang lui coulait sur l'œil gauche.Avec un soupir, il leva la main droite, essuya le liquide carmin qui gênait sa vision et palpa machinalement l'éraflure au niveau de l'arcade sourcilière. Ses doigts effleurèrent un accroc pas vraiment ennuyeux, juste un peu douloureux et qui lui vaudrait un léger mal de crâne, qui ne saignait que parce que cette zone de la tête était très irriguée, rien de bien grave malgré l'hématome léger que Sed sentait crisser sous ses doigts. Puis reporta son attention sur son bras gauche, qu'il avait laissé pendre le long de son corps depuis son inspection. Le jeune homme constata que le sang avait continué à couler, dessinant quelques filets rouges sur son poignet et atteignant peu à peu sa main en imbibant sa manche de manteau. Inquiété par l'ampleur du saignement, Sed décida d'inspecter un peu mieux cette blessure, mais sa manche sanglante collait et le gênait, aussi l'enleva-t-il avec douceur, avant de remonter lui aussi sa chemise, euh...sa chemise anciennement blanche. A l'origine,parce que là elle était quand même légèrement rougie. Jurant tout bas, vraiment tout bas, Sed observa plus avant la plaie qui s'étendait sur son avant-bras au teint clair. Nette et précise,elle avait été faite par une lame affûtée et le long de son trajet, le sang était déjà coagulé. Non, le problème était plus loin. Sous sa forme de léopard, Sed frappé n'avait pas vraiment été immobile, et sa patte avait bougé, faisant pivoter la lame encore tenue par une main à ce moment là. Cette torsion lui valait une extrémité proche du poignet un peu moins belle, et c'était de là que venait le sang. Oh punaise, pas l'artère radiale s'il vous plaît... Sed ne savait pas très bien qui il suppliait ainsi, mais si l'artère était touchée, il n'était pas dans la mélasse, pour ne pas employer un autre mot moins élégant.Un second examen lui permit de se rassurer: l'artère n'était pas touchée, le saignement assez important ne provenait que d'une veine qui, au vu des connaissances de Sed en anatomie -merci les livres-n'était pas si importante. D'ailleurs, le sang coulait déjà moins vite et un caillot avait commencé à se former. Si Sed ne s'était pas trompé, l'hémorragie allait vite cesser si il tenait son bras tranquille, et il le replia sur sa poitrine. Si il s'était trompé...bah, si il s'était trompé, il mourrait, quoi de plus naturel en somme? Euh, non pas qu'il ait envie de mourir, mais...de toute façon il ne s'était probablement pas trompé parce que si une artère avait été abîmée il serait déjà dans les vapes, et là, à part un très léger vertige dû au cumul du saignement et de son coup sur la tête, il se sentait bien. Seules ses côtes le lançaient un peu, assez fortement sollicitées par les coups de bâton qu'il s'était pris sous forme de léopard.Heureusement d'ailleurs qu'il avait pris cette forme car, humain, il se serait brisé les os en encaissant les chocs.
La question de Howl n'avait rien de ces questions qu'on pose par politesse en se fichant bien de la réponse,le valet de la Louve s'inquiétait visiblement réellement de l'état de Sed, et le jeune homme, bien qu'il dissimulât ses émotions, en fut heureux. Non, Sed n'était pas un môme tout content d'avoir de l'attention, mais simplement, après l'indifférence voire l'agressivité de Howl avant la bataille, cette marque d'inquiétude ne lui déplaisait pas. C'est donc avec un léger sourire, mais sincère et, cette fois, sans ironie, qu'il répondit:

« Oui, ça ira je pense, j'en suis juste quitte pour quelques bleus et bosses et un pansement à faire, c'est tout. »


Regardant son frère, Sed se souvint que Howl, qui avait combattu sous forme humaine, avait quand même reçu au moins, pour ce qu'il avait vu, deux coups en pleine figure,un coude et un genou, c'est à dire deux coups probablement assez violents quand même, et un poing dans le ventre. Bon, il n'avait pas l'air de s'être fait fracasser le nez ou la pommette, mais Sed n'était pas vraiment apte à en juger alors, il lui retourna la question, s'inquiétant lui aussi de l'état de son frère, le regard vif et sérieux:


« Et toi, ça va? »

Tout en disant cela il sentit, l'espace de quelques secondes, le monde tourner autour de lui. Aaaah non hein. Il allait pas tomber dans les pommes non plus. Frémissant, Sed parvint à reprendre le contrôle sur lui-même et serra son bras contre ses côtes sûrement fêlées, prenant une profonde inspiration soudaine pour reprendre ses esprits. Pâle comme un linge, il retrouva en quelques secondes des couleurs et leva de nouveaux les yeux vers son frère.
Oh punaise, en fait il avait perdu plus de sang qu'il ne voulait l'admettre, ou bien le type avait cogné un peu fort. Ou les deux.


