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 Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)

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Pèlerin sans Monde

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MessageSujet: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Mer 21 Juil 2010 - 17:10

C'est dans ce monde haïssable que tu vis à présent,
Avec pour seule pensée de rejoindre ton monde d'antan.
Ne perds pas espoir car tu risques de désespérer
Mais garde ton ambition malgré que tu te sois égarée.

Les rayons du Soleil commençaient à éclaircir le ciel. L'aube se montrait, inlassablement parfaite, ne se souciant nullement des problèmes humains. Que la Terre devait vivre paisiblement. Elle tournait autour de l'astre solaire. Elle tournait autour d'elle même, répétant chaque jour, chaque mois, chaque année, la même chose. Elle était touchée, éternellement, par les rayons brûlant du Soleil. La seule chose qui n'allait pas dans sa monotonie était l'existence humaine en son sein. Elle devait supporter sur sa croûte l'imbécilité humaine et les destruction qu'ils engendraient. Beaucoup ne se rendaient pas compte de la beauté naturelle de leur planète. L'aube que l'on apercevait à présent par exemple était d'une beauté sans limite. Mais elle était éphémère et bientôt, elle disparaîtrait pour laisser place au jour qui serait synonyme de « Réveil des imbéciles » puis les nuages allait recouvrir la beauté du soleil, le temps se ferait orageux, comme toujours ici.

Avant que tout cela ne se produise, une jeune femme décidait de profiter de la beauté provisoire de ce lever de Soleil. L'astre était la seule chose qui pouvait lui rappeler son monde. Il se montrait peu dans l'Archipel. Pourtant, souvent, le matin, elle apercevait quelques rayons de Soleil, une once de chaleur et de beauté dans ce monde gris et terne. La demoiselle se trouvait assise sur un arbre, les jambes dans le vide, appuyée légèrement sur le tronc. Elle semblait tellement mince et petite qu'on n'aurait pas donné plus de 17 ans à cette femme qui en avait 22. On ne pouvait dire comment elle était vêtue car elle portait une longue cape couleur cuivre qui lui recouvrait entièrement le corps et cachait son visage. Seuls deux yeux dorés brillaient, appelés par la force des flammes du Soleil. Elle resta ainsi un moment, attendant que l'astre soit complètement levé et soit recouvert par les nuages grisonnant du ciel.
Après quoi elle soupira et sauta de la branche située à quelques mètres du sol avant de se réceptionner avec souplesse sur le sol feuillu. Elle récupéra son sac à baluchon au pied de l'arbre et le mit sur son épaule droite. Elle avança alors rapidement entre les arbres et arriva à la limite de la forêt. Là elle s'arrêta, son corps empreint d'un frisson de dégoût. Les murs noirs de Raïkaïd'Jan se dressaient devant elle, cité imprenable qu'elle détestait. Cependant, elle se trouvait être la seule véritable ville de l'Archipel. Elle ne pouvait donc pas aller ailleurs pour acheter ce dont elle avait besoin. Et puis surtout, elle cherchait. Elle cherchait le gardien de la Foudre, inlassablement. C'était sans doute pour cela qu'elle allait à Raïkaïd'Jan tous les jours, espérant qu'un jour elle le reconnaîtrait, ne sachant cependant pas comme elle pourrait l'identifier. Ce fut donc après un nouveau soupir qu'elle s'avança vers les portes de la ville, gardées par deux gardiens bien formés. Alors qu'elle s'apprêtait à entrer dans la ville, elle vit deux lances se croiser pour lui barrer le chemin. Que se passait-il donc encore ? Cela faisait quelques jours qu'elle assistait toujours à cette même cérémonie. Ils la regardèrent de haut avant de lui enlever son capuchon, découvrant son originale chevelure colorée. Ils la reconnurent pour l'avoir vu passer les portes la veille au matin. Après un « Par Donar, encore toi ? » et un « Tu vis dans la forêt ou quoi ? », la jeune femme les regarda avec une froideur et une dureté qui n'allaient pas avec son apparence enfantine. Elle eût droit à un rire accompagné d'un « Elle est muette ou quoi ? » avant qu'ils ne séparent les lances et la laisse passer. Toujours le même cirque. Cela en devenait lassant. Elle supposait que des hérétiques devaient être recherchés pour que la surveillance soit si accrue. Elle entra donc dans la ville en remettant son capuchon, se posant encore et toujours des questions sur comment les gens pouvaient croire à un Dieu.

Il était tôt et les magasins ouvraient alors qu'elle traversait les rues, enveloppée dans sa cape. Les gens, affairés à l'ouverture de leurs boutiques, trouvaient cependant le temps de la fixer alors qu'elle marchait rapidement vers le centre de la ville. Etait-il si rare de voir une demoiselle encapuchonnée marcher dans les rues de la ville ? Peut-être. Toujours était-il qu'elle ne leur prêtait pas attention, continuant sa marche. Elle détestait cette ville. Elle tourna dans une petite ruelle et entra dans un magasin qui vendait de nombreux vêtements. Elle ne jeta pas un coup d'œil aux étalages et alla directement voir le vendeur qui se tourna vers elle, en soupirant.


    « Encore toi. Qu'est-ce que tu m'apportes ? »


Elle enleva son sac de sur son épaule et l'ouvrit. Elle en ressortit deux vêtements d'hommes et les posa sur le comptoir.

    « J'en prendrais 200 pièces, pas moins.
    -Tu es bien exigeante aujourd'hui. », dit-il en dépliant les vêtements.


Elle ne dit rien et attendit qu'il ait fini de tout examiner. Puis ils marchandèrent le prix. Lui proposant 150, elle 190. Finalement, elle réussit à en avoir 180, ce qui était bien supérieur à la qualité des vêtements. Mais dans ce monde, il fallait apprendre à duper les autres pour ne pas être duper soi-même. Alors qu'elle sortait de la boutique, sac sur l'épaule, son ventre émit un bruit affamé. Elle soupira et se dirigea vers la rue principale. Y aurait-il une sorte de taverne ouverte à cette heure-ci ? Un peu de riz et une soupe d'algues ne la dérangerait pas vraiment. Arpentant les rues, son sac se balançant, elle cherchait nonchalamment un petit lieu de restauration ouvert. Voyant au loin une enseigne en bois se balancer, elle s'approcha. Il se trouvait environ une dizaine de personnes à l'intérieur, ce qui était beaucoup à cette heure-ci. La taverne devait être assez réputée. Cela était parfait. Elle passerait inaperçu.

Elle poussa la porte et rentra. En effet, personne détourna son regard vers elle, excepté le serveur derrière son comptoir. Elle alla s'asseoir à une table un peu reculée par rapport au reste des clients et constata qu'elle n'était pas la seule à être un peu à l'écart. Elle n'eût à attendre que quelques secondes avant de voir un jeune homme approcher pour prendre sa commande. Il ne devait pas être bien plus âgé qu'elle.
Fidèle à sa religion, il salua d'un « Que Donar bénisse votre journée. Que souhaitez-vous commander ? ». Elle récita rapidement sa commande et le jeune restaurateur s'en alla après l'avoir marqué, les sourcils froncés. Après tout, habituellement, les gens répondaient « Que Donar vous bénisse aussi » ou ne serait-ce qu'un « De même » suite à ce salut mais elle n'en dit rien. Il pensa alors qu'elle était simplement de mauvaise humeur. De son côté, elle dégrafa sa veste et l'enleva, se découvrant ainsi le visage et le corps. Elle était vêtue d'une robe légère, volante, couleur kaki et portait toujours à ses mains et à ses chevilles les bracelets d'or du Royaume de Feu. A son cou, le pendentif en forme de Lune, jumeau de celui de son cousin, pendait doucement tandis que certaines personnes se tournaient vers elle à la vue de ses cheveux étrangement colorés. Elle avait l'habitude. Il était contradictoire que quelqu'un qui ne souhaite pas particulièrement se faire remarquer se colore ainsi les cheveux. Mais elle aimait tellement ça dans son monde qu'elle ne pouvait se résoudre d'arrêter de le faire. Toujours était-il qu'elle ignora les regards et attendit que son petit déjeuner arrive. Ce qu'il se passa quelques minutes plus tard. Le jeune homme arriva, un peu surpris de voir une femme si jeune et si exubérante ici. Mais elle lui jeta un regard froid et il se contenta de poser le bol de riz et la soupe d'algue avant de retourner derrière le comptoir et parler avec les autre clients.

Elle regarda son repas d'un air un peu dégoûté et prit sa cuillère avant de commencer à manger. La nourriture d'ici était tellement moins bonne que celle que l'on trouvait dans son Royaume. Elle aurait du y être habitué à présent. Cela faisait cinq ans qu'elle vivait ici après tout. Mais jamais elle n'avait semblé plus étrangère à ce monde que ces derniers temps. Elle se contenta de remuer sa soupe sans la boire, son riz même pas entamé alors que son ventre criait famine. Elle soupira et commença à boire l'eau bouillante sans vraiment de goût puis reposa doucement le bol, perdue dans ses pensées. Puis une femme plus âgée qu'elle s'approcha. Mÿa releva lentement la tête. La femme la regardait, comme en colère :


    « Pourquoi donc une jeune femme comme toi fait tant de mal à son corps offert par Donar ? »


Elle mit du temps à saisir la signification de ses mots. Ce ne fut qu'en voyant le regard de la femme tourné vers ses cheveux qu'elle soupira, sans rien dire. Cette femme semblait être un des gérants de la taverne. Sans doute la mère du jeune homme de tout à l'heure et la femme du véritable patron. Elle ne souhaitait apparemment pas partir. Mÿa se demanda quelle était l'utilité pour elle de savoir pourquoi elle teintait sa chevelure. Les gens d'ici se mêlent un peu trop des affaires des autres.

    « Écoute jeune fille, je dis ça pour toi. Si un de nos bien aimés prêtres te voyait ainsi, il penserait que tu es une hérétique. Contente-toi d'être normale. »


Cette femme était bruyante et se mêlait de ce qui ne la regardait absolument pas. La jeune femme soupira et planta sa cuillère dans son bol de riz avant de répondre d'une voix basse :


    « Vos conseils ne m'intéressent absolument pas. Il ne me semble pas vous avoir demandé quoique ce soit. Auriez-vous l'obligeance de partir ? Cela m'arrangerait grandement. »


Choquée, la femme ne dit rien. Comment cette petite pouvait-elle se ficher d'être considérée comme hérétique ? Le serait-elle ? Dégoûtée par cette attitude, elle s'éloigna, la laissant de nouveau seule. Mÿa lui en fuit reconnaissante. La solitude était toujours meilleure que la présence d'un énergumène aveuglé par une religion absolument inutile. Mÿa se reconcentra sur son bol de riz alors que quelqu'un approchait de nouveau.


L'imperfection a jeté un coup d'oeil en grande quantité
L'expression avalée dans la perfection
Moi qui chante du noir à nouveau. Moi qui teins en noir à nouveau
L'insulte qui a brisé ma tête tant de fois
Leech - The GazettE

1782 mots selon Open Office (long pour pas grand chose, désolée >.<)
Arrondis à 1800 mots, ce qui nous fait 36 points d'expérience .
LEVEL UP! Niveau 13 .
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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Jeu 22 Juil 2010 - 16:48

    Il n'avait jamais été un grand adepte de la grasse matinée . Dire qu'il se levait en même temps que le soleil aurait peut-être été un peu exagéré, mais il ne dormait pas non plus jusqu'à midi . En général, Regnard n'avait donc pas besoin d'énormément de sommeil, et son temps de repos avait encore été revu à la baisse depuis la fermeture des portes . Admettre être préoccupé par ce genre de choses lui répugnait, mais il fallait tout de même se rendre à l'évidence : il n'aurait sans doute pas craché sur un éventuel retour, une opportunité de rentrer chez lui . Il avait beau s'être assez bien " intégré " au milieu de la populace de l'Archipel, sans être vraiment fondu dans la masse non plus, son atelier et ancien niveau de vie lui manquaient .

    L'astre du jour avait donc fait son apparition depuis quelques heures lorsqu'il se leva enfin, les cheveux ébouriffés et la bouche pâteuse . L'une des raisons qui faisaient qu'il dormait assez mal dans cet autre monde, c'était sans doute la chaleur : l'Archipel comprenait quelques bons degrés de moyenne en plus par rapport aux îles de l'Air . Ici, il n'y avait quasiment pas d'hiver, ou pas la moindre trace de neige ou de glace en tout cas, et même après trois ans, Regnard avait encore un peu de mal à s'habituer à ce climat des plus tropicaux . Dès son arrivée, il avait entreprit de louer une petite chambre dans l'un des rares " hôtels " - si l'on pouvait vraiment les appeler comme ça - de RaïKaïD'Jan . À l'origine, il était partit sur un séjour d'une durée de six mois, ce qui devait lui laisser une marge de temps assez importante pour pratiquer ses recherches, et voir un peu de pays . Le peuple de la Foudre n'était pas vraiment composé de férus de la technique, aussi n'avait-il pas grand chose à faire de ce côté-là, mais tous les monuments érigés en l'honneur de leur dieur, Donar au puissant marteau, compensaient largement . Les secrets derrière leur confection, ainsi que les matériaux dans lesquels ils étaient faits, tout cela suffisait à égailler sa curiosité . Aussi, durant les premiers temps de son séjour, il avait fait ce que tout bon habitant de l'Archipel se doit de faire : il était allé " prier Donar " . ... Bien sûr, Regnard était bien loin d'être le type croyant . On pouvait même assurer qu'il faisait partie de l'une des tranches d'individus qui s'éloignaient le plus de tout ce qui était religieux . Mais assister à toutes ces cérémonies lui avait au moins permit d'examiner les structures des temples et constructions diverses à loisir . Et puis, soyons honnêtes, c'était également là un facteur d'intégration assez important . Rapidement, il avait en effet remarqué que, non contents d'être dévoués coeur et âme à leur divinité, les élémentaux de la Foudre vouaient également un dégoût profond, si ce n'est une haine virulente, à ceux qui ne faisaient pas de même, les Hérétiques ... Pourtant, après avoir examiné temple et autres intéressants monuments en long, en large et en travers, il s'était rapidement dispensé de cérémonies, celles-ci lui ressemblants plus à de gigantesques réunions de fanatiques et de futurs désillusionnés qu'autre chose . Conscient que cela risquait sans doute de lui attirer les foudres - c'est le cas de le dire - de nombreux religieux et plébéiens, Regnard conserva quand même tous les us et coutumes en rapport avec le culte de Donar . Des simples salutations du matin, aux bénédictions pompeuses, en passant par les fêtes nationales, toutes portaient le nom du dieu . Respecter les croyances des habitants de l'Archipel ne lui demanda pas beaucoup d'efforts en vérité : il n'avait jamais été bien regardant à ce niveau-là . Il n'était pas vraiment du genre à dénigrer ouvertement autrui, sachant que cela attirait généralement plus de problèmes qu'autre chose . Étant originaire des îles de l'Air, il était techniquement parlant né sous le signe d'Icare, le dieu à tête d'aigle et à corps d'homme, celui qui engageait chaque jour durant un combat sans merci contre le soleil et la terre, afin d'empêcher ses enfants de se brûler les ailes au contact du premier, ou de s'écraser sur la seconde . Pourtant, ayant passé une bonne partie de son enfance à Atlantis, il était tout aussi concerné par Charis et Thalis, les dieux jumeaux, maîtres des océans . Mais Regnard ne croyait pas en Dieu, que ce soit l'un ou l'autre ... Ou plutôt, l'existence d'un être supérieur, dissimulé on ne sait où à regarder les hommes se taper dessus, l'indifférait complètement .

    Après avoir passé une chemise propre, un foulard bleuté, s'être rasé et lavé le visage et mis un peu d'ordre au milieu de ses mèches claires, Regnard attrapa canne, chapeau, ainsi qu'un léger gilet dépourvu de manches avant de sortir dans les rues déjà animées de la capitale . D'ordinaire, il se couvrait également d'un manteau plus ou moins épais et de coupe étrange, mais depuis son arrivée dans l'Archipel, cette habitude vestimentaire avait tendance à s'effacer : il faisait beaucoup trop chaud ici . Même en évitant de se montrer aux cérémonies en l'honneur de Donar, il n'avait au final pas beaucoup de problèmes . Peut-être était-ce grâce à l'usage qu'il faisait des différentes formules de politesse honorant la divinité, son apparence générale, ou simplement le fait qu'il venait d'un autre Monde ? Un Monde qu'il évitait d'ailleurs de mentionner, restant assez vague sur la question : les habitants de l'Archipel de la Foudre n'étaient généralement pas en très bon rapport avec ceux de l'Air, tout cela remontant à la vieille guerre, celle qui sépara définitivement les deux éléments . Toujours est-il qu'il passait généralement pour un étranger original, un peu fou sur les bords, mais pas pour un dangereux Hérétique . Et c'était très bien comme ça . Sachant qu'il n'avait aucun moyen de fuite, la Porte de l'Air s'étant refermée depuis trois ans déjà, et le Gardien de la Foudre ne faisant pas mine de montrer le bout de son nez, se mettre à dos la quasi-totalité de la population de l'Archipel était bien la dernière chose dont il avait besoin ...

    Aujourd'hui était jour de marché dans la capitale . Et comme à son habitude, Regnard fit tranquillement le tour des différents échoppes, guettant quelque chose d'intéressant . Il ne tarda pas à tomber sur un stand qui attira son attention : en plus d'un nombre assez important de montres à gousset, il y avait également là une horloge de grand-mère d'apparence assez ancienne, ainsi que de nombreux petits gadgets plus ou moins familiers . D'un oeil averti, il passa en revue les différentes pièces d'horlogerie, avant d'en déduire qu'elle ne valaient sans doute pas grand chose, ou ne feraient pas long feu dans tous les cas . L'une des montres, qui s'accrochait au poignet cette fois-ci, lui sembla même déjà cassée .

    « Alors Monseigneur, on est intéressé ? C'est une affaire, seulement cinquante pièces d'or !
    - ... de la camelote
    , marmonna l'Horloger, tout en fronçant légèrement le sourcil, le seul qui n'était pas dissimulé par une flopée de cheveux blancs .

    Le vendeur ne parut pas s'en offusquer le moins du monde, et afficha un sourire qu'on aurait pu prendre pour désolé en haussant les épaules, tandis que Regnard poursuivait son investigation . Son regard s'arrêta sur une boîte à musique à la peinture quelque peu écaillée, dans les tons azurés . Elle ne se distinguait pas vraiment du lot, paraissait même en plus mauvais état que certains des articles, et pourtant ... Pourtant, elle attirait son attention . Elle avait un petit quelque chose d'original, d'intéressant, un quelque chose sur lequel il n'arrivait pas à mettre le doigt, mais qui aiguisait indubitablement son appétit de professionnel .

    « Combien pour celle-ci ? , demanda-t-il en désignant la petite boîte aux ornements dorés . Ce fut au tour du vendeur de hausser un sourcil, jurant dans sa moustache en se grattant le front .
    - Eh bien ... C'est que je ne m'attendais pas à la vendre : elle ne vaut pas grand chose . Vingt pièces tout au plus .
    - C'est tout à fait dans mon budget
    , répondit-il en affichant un grand sourire ravi . Il plongea la main dans sa bourse, en ressorti les pièces et, après les avoir déposées devant le moustachu, enleva son chapeau pour y déposer la boîte à musique, puis le reposa sur son crâne . On put entendre un petit miaulement indigné quelque part sur sa tête .
    - ... Pardonnes-moi Chessie, je t'avais oublié, ajouta-t-il en riant à demi . Sur ce, bonne journée mon cher, que Donar vous apporte la bonne fortune et bénisse votre chemin .
    Et Regnard s'en alla, laissant un vendeur interloqué fixer son léger haut-de-forme bleu alors qu'il s'éloignait .

    Tout cela lui avait ouvert l'appétit, aussi l'Horloger décida-t-il qu'il était temps de penser à prendre son petit-déjeuner . Il se dirigea donc vers une auberge, non loin du centre de la ville . C'était généralement là qu'il prenait la majorité de ses repas, on aurait donc pu sans problème le qualifier " d'habitué " . Aussi ne fut-il pas très étonnant de voir le serveur lui adresser un signe de tête dès qu'il entra et s'approcha du comptoir .
    « Bien le bonjour Mr . Regnard, puisse Donar veiller sur votre journée . De la poiscaille, comme d'habitude je suppose ?
    - De même
    , répondu l'intéressé en souriant . Et oui, du poisson fera très bien l'affaire .

    Après une inclinaison du chef de la part du serveur, Regnard observa la fréquentation de la taverne un peu plus en détail . Comme toujours, il y avait du monde, mais aujourd'hui encore plus que d'habitude ... Jour de marché, que voulez-vous ? Il aurait sans doute du mal à trouver un morceau de tranquillité au milieu d'une foule comme celle-ci, encore moins une table de libre . Son oeil écarlate se baladant entre les différents convives, il avisa alors une jeune fille qui attira son attention . Tout dans son apparence criait " Je ne suis pas d'ici " , de son teint cuivré à ses vêtements colorés accompagnés de bracelets dorés, en passant par ses goûts capillaires des plus colorés . Les étrangers étaient assez rares dans l'Archipel, et étaient normalement des voyageurs d'entre les Mondes, de passage pour peu de temps . Bien sûr, une telle raison était devenue bien peu probable au vu de l'état de la Porte, ce qui rendait cette fille encore plus étrange . C'était ... intéressant . Toujours affublé de son éternel petit sourire, Regnard se dirigea donc vers le fond de la salle et s'installa à la même table que la demoiselle, une ou deux chaises plus loin . Il était apparemment bien le seul dans ce cas, ou elle semblait tout du moins faire fuir le reste de la population de l'auberge comme si elle avait la peste . Hum ... Hérétique peut-être ? Il déposa son haut-de-forme sur une autre chaise, juste à côté de lui, et un chat au pelage blanc comme neige en émergea rapidement, lui adressant un miaulement indigné, la boîte à musique dans la gueule .
    « ... Je t'ai déjà dit que j'étais désolé, murmura-t-il à l'attention du félin en fronçant les sourcils .

    Le serveur lui apporta ensuite rapidement son plat, une soupe de poisson accompagnée de pain et d'une assiette de saumon ou quelque chose d'approchant . Regnard déposa un peu de ces derniers dans son chapeau, à l'attention de Cheshire . Il ne se faisait pas le moindre de soucis quand à l'état dans lequel il retrouverait son couvre-chef : son chat avait toujours été d'une propreté exemplaire, nettoyant parfaitement bien son écuelle de tout résidu de nourriture . Le futur de la boîte à musique l'inquiétait cependant un peu plus ... Les félins avaient tendance à être sacrément rancuniers .