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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Mer 3 Nov 2010 - 3:30

Dans l’obscurité de la nuit, Howl eut beau tenter de voir si son bras était gravement touché ou non, il ne parvint qu’à arriver à la conclusion qu’il avait mal au bras, que ça saignait et que bon sang, il aurait tout donné pour devenir nyctalope. Avec un soupir, il ramassa son chapeau tout en plaisantant sur la faune en liberté sur le bord de la Rivière de l’Oubli tandis que Sed examinait lui aussi son bras. Ah, toi aussi t’as bobo ? Copaiin. Avec inquiétude, le grand valet se tourna vers son cadet, s’enquérant de sa santé, et fut rassuré de voir son frère le rassurer, affirmant que ça allait bien, avant de lui renvoyer la question. Ah, s’il allait bien ? Euh, bonne question ça, petit chaton, mais c’est une sale colle pour monsieur chauve-souris. A vrai dire, il s’inquiétait un brin pour son bras, il avait mal au nez bien qu’il ne pensât pas que celui-ci soit cassé et surtout, il était fatigué. Vraiment fatigué. Comme à chaque fois il invoquait autant de chauve-souris aussi longtemps, en fait. Offrant un pâle sourire à Sed, Howl décida finalement de jouer franc-jeu avec lui.

« Et bien, pour tout t’avouer, c’est fatigant d’invoquer ces bestioles. Mais ça va, ne t’inquiète pas. Par contre, je serais pour qu’on bouge et qu’on se rapproche un peu du Château Noir, il fait un peu trop sombre pour que je voie si ils m’ont raté au bras où si c’est plus sérieux que je ne le pense. On marche ? »

Avec un sourire, il se mit à marcher avec son frère, tressaillant légèrement quand le tissu de ses vêtements effleurait sa blessure. Ah oui, ça faisait bien mal, ça, la sensation de l’étoffe mouillée de sang sur la plaie encore ouverte … Brrh. Laissant retomber son bras – oh bah oui, il va pas nous faire chier pendant tout le rp celui-là ! – Howl leva les yeux vers la lune, l’espace d’un instant. Elle avait encore avancé dans le ciel – logique, en même temps, elle va pas avancer dans l’eau non plus – et il devinait qu’il faudrait qu’il soit bientôt de retour au Château Noir. Pour soigner son bras, déjà, puis, éventuellement, accessoirement, pour s’occuper de toutes les tâches qu’il lui seyait de coordonner. Genre, déterminer qui allait s’emmerder à gratter le sol des cuisines, ou qui était d’humeur à tenir les portes – ouais, celui qui avait créé tous ces grades débiles devait vraiment avoir une imagination débordante, vu le peu de gens qui traînaient dans les cuisines ou qui passaient tout simplement une porte dans le Château Noir. Et puis surtout, Aileen avait le sommeil vachement léger et était plutôt matinale. Avec un léger soupir, il retourna le regard vers Sed, tentant de sonder les prunelles brunes de son frère. Etait-il vraiment son frère ? Ou bien une personne qui lui ressemblait étrangement, et tout cela n’était qu’un affreux malentendu ? Ou alors, la Gardienne avait-elle raison de se méfier du jeune homme ? D’ailleurs, la Gardienne, qu’aurait-elle pensé s’il lui avait dit ce qu’il ressentait pour elle ? Hé, mais pourquoi il pensait à ça maintenant !? Un léger grognement s’échappa de la gorge d’Howl, tandis qu’il levait vaguement les yeux vers la lune. Une nouvelle fois, il se prit à rêver d’envols, de claquements d’ailes, de plongées en piqué et de liberté. De nombreux jours, il aurait tout donné pour pouvoir abandonner ses contraintes, devenir chauve-souris et disparaître – se contenter de cette vie animale si riche, si attirante. Et toutes ces fois là, il lui suffit d’imaginer le regard d’Aileen, son sourire ou même sa voix pour savoir qu’il aurait été incapable de vivre sans elle. Et dire que cela faisait sept ans – sept ans ! – qu’il était sous le charme de la Louve. Qu’il était à son service, aussi. Avec un petit soupir fatigué, Howl releva le regard vers Sed. Se figea.