    2012 mots arrondis à 2000 ;
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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Ven 23 Juil 2010 - 1:43



Le soleil renaissant derrière la ligne d’horizon laissait ses rayons ardant caresser avec douceur les murs froids de la ville. Ses murailles sinistres furent un instant moins sombre qu’auparavant, resplendissant d’un étrange éclat. Silencieuse, Raikaid’jan attendait que les lueurs du matin s’estompent, attendait patiemment ce nouveau jour qui s’annonçait.

Quelques personnes s’agitaient déjà sur les balcons, les rues se voyaient parcourus par quelques habitants encore ensommeillés, guère propice à observer la nature qui s’offrait à eux. Cela en était devenu tellement habituel qu’il n’arrivait même plus à savourer ce simple instant. Préoccupé par leurs affaires, par leur petit train de vie. Par leurs soucis, leurs problèmes, leurs joies, leurs inquiétudes, il n’arrivait même plus à s’extirper de leur petit monde, renfermé sur eux même.

Cela avait une certaine importance, une certaine place dans le cœur de ces hommes, qui arrivaient à apprécier tous ces moments qui se répétaient inlassablement mais qui était devenu leur quotidien. C’était leur vie et la plupart la chérissait.

Et pourtant perché en haut d’un bâtiment quelconque, un jeune homme encore endormi, observait sans le voir, le ciel rosit par le levée splendide du soleil. La lumière encore très faible éclairait son visage fatigué. Cette nuit, comme toutes les autres nuits depuis quelques temps, il avait dû dormir (ou du moins essayer) sur l’uns des innombrables toits de la ville.

Mais cette nuit avait été pire que les autres… Car cette fois ci il avait reelement cru qu’il allait enfin pouvoir dormir dans un vrai lit. La petite auberge qu’il avait réussi à dénicher ne l’avait pas jeté dehors et lui avait proposé l’hospitalité. La charmante gérante ne l’avait pas reconnu, ils avaient longuement discuté tout deux (comme cela faisait du bien d’avoir une conversation courtoise !) et il avait appris qu’elle était originaire de la campagne. Lynda, tel était son nom, venait à peine de s’installer ici.

En petite paysanne ignorante elle ne connaissait pas son visage, ni son nom.

Et alors qu’une nuit agréable, passé dans un bon lit l’attendait, il avait fallu que de « joyeux » citadins débarquent. Leurs yeux s’étaient immédiatement posés sur lui, ils n’avaient pu s’empêcher de venir embêter le « sale hérétique » et s’en prendre à la pauvre tavernière qui avait dû jeter dehors. Après tout, ils étaient sept, c’était plus profitable de perdre un client que sept.

Davon c’était donc retrouvé dehors, acculé par quelques roublards, bien décidés à s’amuser avec lui cette nuit. Ce qui n’était pas du tout au gout de Davon. Avant qu’il n’ai pu s’enfuir il s’était recolté un joli coup qui lui avait ouvert l’arcade sourcilière.

Le blond grimaça lorsque ses doigts passèrent sur la blessure à peine refermé. Il pouvait sentir la peau meurtrie et gonflée. Il faudrait qu’il aille soigner cela, mais avant cela, il fallait vraiment qu’il essaye de se faire plus discret.

Il avait tendance à oublier que les gens de la ville voulaient ardemment sa mort. Bien qu’ils évitaient de trop venir l’embêter, les citadins préféreraient vraiment avoir quelqu’un de plus… de plus correcte. Ils auraient franchement préféré que Davon soit resté un gentil prêtre, obeissant.

Tout le monde aurait été heureux au moins.

Davon poussa un soupir avant de se relever et de s’étirer longuement. Le gardien grimaça sombrement lorsqu’il entendit les os de son dos craquer. Son manteau bien trop fin ne pouvait pas remplacer un matelas confortable et sa sacoche bien trop dure pour remplacer un oreiller. Et son corps ne semblait pas s’habituer à ces nuits humides passées à même le sol. Le froid s’était insinuer en lui et sa voix légèrement roque laissait présager un bon rhume.

Il se pencha pour ramasser son manteau et le remit sur ses épaules. Bien qu’il ne fasse plus vraiment froid, il avait l’impression d’être moins « nu » fasse au regard du reste de la population. Le vêtement était confortable (sur son dos) et le gardait au sec lorsque les sombres nuages se déversaient sur la ville.

Davon s’approcha du bord du toit, observant les hommes, si petits, marchés dans les rues sombre du RaiKaiD’Jan. Silencieux, le blond se dirigea vers l’endroit où il avait réussi à escalader la demeure.

Lorsqu’il fut arrivé devant les deux mètres qui le séparaient du sol, il laissa sa forme animale reprendre le dessus. Un félin au pelage dorée, ternie fit son apparition. Le chat sauta avec souplesse sur le toit du petit bâtiment qui se trouvait en contre-bas avant de bondir sur des poubelles et de ce réceptionner avec adresse sur le sol froid de la ville ; Automatiquement, le jeune homme réapparu. Il arrangea son manteau bleu gri, parfaitement en accord avec son pantalon qu’il ne tarda pas à épousseter. Il essayait d’enlever le plus de poussière possible. Il ne voulait vraiment pas avoir l’apparence d’un homme qui venait de passer sa nuit dehors mais les cernes sous ses yeux laissaient voir à tout œil averti qu’il n’avait pas dormi une nuit pleine depuis bien longtemps.

Il s’avança dans la rue, se mêlant à la foule qui se dirigeait vers le marché centrale. Tout ce monde autour de lui qui le poussait le frôlait était extrêmement désagréable. Les voix enjoués qu’il pouvait entendre ou encore les cris sans timbre des commerçants emplissaient ses oreilles.

Et seul au milieu de cette foule hostile, il se sentait incroyablement vulnérable.

Il inspira longuement avant de poser sa main sur la manche de son arme, l’un de ses doigts vint caresser le fourreau dans un geste réconfortant. Cette présence qui battait son flanc à chaque pas était le rassurait à bien des égards. Elle lui rappelait l’époque où il était encore en compagnie des autres gardiens et de son amie. Il s’était acheté cette arme au royaume de l’air, totalement séduit par le style de l’arme et la technique employé lorsque l’artisan (qu’on pouvait qualifier d’artiste à ce niveau-là) avait fait une petite démonstration.

Cela avait été stupide. Accepter et dépenser plus de la moitié de ses pièces pour acheter ses deux épées jumelles avaient été une erreur de sa part. Car le Jian n’était absolument pas faite pour un débutant. Qui était plutôt « bourrins » au commencement car ma lame à double tranchant était incroyablement fragile…

Davon s’arrêta devant un étal de viandes et un instant son ventre émit un grondement de protestation. Sa langue vint pourlécher ses lèvres d’envie. Il se pencha légèrement sur le stand mais le regard que le marchant l’arrêta.

« Par Donar, si je vous vois chaparder un seul de mes fruits, votre séjour sur la terre sacré de Dieu sera de bien courte duré. »

Le jeune homme se redressa totalement, ses sourcils légèrement froncés. Il avait de l’argent pourtant, avait-il vraiment l’air d’un filou ? Le blond secoua la tête avant de s’évanouir dans la foule. De toute manière il ne savait pas encore si il avait assez d’argent pour se soigner. Il valait mieux désinfecté très vite, pour peux qu’il y est une infection… Et sa gorge qui commençait à le faire souffrir ne laissait présager rien de bon.

Le jeune adulte se laissa un instant importé par la foule avant de quitter la place pour rejoindre une petite allée sombre. Quittant avec soulagement toute la populace qui s’était retrouvé sur le marché.

Il se glissa dans la rue étroite et sombre. Ses pas foulant avec assurance l’allée qui était devenu familière au fil du temps. Il s’avança vers le seul palier qui se trouvait là, monta quelques marches, avant de s’arrêter devant le battant en bois. Vieux bois rongé par les termites et d’autres bestioles friandes de ce matériau. La porte avait été tout de même renforcé par des jointures métalliques et des clous qui dissuadaient quiconque de s’approcher sans de bonne attention.

Il leva sa main ganté avant de toquer à la porte. Après quelque instant celle-ci s’entrouvrit laissant apercevoir des yeux abyssaux qui le fixait avec animosité.

« Encore toi ? Je n’aime pas les chats de mauvais augures. Je sais ce que je risque avec toi et je t’ai trop aidé. Surtout que je vois que tu t’es mis dans un état lamentable, regardez-moi ça !! Allez entre, j’ai pitié de toi, pauvre chaton. »

Quel vieillard sénile… Davon sourit et entra dans l’antre de la seule personne qui connaissait son statut et son nom et qui continuait à l’aider. La pièce n’était éclairée que par une seule lampe qui grésillait sinistrement, menaçant à tout moment de s’éteindre. Son regard balaya la salle, s’arrêtant sur la cheminée, remplit de cendre et de charbon froid. Une énorme armoire béante laissait voir nombre de fiole de livre et de feuilles éparpillés.

Le jeune homme ouvrit la bouche, laissant de l’air érafler le fond de sa gorge rougie par la maladie qui commençait à se déclarer.

« Merci. »

Sa parole, inconsciemment, avait été tremblante, un son plus grave et rocailleux était sorti de la bouche pâteuse de Davon.

« … je vois. Cela m’étonnait aussi que tu n’es pas encore sortit une idiotie. »

Davon sourit alors que le vieil homme le foudroyait des yeux en réponse. Elsenf se rapprocha avec du coton et un désinfectant. Bientôt la plaie fut nettoyé –plus ou moins avec douceur- et le vieil homme vint glisser ses doigts dans une gelée verte, assez étrange et vint en appliquer sur l’arcade sourcilière de Davon. Il lui tendit ensuite un gobelet remplit d’une mixture rouge vif, assez épaisse, qui n’inspirait pas du tout confiance. Le jeune homme souleva son sourcil toujours opérationnel en observant le vieil homme étrangement. Elsenf leva les yeux au ciel, exaspéré.

« Est-ce que j’ai l’habitude d’essayer de t’empoisonner ? Bien que ce soit tentant, je ne tue pas mes clients. »

Davon s’empressa alors d’ingurgiter la nourriture. Une grimace tordit violemment ses traits lorsqu’il sentit le gout âpre du « médicament ». Lorsqu’il l’eut fini, il posa le verre sur la table avant de s’essuyer les lèvres avec une serviette.

Le gardien avait encore l’impression d’avoir cette CHOSE dans la bouche et cela le rendait vraiment malade. Sa main glissa dans sa sacoche alors qu’il tirait une bourse qui devait contenir une centaine de pièces. Le vieillard attrapa la bourse, attrapa ce qu’il voulait avant de la lui rendre presque vide.

« Merci gamin. Le remède devrait agir dans une trentaine de minute. En attendant essaye de ne plus t’attirer d’ennuis, je suis fatigué de vois ta tronche dans mon cabinet… »

« …Un cabinet ? »

« La ferme, si tu ne le considères pas comme tel, ne remet plus les pieds ici, le chaton. Ah au fait j’ai quelque chose pour toi. »

Elfsenf lui envoya une longue écharpe noire que le blond attrapa avec maladresse. Davon laissa un « merci » inaudible s’échapper de la commissure de ces lèvres. Il noua le tissu autour de son cou avant de ressortir de l’antre du vieil homme.

Il rejoint rapidement la place, avant de se diriger vers la plus proche auberge. Tous ce qui importait à présent c’était de remplir son estomac et surtout de chasser ce gout horrible qui envahissait son palais.

Le jeune homme ouvrit la porte de la première taverne et un instant la chaleur humaine qui se dégagea de l’endroit le fit se figer. Les rires et les discussions des clients l’assaillirent quasiment au même instant. Davon frissonna alors qu’il s’avançait dans la salle, enfonçant son nez dans l’écharpe. Il espérait juste qu’il ne se ferait pas trop remarqué.

Il balaya du regard la pièce, essayant de trouver un coin assez éloigné des autres (lorsque les gens n’adresse à votre égard qu’hostilité et mépris, vous êtes bien obligés de devenir marginal…). Ses yeux furent directement attirés par des couleurs chatoyantes. Couleurs qui semblaient être, au fur et à mesure qu’il s’approchait, des cheveux.

Davon haussa des sourcils étonnés (étant donné qu’il venait juste de se faire soigner la vive douleur qu’il ressentit le les fit baisser immédiatement) avant de s’approcher de la table quasiment libre. Seul, deux personnes (assez étranges) semblaient l’occuper pour le moment. La première était une jeune femme aux cheveux exceptionnels et le deuxième était un homme aux cheveux blancs et aux yeux pourpre.

Le jeune homme ne prit pas vraiment le temps de les détailler, se contentant de s’assoir assez en retrait et de baisser les yeux. Il était vraiment nerveux ici, ces trois années l’avaient changé plus qu’il ne l’aurait cru.

D’ailleurs il faillit sursauter lorsque la voix du serveur retentit près de lui.



« Bonjour, que Donar bénisse votre journée, que voulez-vous ? »

« Une miche de pain et du fromage, s’il vous plait. »

Le serveur hésita un instant, attendant quelque chose avant de tourner les talons et de se diriger vers le comptoir.

Davon n’avait vraiment pas le choix et devait prendre le moins cher, il fallait impérativement qu’il se trouve de l’argent. Son corps, qu’il essayait de préserver de la maladie ou des infections, lui engloutissait la moitié de ses pièces.

Observant un mouvement sur sa gauche il tourna la tête. Un beau felin blanc se tenait sur la chaise à côté de lui. Un petit sourire se dessinait sur ses lèvres alors qu’il observait l’animal. Il avait toujours trouvé la présence des chats rassurante.

« Voilà… » le serveur hésita un instant avant de se pencher vers Davon « Excusez-moi, mais ma mère croit vous connaitre… »

Davon se tourna vers le gérante qui ne le quittait pas des yeux. Il ne put s’empêcher de déglutir fasse à ce constat avant de se retourner vers le jeune garçon.

« Je ne pense pas, non. »

Sa voix enrouée lui permit de cacher le léger tremblôt de sa voix. Il resserra un peu plus son écharpe contre son cou alors qu’il mordait directement dans la miche de pain. Il attrapa le couteau avant de se couper un morceau de fromage avant de l’engloutir.

Il lécha ses lèvres de contentement avant de poser son maigre repas sur l’assiette que le serveur lui avait donné. Il essuya sa bouche avant de s’étirer pour la deuxième fois de cette matinée et bailla longuement. Sa gorge commençait déjà à moins le faire souffrir. Davon essayait de ne pas s’intéresser aux deux présences à ses côtés. Alors il rapporta un instant son regard sur le félin qui se trouvait toujours sur la chaise. Il remarqua alors un petit objet coincé dans sa gueule et automatiquement son regard remonta vers le visage du maître du petit animal.

Et il se sentit presque misérable à coté de cet individu étrange, certes, mais distingué. Il détourna rapidement le regard. Il avait réellement besoin de s’envoler de nouveau de ce monde. Ici, Davon avait l’impression de n’être que l’ombre de lui-même. A force d’être acculé dans la rue, pointé du doigt. Il se demandait encore ce qui l’empêchait de se teindre les cheveux pour se cacher un peu mieux. En attendant que les portes ne se rouvrent à nouveau et qu’il puisse gouter de nouveau à l’ivresse de la découverte, la joie de visiter les différents mondes et leurs milliers facettes.


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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Sam 24 Juil 2010 - 13:42

[HRP : Désolée de pas avoir répondu hier. Toute dans ma relecture d'HP7, j'ai pas vu le temps passer... o.o Et désolée pour la réponse un peu minable =/]

C'est au moment où tout espoir semble perdu,
C'est au moment où tes souhaits ne sont plus,
Qu'une lueur éclaire le ciel ombrageux de ton cœur,
Malgré le fait que tu n'aies pas conscience de ce bonheur.

Finalement, elle n'allait pas pouvoir rester seule hein... Il fallait s'en douter. Cette taverne était bien trop peuplé pour qu'elle puisse éviter tout le monde. Quelle idée avait-elle eût de venir ici ? D'autres lieux auraient été bien plus adaptés à ses envies. Mais qu'importait. Maintenant qu'elle y était, que pouvait-elle faire d'autre que manger et s'en aller ? Cependant, l'entrée d'un homme pour le moins étrange la fit lever les yeux. Alors qu'il approchait de sa table, elle l'examina en prenant soin que cela ne se remarque pas. Quel étrange personnage. Son attitude et ses vêtements semblaient différents. Et le mot différent ici n'était que trop rarement accepté. Cela signifierait-il que malgré son élégance rare en ce lieu, il serait un adepte de Donar ? Encore un... Elle n'arriverait certainement jamais à comprendre ce principe. Jamais. Tous les efforts qu'elle pouvait fournir pour essayer d'accepter qu'une religion prenne autant de place dans une société étaient vains. Ne pas comprendre la contrariait énormément mais que pouvait-elle y faire ? Son éducation était ainsi faite. Elle ne pouvait supprimer 19 années pendant lesquelles on lui avait qu'aucun dieu n'existait en trois ans. Cela, malheureusement, lui octroyait les foudres de ceux qui lui parlaient dans ce monde. Mais elles étaient bien rares les personnes qui osaient s'approcher de cette étrangère. Tous ceux qui l'avaient aperçu la considéraient comme hérétique mais n'avaient aucune preuve pour l'enfermer. Tant qu'elle se taisait, tout irait bien.

Elle reporta son attention sur l'homme qui s'asseyait à sa table une chaise plus loin. Elle avait les cheveux multicolores, les siens étaient totalement décolorés. On aurait dit une bohémienne, il ressemblait à un aristocrate. Tant de points opposés. Cependant, il lui semblait que quelque chose les rapprochait, certainement cette différence qui semblait émaner des deux personnages, bien qu'elle soit moins flagrante chez l'homme. Au moment où elle avala une cuillère de riz, un chat sortit du chapeau de l'homme. Elle failli avaler de travers mais réussit à se contenir et ne laissa rien paraître, se contenta de fixer la boule de poils. L'homme sembla s'excuser auprès du félin que Mÿa n'apercevait pas nettement. S'excuser auprès d'un animal était original mais cela ne la choqua pas plus que ça. Après tout, tous se transformaient en animaux.

Finalement, alors qu'elle recommençait à manger tranquillement, quelqu'un d'autre vînt perturber sa tranquillité. Elle qui faisait habituellement fuir tout le monde avait l'impression d'attirer les gens maintenant. Pourquoi donc ces gens-là venaient s'asseoir ici, en retrait, loin de tous les imbéciles adorateurs ? Ce n'était pas vraiment une bonne solution que de l'approcher... Qui plus est, ils attiraient l'attention sur elle, ce qui était dérangeant sachant qu'on la remarquait déjà bien assez. Mais cela, après tout, c'était sa faute. Si elle avait voulu, elle aurait gardé ses cheveux châtains, enlevé ses bracelets et se serait contentait d'acheter des vêtements moins différents. Mais elle se sentait incapable d'un tel geste. Ce serait renier sa nature, elle ne s'en sentait pas capable, ne s'imaginait d'ailleurs même pas enlever ses caractéristiques. C'était un choix bien idiot pour une fille ne voulant pas être remarquer mais peu importait, cela était comme ça et rien n'y changerait.
La troisième personne passa sa commande alors que Mÿa mangeait avec une lenteur exaspérante son riz. Finalement, le serveur lui amena sa commande mais ne repartit pas de suite. C'est ce qui fit lever les yeux de Mÿa vers Davon. Alors qu'il répondait et mangeait son maigre repas, un déclic se fit dans sa tête, elle se leva précipitamment, cogna sa cuisse sur la table, étouffa un cri de douleur avant de se rasseoir rapidement. Le bruit avait fait retourner toutes les personnes présentes et la gérante fronça les sourcils en la regardant. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait eu cette réaction. Il lui avait semblé avoir déjà vu un air de ce garçon quelque part mais la raison de cette impression lui échappa sans qu'elle ne pusse y réfléchir plus longtemps. La patronne, de son côté, toujours furieuse des mots qu'avaient prononcés Mÿa peu de temps auparavant, la regardait avec fureur puis déplaça son regard vers Davon. Sans doute semblait-il qu'il y avait trop d'éléments indésirables dans sa taverne. Profitant du petit silence qui suivit la réaction quelque peu exagérée de Mÿa, la mère du serveur dit avec haine :


    « Comptez-vous détruire mon domaine, mademoiselle ?, » demanda-t-elle avec un sourire moqueur sur le visage alors que les gens présents riaient.


Contente de l'effet produit, elle n'ajouta rien et les conversations reprirent, quelques regards se posant vers Mÿa. Bravo, demoiselle. Tu voulais rester à part et à présent, tous te fixent. Elle soupira et grimaça en changeant de position sur sa chaise. Elle s'était fait véritablement mal et elle sentait le sang couler sur sa cuisse. Elle ignora la douleur et recommença à manger, espérant simplement sortir au plus vite. Elle aurait bien brûler toute la taverne juste pour se venger de la moquerie de cette femme exaspérante mais pensa que cela serait un peu trop. Après tout, elle allait ensuite être recherchée et ne pourrait plus revenir dans Raïkaïd'Jan. Ce qui était inimaginable sachant que son but n'était toujours pas atteint. Si seulement elle savait...