Il détestait ce qu’il voyait.

Ce n’était pas Seedle Fieldman que son frère aîné voyait. C’était leur père qu’il discernait, et avec ce père des années de peur, de rage, de haine ; des années rappelées par l’odeur d’alcool et par les teintes bleutées des ecchymoses dues aux coups de l’ivrogne sur son fils et sa femme. Comment diable Howl avait-il pu ignorer cette terrible ressemblance avec le père Fieldman ? Serrant les dents en conservant toutefois un masque d’une neutralité effrayante, Howl se fit la réflexion, avec une ironie amère, qu’au moins il pouvait être certain de quelque chose : Sed était bel et bien son frère. Ou bien, son pouvoir était de se métamorphoser à volonté, aussi bien en tant qu’humain ou animal, auquel cas le cas de la chauve-souris était désespéré, vu qu’il lui suffisait de voir Aileen pour changer radicalement de comportement. Il songeait à cela et marchait, les yeux fixés sur ses pensées, quand il advint ce qu’il devait arriver : une racine traître vint s’enrouler autour du pied d’Howl. Mh, non, ce n’est pas exacte : disons plutôt qu’il trébucha lamentablement sur une racine, et se vianda méchamment la gueule. Dans les plantes de la rivière de l’oubli, aïe. Et sur son bras blessé, en plus, histoire de faire dans le scénario bien stéréotypé. Pauvre bestiole volante inutile, va. Bestiole volante qui, d’ailleurs, eut le réflexe à la con de se transformer en chauve-souris pour s’envoler, sauf qu’avec un bras – donc une aile – qui pisse le sang, c’est pas facile de voler bien haut. Tout ce qu’Howl-Chauve-Souris parvint à faire, ce fut une pitoyable démonstration de vol à une aile, avant de se retransformer et de poser sa main valide sur l’épaule de Sed pour ne pas se casser la gueule.
Ah bah il est beau, le serviteur personnel de la Louve !


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MessageSujet: Re: This fucking nightmare. Libre   Mer 3 Nov 2010 - 18:56

Face à lui, Howl observait son bras sans un mot, mais semblait peiner, car il plissait les yeux sous le regard vif de son frère. Non, Sed n'était pas nyctalope, la panthère l'était...cependant, il était vrai qu'il voyait bien dans la nuit. Cela lui posait un autre problème d'ailleurs, celui de la tolérance à la lumière, puisqu'il avait les yeux très sensibles à la clarté et qu'il suffisait d'un contraste brutal, ou juste d'un grand soleil, certes rare à Yomi, pour qu'il ne voie plus rien du tout et se mette à cligner des yeux comme une chouette égarée ou plutôt, comme un chat complètement démuni sans ses prunelles modulables. Eh ouais, pas de bol hein...En attendant, il faisait nuit et le jeune homme était donc plutôt satisfait de voir suffisamment clair. Juste assez pour regarder son frère examiner son bras d'un air concentré, sans cependant que le jeune homme puisse déterminer si, oui ou non, Howl était sérieusement touché. Enfin, en tous cas, il tenait debout...Le valet personnel de la Gardienne releva soudain la tête vers son cadet, après avoir ramassé son chapeau dans un soupir léger. Sans bouger, d'autant plus qu'il se sentait un peu...dans le gaz, disons, Sed le vit lui adresser un pâle sourire et lui annoncer, franc pour une fois, que ça le fatiguait d'invoquer tant de chauve souris à la fois. Sed esquissa un sourire, et acquiesça de la tête lorsque Howl lui suggéra de revenir vers le Château et la lumière. Il se mit en marche, gardant son bras blessé replié contre sa poitrine, et sourit aux étoiles, vaguement perdu dans ses pensées:

« A vrai dire, je suis un peu fatigué aussi. Invoquer ce cheval de façon prolongée, c'est pas si évident que ça...Enfin, autant que je laisse tomber, avec ce qui s'est passé ce soir, je fermerai plus l'oeil de la nuit. »