Mais pourquoi donc avait-elle agit ainsi ? Était-elle devenue folle à être seule pendant tant de temps ? Elle n'osa pas relever les yeux vers les deux jeunes hommes. Mais cette réaction la préoccupait. Son esprit avait pensé à quelque chose en voyant le jeune homme mais elle l'avait oublié la seconde d'après. Elle n'aimait pas cela mais après tout, peut-être l'avait-elle simplement aperçu dans les rues. Ce n'aurait pas été très exceptionnel vu le temps qu'elle passait à Raïkaïd'Jan. Elle sentait son sang couler le long de sa cuisse. C'était bon pour se faire une nouvelle jupe... Ploc ploc ploc. Quelques gouttes rouges sur le sol, le son étouffé par les paroles des clients. Elle ne s'en soucia pas. Si elle pouvait salir le sol poussiéreux de la taverne, elle n'allait pas s'en plaindre. Les autres clients ne prêtaient déjà plus attention à elle. Malgré son apparence étrange, elle était facilement oubliable. Elle avait été oubliée rapidement après la naissance de son cousin, elle continuait à être oubliée. Sans doute avait-elle un don pour sortir si vite de l'esprit des gens ou peut-être juste faisait-elle tout pour que cela se passe ainsi. Elle finit très vite son bol de riz et le posa sur la table sans bruit. Elle hésitait à sortir de suite. Deux raisons expliquaient cette hésitation. Tout d'abord, les deux hommes semblaient différents du reste de la populace de la taverne et elle était curieuse d'observer leurs réactions, leurs gestes, de savoir d'où venait cette différence. La curiosité est un vilain défaut et certainement le pire chez Mÿa. La seconde raison était bien moins importante. Elle avait simplement mal à la jambe et voulait attendre que le sang arrête de couler avant de se lever.
Cette entaille avait été faite de façon si stupide que Mÿa avait honte et espérait tout simplement que personne n'avait remarqué qu'elle s'était fait mal. Elle s'adossa sur le dossier de la chaise et pencha sa tête en arrière afin de regarder le plafond. Sa curiosité l'emporta. Elle n'avait jamais adressé la parle à un habitant de l'Archipel quand elle pouvait l'éviter mais, cette fois, c'était différent. Ils avaient osé s'approcher d'elle, il émanait d'eux quelque chose d'étrange, une élégance forte chez l'homme au chat et une légère introversion chez le dernier arrivant. Quand on les regardait, ils étaient tous les trois bien étranges. Elle était certainement celle qui l'était le plus mais un homme portant une canne, étant habillé d'une bien belle manière, les cheveux blancs, les yeux rouges et un homme semblant banal mais attirant le regard du serveur ou de la gérante et couvert d'une écharpe avec la chaleur environnante n'étaient pas forcément des personnes habituelles non plus. Puis ce dernier l'avait fait réagir de façon débile et elle voulait comprendre la raison de cette réaction. Quant à l'autre, il l'intriguait réellement. Finalement, directe et froide, elle leur demanda :


    « Qui êtes-vous ? »


Puis elle ne les laissa pas répondre directement, s'attendant à une réponse du genre « Cela ne vous regarde pas. » et précisa, d'une voix toujours froide et parlant faiblement ne voulant pas se faire entendre par les autres clients :

    « A vrai dire, les gens m'évitent d'habitude. Or vous ne le faites pas. Ça a piqué ma curiosité. Pourrais-je savoir qui vous êtes ? »


Elle regardait toujours le plafond, ses cheveux balançant derrière le dossier de la chaise. S'ils ne voulaient pas répondre, cela ne la dérangerait pas mais piquerait certainement encore plus sa curiosité et certainement qu'elle ne les lâcherait pas de si tôt. Elle avait beau s'être refroidit au cours de ces trois années, elle n'en était pas moins curieuse de tout savoir. Et, eux, ils attiraient son attention.

Les humains sont si avides, ne sacrifiant rien
Cependant, malgré le fait de ne rien donner,
Ils désirent plus qu'ils en ont besoin

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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Dim 25 Juil 2010 - 20:45

    Tranquillement, il continua à siroter sa soupe, jetant de temps à autres de rapides coup d'oeil à Cheshire . Son chat ne demandait pas non plus énormément d'attention, étant du type solitaire comme la majorité des félins, mais au vu de son mauvais caractère, il aurait bien été capable d'aller embêter l'un des occupants de la taverne pour la simple raison qu'il se changeait en chien ... Aussi, en vu d'éviter les ennuis, Regnard se devait de garder un oeil sur lui . Pour le moment, le matou semblait bien plus intéressé par ses morceaux de saumon que par les individus qui gravitaient autour de lui, tout allait donc bien . À vrai dire, lui qui avait pourtant une sainte horreur des gens qu'il ne connaissait pas, acceptait sans trop de problème la présence de cette étrange jeune fille à la même table que lui . ... Un autre félin peut-être ? Tout cela contribua à reporter l'attention de l'Horloger sur celle qui partageait leur table . Clairement, elle n'était pas originaire de l'Archipel . Même si le climat de celui-ci était assez orienté sur le tropical, comprenant ainsi un fort taux de luminosité et de hautes températures, le teint hâlé qu'elle arborait semblait naturel, et non originaire d'une exposition prolongée au soleil . Si l'on ajoutait cela à ses cheveux mi-longs multicolores - ce qui, cette fois-ci, n'était certainement pas d'origine naturelle - et ses vêtements tape-à-l'oeil, il était évident qu'elle ne devait pas être beaucoup appréciée par ici . Attirer l'attention, ne pas se plier aux règles et aux normes, c'était tout ce que les fidèles de Donar détestaient . Et Regnard était prêt à engloutir son chapeau si jamais elle était une fervente adepte des cérémonies en l'honneur du dieu .

    La nourriture de l'auberge ne pouvait pas vraiment être qualifiée de " grande cuisine " . Cuisinée à la va-vite, ou tout du moins était-ce ce qu'il en avait conclu après quelques repas, préparée pour coller à l'estomac et sortir de table repus, et non pour extasier les papilles gustatives . On ne pouvait pas non plus en vouloir aux aubergistes : une bonne partie de leurs clients étaient des habitués, sinon des ivrognes, qui reviendraient le jour suivant même après avoir recraché leurs entrailles dans les toilettes après avoir ingurgité du poisson avarié ... Même s'il doutait fort que les cuisiniers aillent jusqu'à en inclure dans leurs préparations . Dans l'ensemble, ce qu'on lui servait quotidiennement était donc globalement mangeable . Mais ce n'était pourtant pas la raison qui le poussait à revenir, quasiment tous les jours, l'incluant parmi les " habitués " de la taverne . Non, ce qu'il appréciait, c'était que la maison était celle qui, de tous les restaurateurs de la capitale, incluait le plus de produits de la mer dans ses menus . Exilé dans un Monde qui n'était pas le sien, toute familière, aussi insignifiante soit-elle, était la bienvenue . Bien qu'étant un élémental de l'Air, Regnard était également le fils illégitime d'un noble de l'Eau, et avait donc passé un bonne partie de son enfance à Atlantis, la cité engloutie . Il me semble assez évident que, dans un Monde composé à 90% d'eau, une ville entourée d'un océan infini, la pêche a une place assez importante . Depuis la fermeture des portes, elle doit être pour ainsi dire la seule source de nourriture des habitants, ceux-ci étant dans l'impossibilité d'importer fruits ou légumes depuis les autres Mondes . Toujours est-il que pendant des années, il avait donc allègrement consommé les spécialités aquatiques à base de poissons et autres produits de la mer . Certes, les espèces vivants dans l'océan glacé du Monde de l'Eau et celles, beaucoup plus réchauffées, qui peuplaient les eaux entourant l'Archipel n'étaient absolument pas les mêmes, mais cela n'avait que peu d'importance . Il mangeait de la poiscaille pour se remémorer une époque à présent révolue, celle où il était possible de circuler librement .

    Tout en mastiquant lentement les quelques bouts de poisson présents dans sa soupe, Regnard détaillait les autres occupants de la salle . Si les bestioles qui vivaient dans les mer de la république de l'Eau étaient très différentes des poissons tropicaux qu'il était en train d'avaler, il en était de même pour lui et les autres personnes à l'intérieur de l'auberge ... Le teint pâle, ce qui donnait à sa peau une couleur blanchâtre, presque transparente, et les cheveux blancs, qu'on auraient pu croire décolorés artificiellement, il s'éloignait beaucoup du physique type du citoyen de RaïKaïD'jan . Les natifs de l'Archipel étaient habitués à la forte chaleur qui y régnait ainsi qu'au soleil radieux et sans doute un peu trop présent . Ils avaient donc tous des teintes de peau assez foncées, dues à sa longue exposition au soleil . Dans son cas ... Ce n'était pas que l'Horloger avait passé son temps enfermé chez lui . Il lui arrivait de sortir, assez souvent même . Mais quand même, son métier impliquait quand même de longues heures passées attablé, un lorgnon faisant office de loupe sur le nez, à réparer ou concevoir un mécanisme d'une extrême minutie . Sans compter le fait que la luminosité des îles de l'Air était loin d'être aussi élevée que celle de l'Archipel ... Ce qui en résultait un individu d'une pâleur cadavérique au milieu d'une foule de natifs joliement bronzés . Hu, ça sucks .

    En parlant de se faire remarquer, d'ailleurs ... L'air quelque peu hagard, ayant l'air d'avoir besoin d'une bonne nuit de sommeil, un jeune homme venait de pousser la porte de la taverne . Il n'avait pas l'air très original à vrai dire . Enfoncé dans son écharpe jusqu'au cou, il semblait même faire tout son possible pour se faire oublier, tout en balayant la salle des yeux à la recherche d'une place . Et à vrai dire, il réussissait assez bien à se faire oublier : si ce n'avait été pour le mouvement d'air créé par la porte - en tant qu'élémental de l'Air, Regnard était assez sensible à ce genre de choses - et le miaulement sourd poussé par Cheshire sur la chaise d'à côté, son entrée serait sans doute passée inaperçue aux yeux de l'Horloger . Mais ce ne fut pas le cas, et de toutes manières, le nouveau venu vint finalement s'asseoir à la même table, juste à côté du félin blanc . Il semblait très mal à l'aise, et cela ne fit que se renforcer lorsque le serveur vint lui apporter sa commande - du pain et un peu de fromage - lui demandant quelque chose, pas assez fort cependant pour que Regnard puisse entendre de quoi il s'agissait . Après ça, le garçon engagea une tentative assez peu fructueuse pour se dissimuler derrière son écharpe, tout en donnant un bon coup de dent dans son bout de pain . Reportant son attention sur la fin de sa soupe, il ne put quand à lui que se dire que plus ça allait, plus leur table ressemblait à une réunion de bizarreries . Entre lui-même et ses manières bien peu orthodoxes pour l'Archipel, la jeune fille et son attirail multicolore, et enfin ce nouvel arrivant, un peu plus âgé quelle, qui en faisant tout pour ne pas être vu ne faisait qu'attirer davantage l'attention sur lui, ils devaient sans doute avoir une drôle de dégaine . C'était assez intéressant tout ça . Et Regnard appréciait ce qui était digne d'attention .

    Ce fut alors qu'un bruit sourd suffit d'une légère exclamation de douleur lui firent tourner la tête en direction de la jeune fille . Celle-ci venait de se lever, les yeux fixés sur le garçon, l'air un peu confuse . Lui l'était tout autant : malgré son apparence plus qu'éclatante, elle ne semblait pas vraiment avoir envie d'attirer l'attention sur elle - s'il en croyait l'endroit où elle s'était assise, un coin au fond de la salle, en tout cas - alors pourquoi agir ainsi ? Regnard fronça les sourcils . Il ne comprenait pas, il lui manquait sans doute une montagne de données pour ce faire, mais quand bien même ... Cela l'énervait beaucoup . Il détestait l'incompréhension, cela ne faisait qu'accentuer cette désagréable sensation d'impuissance, celle-là qui lui rappelait chaque matin que non, il n'était plus maître de la situation depuis trois ans déjà, et que tous les beaux vêtements et attitudes nonchalantes dont il pourrait s'entourer n'y changeraient absolument rien . Ceci n'était qu'une simple manifestation de ce qu'il tentait constamment d'oublier : son monde n'était plus sous contrôle . Et ça ne lui plaisait pas du tout . Ainsi, pendant quelques minutes, il garda les sourcils - enfin, le sourcil, il n'en avait qu'un de visible après tout - froncés, ruminant de bien sombres pensées . Ce ne fut que lorsque son chat entreprit de lui labourer joyeusement les côtes à coups de pattes qu'il réalisa enfin ce qui se passait, et afficha un petit sourire désolé à l'attention du félin blanc, avant d'entreprendre de terminer sa soupe . Quelques minutes plus tard, la " directrice " de l'auberge, toujours adossée à son comptoir, apostropha la jeune fille d'un air mauvais : " Comptez-vous détruire mon domaine, mademoiselle ? "
    L'Horloger haussa légèrement le sourcil, l'air dubitatif, retenant un petit rire . Voyons ... Tout ce qu'elle avait fait, c'était donner un coup de genou dans la table, pas vrai ? À moins que son pouvoir ne consiste à rendre son corps aussi dur que de l'acier, il doutait donc fortement que le bois ait subit le moindre dommage ... contrairement à sa jambe . S'était-elle blessée en tapant contre la table ? Cela expliquerait sans doute quelques petites choses .

    Il arrivait lui aussi à la fin de son repas lorsque la demoiselle termina le sien, reposant le bol qui avait contenu sa pitance sur la table avec un petit bruit sec . Elle avait terminé de manger, et semblait sur le point de s'en aller ... Cela l'embêtait un peu . Ce n'était pas tous les jours que l'on croisait ce genre d'originaux dans l'Archipel, il aurait donc bien aimé en savoir plus sur les raisons de sa présence ici . Pendant un instant, il envisagea d'envoyer Cheshire la filer, mais repoussa l'idée : elle avait clairement remarqué son chat, et il serait donc impossible à l'animal de passer inaperçu . De plus, il semblait lui faire la tête depuis le coup de la boîte à musique, il n'était pas donc dit qu'il accède à sa requête ... Par Icare, voilà qu'il était obligé de compter avec les sauts d'humeur de son chat maintenant ! Alors qu'il délibérait mentalement sur la conduite à suivre, elle termina de s'agiter sur son siège pour prendre la parole, ce qui, disons-le franchement, le prit assez au dépourvu . Distante comme elle était, ou tout du moins semblait être, il lui avait semblé assez improbable qu'elle prenne l'initiative d'engager une conversation, même avec d'autres individus qui étaient clairement " étranges " pour des habitants de RaïKaïD'jan . Mais il s'était trompé ... Regnard n'aimait pas se tromper .

    « Qui êtes-vous ?
    Une question formulée d'une voix sèche et légèrement cassante sur les bords, qu'il fut un instant tenté de lui retourner, rien que pour pouvoir observer sa réaction à loisir . Elle enchaîna cependant, ne leur laissant pas le temps de placer quoique ce soit, juste l'opportunité d'afficher un petit sourire poli et intéressé .
    - A vrai dire, les gens m'évitent d'habitude. Or vous ne le faites pas. Ça a piqué ma curiosité. Pourrais-je savoir qui vous êtes ? »

    Il repoussa son bol quasiment vide de soupe sur le côté, et joignit les doigts à la hauteur de son visage afin de pouvoir y appuyer son menton . Éviter les gens ? Quand il semblait aussi intéressants ? Quelle idée saugrenue ... Certes, dans un endroit pareil, prudence était de rigueur pour ne pas être immédiatement catalogué comme " hérétique " , mais tout de même ! Rater une telle opportunité, une telle chance de s'amuser quand il commençait à s'ennuyer ferme au sein de l'Archipel ... Il en était bien incapable .
    « J'ignore ce qu'en pense le jeune homme ici présent, mais nous pourrions sans doute vous demander la même chose, Mademoiselle , débuta-t-il, tout sourire . Cependant ...
    Sur sa gauche, un miaulement lui fit tourner la tête, alors que Cheshire venait de se hisser sur la table et entreprenait de vider le bol de ce qu'il restait de soupe de poisson . D'un air d'autant plus amusé, Regnard haussa les épaules et reporta son attention sur son interlocutrice .
    - Cependant ... , reprit-il en accentuant son sourire, vous ne semblez pas être originaire de ces îles, vous non plus .

    Et c'était bien suffisant pour la rendre intéressante . Quant au jeune homme à l'écharpe, il semblait dégager quelque chose, bien que l'Horloger fut incapable d'expliquer quoi . Était-ce une aura, ou simplement une impression bizarre ? Il n'aurait su le dire, mais il y avait bien une chose dont il était certain . Aujourd'hui était bien parti pour être une journée des plus amusantes ...



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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Lun 26 Juil 2010 - 12:13

Un nouveau coup d’œil de la gérante le sortit de ses pensées absorbées par ses envies. Il se retourna presque brusquement vers elle, alors qu’elle se remettait à nettoyer un verre à bière. Faisant mine de l’oublier, le jeune homme se retourna vers son maigre repas. L’observant sans agir.

Davon n’arrivait pas à oublier le regard que la patronne lui avait adressé. Une incroyable anxiété lui nouait l’estomac alors qu’il jetait des coups d’œil furtifs vers la sortie ainsi que vers la tavernière. Ses yeux glissèrent sur les personnes qui le sépareraient de la porte d’entrée, essayant de trouver le meilleur moyen pour pouvoir s’échapper le plus rapidement possible de cet endroit. Endroit qui, malgré le fait que la taverne était déjà bien remplie, continuait à s’ouvrir et se refermer sur de nouveaux visages.

C’étaient des gens qu’il ne connaissait pas, qui pouvaient être de simples passants, des marchands ou bien même des prêtres ou des gardes. Si ces deux dernières catégories le reconnaissaient ici, c’en était fini pour lui.
Les prêtres le ramèneraient de force à l’Eglise pour qu’il soit jugé pour ses « crimes » devant le prêtre suprême. Ils s’assureraient de reprendre la clef et puis… Il ne sait pas vraiment ce qui pourrait se passer, ce qui pourrait lui arriver.
En tant que disciple, il n’avait jamais encore vu de scène de purgatoire pour les « pécheurs ». Il ne connaissait quasiment rien à ce sujet, c’était réservé aux personnes ayant quasiment terminée leur formation.

Et si c’était des gardes qui le trouvaient, avec la grande subtilité dont ils faisaient toujours preuve, ils essayeraient de l’éliminer dès que possible.ou sinon, de le coincer dans une ruelle…

Un frisson parcourut sa peau. Prit au piège par sa stupidité et encore son incroyable insouciance, le jeune homme avait vraiment l’impression de se retrouver encerclé. Davon posa ses mains tremblantes de peur et d’adrénaline sur ses cuisses. À l’abri des regards, sous la table, il espérait que personne ne remarquerait son trouble. Il ne voulait pas qu’on le trouve plus suspect qu’il ne l’était déjà. Davon inspira profondément, essayant de ralentir les battements frénétiques de son cœur.

Inconsciemment il enfonça un peu plus son nez dans son écharpe, cachant le bas de son visage. Quelques mèches blondes cendrées vinrent ombrager ses yeux baissés. Il observa son repas qui trônait là. Attendant quelque chose.
Il n’avait aucune envie de le finir, pourtant ce repas allait lui coûter quelques précieuses pièces. Alors à part l’engloutir (ou le glisser discrètement dans sa sacoche) Davon devait finir ce dîner. Ce serait du gaspillage. Et Davon savait très bien que c’était le genre de chose qu’il ne pouvait pas se permettre.

Sa main abaissa le tissu qui recouvrait sa bouche et grignota quelques autres petits morceaux. Ses muscles tendus, se contractaient spasmodiquement, prêt à tous moment à fuir. Au moindre mouvement, il…

Un mouvement brusque le fit sursauter.

Davon écarquilla les yeux alors qu’il se reculait brusquement sur son siège. La table où les trois comparses s’étaient installés trembla sous un coup violent. Mais le jeune homme n’en avait cure, son regard fixé sur celui de l’inconnue qui s’était relevé violemment et à présent le fixait. Fixait son visage.
Les yeux chatoyants de la jeune femme le fixait avec une tel insistance, qu’il ne pu s’empecher de frissonner. Un « m’aurait elle reconnu » traversa son esprit alors qu’il se crispait imperceptiblement.

Quelques secondes s’écoulèrent qui lui parut extremement longues et puis elle se rassît. Comme si rien de spéciale ne s’était passé. Davon poussa un soupir de soulagement et ce fut à ce moment-là qu’il remarqua que sa propre main s’était inconsciemment crispée sur le manche de son arme. Prête à dégainer. Il força ses doigts à se décrisper et les reposa à plat sur la table.
Tout en observant la jeune femme devant lui qui reprenait contenance. Il ne savait pas ce qu’il avait fait de spéciale pour la mettre dans un état pareil. Puisque c’était obligatoirement de sa faute, il devait avoir…

La voix grondante de la tavernière le coupa dans ses pensées. Elle fixa furieuse la jeune fille alors qu’elle se mettait à lui reprocher son excès d’une voix dédaigneuse. Elle aurait peut-être pu reprocher le manque de discrétion (et encore…) Mais sûrement pas le fait qu’elle ait « détruit son domaine » en se cognant simplement contre la table. Elle devait même s’être fait plus mal qu’autre chose.

Les regards se tournèrent directement vers eux et quelques rires insupportables éclatèrent dans l’air chaud de la taverne. Davon observait à présent la jeune femme en fronçant les sourcils. Ses yeux glissèrent jusqu’au pendentif attaché autour du cou gracile avant de glisser vers les éclats dorées qui se trouvaient au poignet de la jeune femme. La première pensée qui traversait l’esprit lorsqu’on l’observait de prime abord était « étrangère ».
Et puis, la robe verte mate dénotait vraiment des habits blancs, ou très pale des habitants de l’archipel.

Lui-même se demandait comment ce vieux papy avait réussi à lui donner une écharpe noire, qui était la couleur que l’on réservait habituellement au prêtre.

Peut-être une mauvaise blague de la part de ce petit vieux... Après tout, si cette femme dans sa détresse n’était pas venu le voir, il ne se serait jamais révolté. Aujourd’hui il aurait sûrement du être un prêtre enrichi, pleins de pouvoirs et surtout mieux nourrit et lotit. Il se souvenait très bien de la montagne de luxe où nageaient les prêtres. Après tout, ceux ci ne se gênaient pas pour s’asseoir sur la fortune qui aurait du être donné à dieu.
Et maintenant, dans la longue toge noire dédié aux prêtres, il serait sûrement en train de préparer d’organiser des messes. Il aurait passé la moitié de sa journée en compagnie de fidèles à leur prêcher la loi divine avec ses compères. Peut-être aurait-il même eu des apprentis comme lui le fût jadis. Et il serait sûrement auprès de son frère.

Sa gorge se noua cruellement alors qu’il fermait les yeux, essayant de s’arracher à la vision qui lui avait traversé l’esprit. Essayant d’oublier la sensation de manque qui lui enserrait le cœur. Tout ce qu’il aurait voulu c’était de rejoindre son frère et de quitter cet endroit. Mais cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus aucune nouvelle de lui. Et cela faisait peut-être plus longtemps qu’il le recherchait. Des recherches qui s’étaient relevées depuis bien longtemps, infructueuses. Dans la grande capitale de RaiKanD’Jan, il avait l’impression de chercher une aiguille dans une meule de foin. Surtout qu’il ne pouvait pas accéder à certains endroits ce qui était encore plus contraignant pour lui. Et plus dangereux aussi.
Il s’efforça de le chasser de ses pensées et se concentra plutôt sur son pauvre morceau de pain. Morceau de pain qui gisait seul au milieu de son assiette, accompagné de son comparse le fromage, à peine entamer.

Davon se remit à manger, plus vite que précédemment : Quitte à se bourrer, autant le faire le plus vite possible. Il finit son repas très rapidement, complètement repu. Il se tourna vers le serveur et alors qu’il allait le héler, il se fit couper par une voix claire et froide.

« Qui êtes-vous ? »

Le jeune homme se figea totalement avant de se retourner vers la jeune femme. Un instant la panique le prit. Qu’est ce qu’il pourrait bien répondre à ça ? Dire son nom à haute voix serait totalement et simplement suicidaire. Son prénom, peut rependu sur l’Archipel, serait repéré à coup sûr…

Il fallait absolument qu’il trouve quelque chose.