Il soupira, sachant très bien que les journées suivantes allaient être longues. Oh, l'adrénaline du combat et sa vitalité naturelle le tiendraient debout jusqu'au matin et sûrement la journée qui suivrait sans problèmes, mais il savait très bien que tôt ou tard, peut-être ce soir ou le lendemain, la fatigue lui tomberait dessus comme une masse et le rendrait irritable, solitaire, silencieux, en un mot infréquentable. Mais, pour l'heure, il se sentait bien réveillé, comme on l'est toujours au milieu de la nuit après un cauchemar et un combat, et il savait bien qu'il ne se rendormirait pas. En fait, si Howl, n'avait pas déboulé comme ça, Sed se serait sûrement transformé et aurait un peu couru dans les bois. Chassé, qui sait? Se serait grisé de vent frais, d'odeurs imperceptible à un nez d'humain, de motifs fantastiques dans les feuilles sombres, de bruits légers et sourds...aurait profité des rares instants où il pouvait se permettre de tout oublier, qui il était, d'où il venait et ce qui le tracassait, pour profiter réellement de moments de sérénité. Le jeune homme frémit doucement en sentant l'étoffe de sa manche, déchirée et maculée, raidie par le sang qui coagulait, frotter au gré de ses mouvements sur son bras blessé. Pressant davantage son avant-bras sur sa poitrine, il parvint ainsi à en limiter les gestes et donc la douleur. Oh là là, il avait intérêt à faire un pansement hein...Ses côtes, sûrement fêlées par les bâtons de tous ces crétins, allaient sûrement se rappeler à son bon souvenir quelques jours durant et, surtout, il se sentait bizarre. Bizarre dans le sens étrangement détaché, comme léger, comme vacillant...la tête qui tournait, légèrement, et l'impression particulière d'être noyé dans le coton, séparé du monde par une sorte de bulle. Ouh, en fait, celui qui lui avait balancé un coup sur la tête avait tapé fort, même pour une panthère...Et voilà, en plus il aurait donc droit au mal de crâne? Enjoy, respire à fond et fais avec, t'as pas le choix. Ouais mais quand même. Sed laissa échapper un discret soupir et remarqua à cet instant que Howl avait tourné la tête vers lui et sondait ses prunelles, ses yeux sombres dans la nuit. La lune, bien haute dans le ciel et qui entamait sa descente, les parait de reflets changeants et révélait la clarté des iris noisette piquetés d'ambre, si proches de ceux de Howl, qui avait le regard plus clair. Ses yeux...une des parties de son physique que Sed aimait le moins, et qui plaisait le plus aux autres, eh oui, pas de bol...Et sachant déjà qu'il n'aimait pas du tout son physique, cela voulait dire que vraiment, s'il avait pu changer de couleur d'yeux, il n'aurait pas hésité.
Et puis, Howl regarda la lune tandis que Sed laissait courir son regard vers la Rivière de l'Oubli dont ils longeaient la rive. La rivière boueuse et sombre en plein jour, apparaissait ici comme teintée d'argent, mercure filant à toute allure sous une lueur opaline et lunaire. Les choses, baignés de l'argent de l'astre de nuit, semblaient différentes bien que semblables, comme une autre nature qui se révélait de nuit. Sed jeta un coup d'oeil vers Howl...Bien qu'ils aient beaucoup discuté à Yomi, c'était ce soir que, en réalité, ils s'en étaient le plus dit. Ce soir qu'ils s'étaient vraiment confiés, même au fil de grognements et d'engueulades, même d'humeur morose. Cette lune avait-elle donc un pouvoir étrange? Sed releva les yeux vers le disque qui le narguait là-haut, et rêva un instant qu'il pouvait la toucher. Voler, plus haut que tout, au-dessus des orages et des hommes, voler vers un ciel que jamais personne n'atteindrait...Quelquefois il aurait aimé être un animal volant, un de ceux qui étendent leurs ailes et planent sur le vent, libres, si libres! Et bien sûr, sa forme de panthère lui plaisait, mais...parfois il aurait aimé pouvoir voler. Le jeune homme coula un nouveau regard vers Howl. Lui, il se transformait en chauve-souris, c'était bien ce qu'il lui avait dit, n'est ce pas? Alors, lui pouvait voler...chanceux...Sed se morigéna intérieurement. Allons, depuis quand enviait-il les métamorphoses des autres? Howl ignorerait toujours tout du plaisir d'être un prédateur, de la joie de sentir la vigueur de muscles de félin. Il ne saurait jamais à quel point la forêt, sombre et effrayante, pouvait devenir havre de paix et terrain de jeu, ne connaîtrait rien du plaisir de la chasse ou simplement de celui d'une course dans les jeux de clair-obscur des frondaisons, de l'exubérance de bonds surhumains. Chacun son univers, chacun son domaine, Howl connaissait le ciel, mais il y avait des choses que Sed vivait au sein de son propre monde, et que la chauve-souris ne découvrirait jamais. Alors...Howl avait à nouveau tourné ses yeux vers son frère et cette fois, leurs regards se croisèrent. Et l'aîné du félin se figea net.

Dans les prunelles de son frère, Sed, qui s'était arrêté lui aussi, lut une terrible répulsion qu'il connaissait bien pour l'avoir vécu. Cette horreur, cette haine, cette rancoeur aussi et puis, tous ces sentiments troubles qu'il voyait dans les yeux de Howl, il les avait expérimenté lui aussi...Il ressentait toujours ce même dégoût lorsqu'il croisait un ivrogne, lorsqu'il voyait un homme battre une femme ou un gosse, lorsqu'il se voyait, lui-même, dans un miroir. A chaque fois ressurgissait sous ses yeux, dans son esprit, l'image de son père. Il n'avait alors pas plus de six ans mais les images qu'il en avait conservé étaient d'une effroyable netteté...il lui arrivait même d'en rêver, mais cela, il ne l'avait pas dit à Howl. Il aurait pu en rire...Mais dans tous ces êtres pourtant étrangers, Sed revoyait son père, le père qui n'en avait pas été un, celui à qui il devait ce physique avantageux, mais dont il ne voulait pas. L'ivrogne qui rentrait chaque soir fin soûl et battait sa femme, ou bien, pour peu que l'enfant ait voulu s'interposer ou se soit juste trouvé sur sa trajectoire, le petit. Les bleus, les bosses, les marques cuisantes...C'était comme s'il les sentait à nouveau, les coups qui le laissaient brisé, meurtri, le cœur en miettes, sur son lit, le soir. Il se souvenait de tout...l'odeur d'alcool ranci qui flottait toujours autour de cet homme qu'il avait appris à haïr peu à peu, l'odeur du sang parfois, le sien, lorsqu'un des coups lancés au hasard heurtait le nez ou bien la bouche, le goût fade du sang sur sa langue et celui, amer, des pleurs qu'il tentait de retenir, ne voulant pas montrer sa faiblesse. La sensation de brûlure d'une gifle, le heurt brusque et douloureux parfois d'un coup de coude ou d'une bourrade. Lorsqu'il se rappelait tout ça, il n'était plus si loin du petit garçon qui avait souvent subi les coups sans les rendre, trop jeune, trop petit. Et parfois quand il levait les yeux, se voyait dans une vitre, c'était son père qu'il voyait et qu'il voyait si nettement qu'il sursautait souvent.
Pourtant, voir dans les yeux de son frère le regardant ce qu'il ressentait, lui, si souvent, fit au jeune homme l'effet d'une véritable gifle. Prends toi ça dans les dents, mon bonhomme...Sed serra les dents pour ne pas grimacer de colère, mais il était déçu, terriblement déçu. Triste, oui, de voir cette expression là dans les yeux de Howl dont le visage conservait pourtant une effrayante neutralité. Blessé, c'était le mot, blessé presque autant physiquement que moralement. Et, comme une bête blessée qui montre les dents, Sed recula vivement en décryptant le regard de Howl, sachant trop bien ce que voyait son frère, resta immobile une seconde, faillit parler, se reprit, prit une grande inspiration entre ses dents serrées et gronda, parvenant de justesse à conserver un ton calme. Non, ne le conservant pas:

« Je sais bien que je suis son portrait craché...j'ai eu tout loisir de m'en rendre compte! Et je...ah, si tu savais combien de fois j'ai maudit ce hasard qui me condamne à lui ressembler, à lui, le dernier type auquel j'aurai voulu ressembler! Je... »