Heureusement, la jeune femme ne laissa pas de silence s’installer et reprit directement :

« A vrai dire, les gens m'évitent d'habitude. Or vous ne le faites pas. Ça a piqué ma curiosité. Pourrais-je savoir qui vous êtes ? »

Davon cacha un petit sourire dans son écharpe.
Bien sûr que les habitants de RaiKanD’Jan devait l’éviter… Avec une apparence pareille, elle ne risquait pas de se faire approcher par grand monde.

Le blond resta muet. Il essayait de trouver un nom peu connu qui pourrait appartenir à un simple paysan et qui passerait inaperçu… Mais aucun nom ne lui revenait en mémoire. Lui qui avait fréquenté les villages seulement dans sa petite enfance, la tache s’avérait ardue…

Le léger bruit du bol rencontrant la table le sorti de ses pensées. L’homme aux cheveux blancs comme neige observait à présent la jeune femme en souriant.

- « J'ignore ce qu'en pense le jeune homme ici présent, mais nous pourrions sans doute vous demander la même chose, Mademoiselle. Cependant ... »

Davon sursauta légèrement lorsqu’il vit le chat sauter sur la table. Il se retourna directement vers la tavernière qui les fusillait (encore) du regard. Il pouvait presque entendre ce qu’elle pensait… Quelque chose du genre « Un chat n’avait vraiment rien à faire sur la table de MA taverne ! ». Le blond sourit alors qu’il rapportait son attention sur le chat. Léchant le reste de nourriture qui trouvait encore dans l’écuelle de son maître.

Il se retourna directement vers l’homme, qui dégageait une aura si noble, reprit la parole :

- Cependant ... vous ne semblez pas être originaire de ces îles, vous non plus .

« Vous non plus » ? Cela voulait-il dire qu’il se trouvait en présence de deux pèlerins, coincé dans son monde ? Cela ne courrait pas les rues et se retrouver à leur côté… C’était assez étrange. Le fait que cet homme fasse partie d’un autre monde aurait été plus dur à deviner. Il avait l’air plus « normal » que l’autre jeune fille.
Enfin… Ils étaient vraiment spéciaux tous les deux, très remarquables, mais la façon de s’habiller de l’homme et son comportement n’amenait pas les gens à vraiment se poser des questions sur ces origines ou même sur lui. Bien que son physique soit assez étrange.

Ils avaient dû se retrouver bloqués juste après la fermeture des portes. Pauvres voyageurs, forcés à vivre dans ce monde étrange…
Un instant le contact tiède de la clef contre son torse lui rappela son rôle. Et dire qu’il pourrait quitter ce monde avec celle-ci. S’enfuir d’ici… N’importe quel monde ferait l’affaire. Tant qu’il échappait à cette tyrannie.

Mais il était revenu pour retrouver d’abord son frère et ensuite… Lorsque les portes s’étaient refermé, empêchant d’autres pèlerins de s’aventurer dans leur monde. Les prêtres avaient pris des mesures drastiques pour reprendre le contrôle de la population. Au contact des autres civilisations, les habitants de l’archipel de la foudre s’étaient laissé « tromper » par les paroles des étrangers.
Ainsi, les prêtres ayant eu connaissance de sa présence ici avaient fait garder le passage menant à la porte. Car son « cas » avait été trop longtemps ignoré et pourquoi ne pas s’occuper un peu de lui ? À présent qu’il n’était plus en cavale. Après tout, les portes fermées, de nouveaux gardiens devaient être nommée…

Pourquoi n’en serait-il pas de même pour le gracieux monde de la foudre ?

A peine quelque temps après la fermeture, Davon avait du fuir les gardes ainsi qu’aux prêtres. La population, pour la plupart, ne lui donnait pas trop d’importance. Les hérétiques, il avait l’habitude. Mais, après la propagande et le bourrage de crâne, cet état d’esprit avait changé. Et tout était redevenu « comme il aurait fallu que ça soit. ».

Davon frissonna en repensant à ses longues années passées à se cacher. Il observa un instant les deux personnes à sa table, se tirant de ses mornes pensées. Avant de répondre à la jeune femme.

- « C’est vrai que vous présentez en première serait plus polie. Mais mon nom est… » Davon bloqua un instant. Il fallait absolument qu’il paraisse spontané à présent il fallait sortir le premier prénom qui lui traversait l’esprit « …Chin… Chin Thai Lang. Enchanté. »

En espérant qu’il n’ait pas trop l’air suspect. Et puis… Cela ne le dérangeait pas vraiment de délivrer un mensonge, après tout, ce n’était pas son vrai nom. Tout de même, il avait peur qu’ils s’aperçoivent de la supercherie… Qu’est ce qu’il pourrait faire à ce moment-là ?

Plus il continuait dans cette pente plus il s’enfoncerait. Davon le sentait. Il allait devoir faire très attention. Il n’aimait vraiment pas mentir et avait conscience qu’il n’était pas doué pour ça, mais avec un peu de chance, ils laisseraient couler. Prenant son hésitation pour de la timidité. Le jeune homme l’espérait vraiment très fort.

Et pour ce sortir de cette situation « légèrement » inconfortable il essaya de faire basculer la conversation dans un autre sens.

- « Pour répondre à votre question, Mademoiselle… En fait, j’ai beaucoup voyagé… et… Être en présence d’étrangers ne me dérange pas. Je dois sûrement être plus tolérant que les autres… C’est tout. »


« C’est tout »… bon on pouvait pas dire que c’était juste à cause de cela, mais parce qu’il cherchait juste un coin à l’abris des regards trop insistant. Et cette table peu fréquentée était parfaite. Davon espérait vraiment que sa diversion marcherait. Et puis au contraire de sa précédente réplique, celle-ci ne possédait aucune trace de mensonge.
Il sourit nerveusement avant de bailler longuement. Ses muscles commençaient à se décontracter légèrement… La tension accumulée par l’angoisse qu’il avait ressentie précédemment commençait à s’évacuer légèrement et il remarqua avec satisfaction que son mal de gorge avait quasiment disparu. En tout cas, il était devenu bénin. Merci, papy.

À cette pensée, il faillit sourire franchement, mais la présence des inconnus titillaient sa curiosité. Il se re-concentra sur les deux voyageurs et pencha légèrement la tête sur le coté.

- « Je me demandais… de quel monde êtes vous ? Pour ma part je suis bien originaire de l’Archipel de la foudre. Mais qu’est ce qui vous a poussé à venir ici ? Je trouve ce monde plutôt fade face aux autres. Enfin de ce que j’en ai vu…»

Un instant ses yeux fixèrent le vide. Pour ce qu’il en avait vu… Il avait déjà visité très brièvement chacun des mondes. Il lui tardait vraiment d’y retourner…

Davon observa la réaction des deux autres, en espérant qu’ils n’allaient pas lui poser des questions sur son mensonge éhonté… « Franchement, tu crois qu’on avalerait un mensonge aussi gros que ça ? » à ce moment-là, il serait vraiment mal… Et serait-il encore obligé de mentir. Et puis, il espérait que ça ne les blesserait pas. Mais que pouvait-il faire d’autre à l’intérieur de cette auberge rempli à ras bord de croyants ? Qu’il était l’actuel gardien de la foudre et qu’il devait à présent s’en aller sous peine de finir lyncher ici même dans cette taverne ?

Non vraiment, cela ne lui disait rien.

Une autre visite chez le papy (aussi sympathique soit il) ne lui disait vraiment pas. Et puis si cela arrivait vraiment, Davon ne croyait pas qu’il se ramènerait avec seulement une petite égratignure… Enfin s’il arrivait juste à se traîner jusqu’à chez Elfsenf.



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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Ven 30 Juil 2010 - 14:26

Un quotidien brisé par la rencontre de trois êtres
Peut-être enfin un peu d'espoir à paraître.
Seras-tu capable de véritablement sourire
Quand depuis longtemps tu as perdu toute notion du rire.


Avait-elle bien fait de parler si franchement ? De demander si prestement leur nom ? N'aurait-elle pas du se taire et s'en aller comme elle l'aurait fait habituellement ? Mais leur présence était si étrange. Ils dégageaient quelque chose de tellement différent que les personnes que l'on rencontrait habituellement dans l'archipel qu'elle n'avait pu se résoudre à se taire et à retourner dans la noire monotonie de son quotidien. Les quelques secondes pendant lesquelles elle attendait les réponses des deux hommes furent emplies de mélancolie. Elle était là, assise à une chaise, dans une taverne tenue par des fidèles idiots, dans un monde différent du sien. Elle était là, à engager la conversation avec des étrangers, elle qui n'avait jamais aimé ça. Elle était là, seule perdue loin de son monde. Elle était là, entourée de croyants sans cervelle. Trois ans de solitude pour en arriver là. Trois ans de solitude avant qu'enfin quelques personnes l'intriguent et attirent son attention. Mais trois ans de solitude sans qu'elle n'ait un quelconque indice sur l'identité du gardien, sur un moyen de sortir de là. Elle était au même point qu'il y a trois ans excepté qu'elle s'était à présent endurcie et que son but avait changé. Une image de Kilian vînt à son esprit. Est-ce que son cousin allait bien ? Est-ce qu'il était devenu fort ? Avait-il trouvé une personne chère à son cœur ? Une personne à qui il pouvait se confier ? Tant de questions sans réponse. Tant de questions qui flottaient à chaque instant dans son esprit.
Et aujourd'hui, voilà qu'elle rencontrait deux êtres différents, deux êtres qui faisaient entrer dans son esprit d'autres questions encore... Enfin des questions différentes, enfin une recherche accessible. Etaient-ils aussi intéressants qu'ils paraissaient l'être ? Elle se rappelait la chaleur de son monde, le Soleil brillant de mille feux, les peaux cuivrés des habitants, les somptueuses décorations du palais, les sourires des êtres du feu. Rien ne pourrait remplacer ce trésor à ses yeux mais peut-être que ces deux hommes pourraient constituer un passage intéressant de sa vie ici. Après tout, ils étaient les premiers à la faire parler, les premiers à piquer sa curiosité au point qu'elle décide de faire sortir quelques mots de sa bouche. La tête toujours penchée, elle examinait le plafond craquelé par endroit. Peut-être qu'aujourd'hui, elle avait bien fait de se poser dans cette taverne. Peut-être, qu'à l'instar d'un Dieu, le destin l'avait mené à rencontrer ces deux personnes. Après ces quelques secondes de silence, l'homme qui dégageait une aura si noble bougea quelque peu.

Elle redressa la tête et observa le seul œil visible de l'homme qui avait posé sa tête sur ses doigts joints. Il était tout sourire quand il commença à parler. Lui demander la même chose ? Ce fut alors qu'elle s'apprêter à le contredire que le chat blanc sauta sur la table et entreprit de finir les restes de son maître. Elle observa le félin, retenant un petit sourire. Habituellement, elle aurait levé la main et l'aurait passé sur la douce fourrure de l'animal mais elle se retînt. Cela était malpoli et ce chat n'était pas sauvage. Elle le regardait toujours alors que l'homme avait reporté son attention sur elle et fini sa phrase.