Sed se détourna vivement, cherchant ses mots, enrageant de ne pouvoir s'exprimer, frustré de ne pas parvenir à expliquer à Howl à quel point son regard venait de le blesser. Et pourtant il savait bien que ce n'était pas la faute de son frère, et il le comprenait, bien sûr, mais...cela fait toujours mal de se prendre ça dans la figure, non? Il marcha un peu, vers la Rivière si proche dont ils suivaient les rives, et s'arrêta face à l'eau. Croisa le regard de son reflet et détourna les yeux en frémissant. Il avait l'air fier, cet homme de vingt ans qui sursautait comme un gosse de six ans en croisant son propre regard...Chaque fois qu'on lui parlait de son physique, c'était un petit pincement au cœur de plus, un frémissement tandis que l'image de son père se dessinait sous ses yeux.
Pourquoi? Pourquoi fallait-il que, quatorze ans après, l'ombre de ce salaud ivrogne, violent, plane encore comme une créature aux ailes sombres sur sa vie? Pourquoi est qu'il devait ressembler à ce type, qu'il haïssait tant? Et comment aurait-il pu accepter de ressembler à cet homme?
Immobile face à la Rivière, Sed baissa les yeux, recula un peu et se retrouva ainsi proche de son frère, un mètre, peut-être deux, le regard perdu vers l'eau qui coulait. Il avait froncé les sourcils sans s'en rendre compte. Et voilà, parler de son père ou même y faire allusion avait toujours l'art de lui saper le moral et, en plus, de réduire sa patience de façon drastique. Et maintenant en plus, il s'en voulait de s'être énervé contre Howl, qui n'y pouvait rien et surtout, dont il comprenait bien la réaction puisqu'il avait la même. Lui jetant un regard d'excuse, doucement, d'une voix calmée, il reprit:

« Howl? Je suis désolé, j'avais pas l'intention de m'énerver, mais...Enfin, excuse moi.
Moi aussi tu sais...chaque fois que je croise mon propre regard dans le miroir, c'est lui que je vois. A chaque fois...même si ça fait quatorze ans qu'il est mort. »

Il soupira et eut un rire plein d'amertume:

« Je dois avoir l'air idiot à sursauter chaque fois que j'aperçois mon reflet dans une glace sans m'y attendre. »


Il détourna le regard de son frère, et les deux reprenaient leur marche lorsque Howl, paumé dans ses pensées, se vautra à moitié dans les herbes. Sed, qui l'avait vu trébucher, tendit le bras et s'avança pour le rattraper, mais une fraction de seconde trop tard, et il parvint à peine à effleurer l'épaule qu'il avait voulu attraper. Howl se vautra dans les herbes carnivores des rives mais, avant que Sed ait pu réagir cette fois ci, il se transforma en une petite bête ailée qui décolla immédiatement. Sed le suivit des yeux. Une chauve-souris...voyant que Howl peinait avec une aile, il envisagea un instant de l'attraper au vol puis se dit que c'était un coup, vu le caractère de son frère, à se faire bouffer le doigt. De toute manière, il n'eut rien le temps de faire avant que Howl ne redevienne humain et ne s'agrippe de sa main valide à l'épaule de Sed. L'épaule du bras blessé, oups. Sed ne s'y attendait pas mais il ne s'écarta comme il l'aurait fait si ça avait été quelqu'un d'autre, au contraire, il attrapa le bras valide de son frère pour lui éviter de finir par terre, le nez dans le gazon carnivore.

« Oh là, ça va? »


Ils avaient l'air malins, les deux frères dont l'un venait de manquer se vautrer et l'autre venait de le rattraper...Sed allait dire quelque chose lorsqu'il sentit que ça clochait. Fronça les sourcils en détournant la tête un instant, sentant un léger vertige s'emparer de lui, vacilla peut-être un peu, il ne se rendit pas vraiment compte durant la fraction de seconde que dura cet étourdissement. Il prit une inspiration un brin plus forte que les précédentes et croisa le regard de Howl tandis que ses yeux, aveuglés par un rideau sombre un instant, fonctionnaient de nouveau. Tenta de sourire:

« Aah, ils ont dû cogner plus fort que je ne pensais. J'ai la tête dure mais quand même... »


Il secoua la tête brièvement, un petit geste, et grommela entre ses dents, agacé de cette faiblesse passagère. Bon, son bras ne saignait plus trop, c'était déjà ça. C'est vrai quoi, après avoir maculé toute sa chemise...Il prit à ce moment conscience qu'il avait du sang sur l'oeil et l'essuya d'un geste vif. Le liquide rouge provenait de son arcade sourcilière écorchée par le coup de bâton qui l'avait à moitié assommé. Rien de grave, juste impressionnant.

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