    « Cependant ... Vous ne semblez pas être originaire de ces îles, vous non plus . »


Ce ne fut qu'à la fin de celle-ci qu'elle se tourna vers lui, surprise. Qu'il ait découvert qu'elle ne faisait pas partie du pays, c'était une chose acceptable et logique. Tout en elle inspirait la différence. Cependant le « vous non plus » de la fin la surprit. Ainsi, lui non plus ne venait pas d'ici... Elle observa l'homme qui était tout sourire. Il semblait autant intéressé par elle qu'elle l'était par lui. En l'examinant, elle essaya de chercher à quel monde il pourrait appartenir d'après les maigres souvenirs qu'elle avait de ses voyages. Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas fait appel à eux. Mais il surgirent avec une clarté exceptionnelle dans son esprit. Eau ou air... Les seuls éléments qui lui venaient à l'esprit étaient ceux-là mais elle ne pouvait savoir lequel des deux caractérisaient l'homme qui se tenait en face d'elle.
Elle réfléchit. Cet homme l'avait intéressé au premier coup d'œil de par ses allures de noblesse. Qui plus est, il s'était approché d'elle et s'était installé à sa table sans que cela ne semble le déranger. Enfin, il avouait à présent qu'il venait d'une autre contrée. Trop d'éléments intéressants caractérisaient l'homme pour qu'elle fasse l'impasse sur sa personne. Elle souhaitait en apprendre plus. Que s'était-il passé de son côté pour qu'il se retrouve prisonnier à l'Archipel ? Quel but l'avait mené ici ? De quel monde venait-il ? Souhaitait-il tout autant rentré chez lui qu'elle chez elle ? Pourrait-il l'aider dans sa recherche du Gardien et d'un moyen de sortir ? Tant de questions fusionnaient dans son esprit qu'elle eût grand mal pour toutes les contenir. Sa curiosité était maladive. Elle lui torturait l'esprit. Mais, tout de même, qui ne serait pas intéressé dans cette situation ? Trouver un étranger dans une taverne sans rien chercher relevait d'un hasard bien étrange. Elle remerciait le destin de l'avoir fait venir ici. Son attention était tellement tournée vers l'homme au chat qu'elle en avait oublié le jeune homme à côté.

Cependant, sa présence revînt bien rapidement à son esprit, accompagnée de nombreuses questions. Lorsqu'il prit la parole, elle tourna la tête vers lui et l'écouta tout en examinant chacune de ses réactions. La curiosité était souvent accompagnée par un exceptionnel don d'observation. La politesse ? En effet, peut-être aurait-elle du se présenter en premier mais il devait savoir qu'ici, on se méfiait de tous et de toutes. Donner son nom si vite était bien idiot, bien que le sien n'ait pas une quelconque importance. Simple notion de méfiance. D'ailleurs, il était mieux de ne rien dire que de mentir si minablement comme il le faisait. Oh, évidemment qu'elle l'avait remarqué. Et cela avait d'ailleurs attiré énormément son attention. Chin Thai Lang. Beau faux nom. Bien trouvé. Cela aurait été tellement crédible s'il n'avait pas bloqué ne serait-ce qu'un petit instant avant de se présenter. Ses agissements étaient de toute façon trop étranges. Il faisait tout pour qu'on ne le remarque pas mais cela attirait d'autant plus l'attention sur lui, du moins, pour elle. Curieuse et observatrice, cela aurait été étrange qu'elle ne remarque pas l'étrangeté du personnage. Elle ne dit cependant rien, se contentant de l'observer, retenant un rictus moqueur. Elle ne pouvait pas montrer qu'elle avait compris si vite. Il pourrait prendre peur et s'enfuir, ce qu'elle ne souhaitait absolument pas. Il l'intéressait. Tout d'abord, elle avait réagi de façon idiote en le remarquant et voilà qu'à présent, il mentait. Elle l'écouta sans rien dire, juste à l'observant, cherchant le mensonge suivant. La présence d'étrangers ne le dérangeait pas de par ses nombreux voyages. Intéressant. Il avait donc beaucoup voyager, il était « tolérant » et il mentait. Et bien, si lui était un fidèle du dieu Donar, qu'on lui coupe la main à l'instant même. Les fidèles ne voyagent que très peu. Ils ne mentent pas. Et surtout, oh oui, surtout, ils ne sont absolument pas tolérants. Elle ne dit rien alors qu'il souriait et baillait, souriant elle-même en coin en faisant attention qu'il ne le remarque pas puis écouta ses autres paroles.


    « Je me demandais… de quel monde êtes vous ? Pour ma part je suis bien originaire de l’Archipel de la foudre. Mais qu’est ce qui vous a poussé à venir ici ? Je trouve ce monde plutôt fade face aux autres. Enfin de ce que j’en ai vu…»


Tiens donc, un autre curieux. Lui était donc bien un élémentaire de la Foudre et, elle en aurait juré, un hérétique. Triste vie que devait mener ce garçon. Décidément, elle venait de rencontrer deux éléments anormaux dans ce monde où la normalité était de rigueur, enfin la normalité selon les prêtres. Elle réfléchit un peu avant de répondre. Qu'est-ce qui l'avait poussé à venir ici ? Finalement, elle s'appuya légèrement sur le dossier de la chaise avant de porter ses yeux sur les deux hommes. Elle répondit tout d'abord à l'homme au yeux rougeâtres, bien que cela soit également une réponse au jeune homme aux yeux dorés.

    « En effet, peut-être aurais-je du me présenter tout d'abord mais comprenez ma méfiance. Je m'appelle Mÿa et il est vrai que je ne viens pas d'ici. Mais apparemment, vous non plus, » dit-elle en souriant avant de regarder Davon.

    « Le mensonge doit être manipuler avec adresse, cher ami. Le votre est bien trop empreins de maladresse et bien peu crédible tant est-il que l'on sache observer. »


Elle eût un sourire moqueur, heureuse de détruire la magnifique forteresse qu'il voulait construire à l'aide de ce mensonge. Elle aurait eu une multitude de question à lui poser sur la raison de ce mensonge tout comme elle en avait une multitude à poser à l'homme du monde de l'air ou de l'eau... Tout d'abord, cependant, elle répondit au jeune homme de la foudre. Elle n'allait pas avouer la raison complète de sa venue. Comment réagirait-il si elle disait qu'elle était venue pour comprendre pourquoi le gardien de la Foudre avait été épargné et pourquoi il y avait eu un tel carnage, cinq ans auparavant.

    « Pourquoi suis-je venue ? Par curiosité. Peut-être est-ce de même pour vous ? », demanda-t-elle en se tournant vers son camarade étranger. « C'était un des deux seuls mondes que je n'avais jamais visité. Mais je suis d'accord pour dire que ce monde est le plus fade que je n'ai jamais vu. Seulement, la porte du Royaume du Feu est fermée et je ne puis plus rentrer. »


Cela suffirait pour l'instant. Raconter sa vie n'était pas sa passion, bien au contraire. Mais elle devait répondre simplement et les mettre à l'aise pour qu'ils puissent répondre à leur tour sans gêne et qu'elle découvre leurs ambitions, leurs caractères, leurs personnalités, les raisons de leur présence ou leur mensonge. Elle voulait tout savoir et elle n'allait pas les lâcher avant d'être repue d'informations. Elle avait trop de questions à poser et elle ne savait par où commencer. Les deux hommes l'intriguaient réellement. Elle choisit cependant de se tourner tout d'abord vers l'homme à belle allure.

    « Le jeune homme ici présent et moi-même nous sommes présentés, bien que je sois la seule à avoir dis la vérité. A vous donc de nous dire quel nom vous a-t-on attribué. Qui plus est, je suis curieuse de savoir, moi aussi, de quel monde vous venez. »


La curiosité la faisait parler. Elle n'avait jamais autant parlé à quelqu'un depuis la mort de la vieille dame. Mais tant de questions emplissaient sa tête... Elle les retînt toutes, procédant avec douceur. Elle voulait également savoir pourquoi le jeune homme mentait. Elle se dit que ce serait la prochaine question qu'elle poserait. Cependant, cela s'avéra faux. En effet, la gérante de la taverne venait de s'apercevoir que tous trois avaient terminés leur repas et les foudroyait du regard. Quelle impolitesse. Elle devait penser que ces trois personnages devaient partir au plus vite maintenant qu'ils avaient terminé. Ils ternissaient l'image de la taverne et occupaient des places qui pourraient l'être par des gens bien meilleurs qu'eux, bien qu'elle n'ait rien à reprocher à l'homme à la peau pâle. Mÿa tourna la tête vers elle et soutînt son regard, ce qui eût pour effet de l'énerver d'autant plus. Elle s'approcha d'eux et dit avec sécheresse :

    « Si vous avez terminé, auriez-vous l'obligeance de payer et de vous en aller afin de laissez la place à d'autres clients ? »


Mÿa haussa les sourcils et regarda derrière la femme. Les personnes qui étaient là étaient nombreuses certes mais aucune n'avait l'intention de venir s'asseoir à leur place. Cela la fit sourire et elle prit de son sac une petite bourse de laquelle elle sortit l'argent pour payer son repas et mit sa cape avant de prendre son et de se lever en regardant les deux hommes.

    « Je propose que nous poursuivions notre conversation à l'extérieur. Il semblerait que nous ne sommes pas appréciés ici. »


Elle leur sourit et grimaça de suite après en regardant sa cuisse. Le sang avait quelque peu teint sa jupe de rouge et la plaie lui faisait encore mal mais elle se reprit rapidement et les regarda de nouveau avant de mettre son capuchon et de se diriger vers la porte en slalomant entre les tables. La gérante la suivit du regard, furieuse. Elle passa la porte et se retrouva dans la rue où elle attendit patiemment les deux hommes, espérant qu'ils la suivraient, auquel cas elle se retrouverait bien bête. Mais elle sentait une curiosité venant de Kévin et elle espérait que le faux Chin voudrait bien les suivre. Cependant, elle ne doutait pas vraiment quant à cela. Elle avait remarqué le regard étrange que portait sur lui la gérante et elle se dit que, peut-être, il voudrait fuir celui-ci.

Cet instinct et ce corps contradictoires
Je jouais une "inversion" palpitante
Alors que je me cramponnais doucement sur ça
Ces deux-là sont vraiment magnifiques
Parce que je ne connais que trop cette "impureté"

Naraku – The GazettE

2254 mots selon Open Office
Rajout des 45 points d'xp


Ah j'ai beaucoup parlé et on dirait que vous parlez pas du tout mais en répondant au Rp, vous pouvez répondre avant que je parte hein. Dans mon prochain post, je ferais agir Mÿa en conséquence... Je sais pas si c'est très clair ce que je dis là >.< !
Oui, pour ma part j'ai compris ! Il n'y aura pas de problème ^^
Pas de problème non plus, on fera avec =)
J'finis de répondre au sujet de Celym et je m'y met donc .
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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Lun 2 Aoû 2010 - 19:38

    ( désolée si je réponds moins vite à partir de maintenant, mais ayant commencé à travailler, mon temps libre s'est assez réduit ^^' )

    Pendant quelques instants, seuls de légers coups de langue assortis d'un miaulement satisfait troublèrent le silence qui s'était instauré autour de la table . Malgré tout ce qui avait pu être dit sur la qualité de la cuisine de l'auberge, le félin blanc avait l'air d'apprécier les restes de soupe . Mais bon, quel chat n'aimait pas le poisson ? Des trois occupants de la table, seul le jeune homme à l'écharpe foncée avait encore quelque chose dans son assiette, et il ne semblait pas des plus pressés de le finir . À vrai dire, au vu de la façon dont il mangeait, il n'avait pas l'air d'avoir très faim . Son entrée dans l'auberge lui avait-elle coupée l'appétit, ou aimait-il user de son argent à perte ? Certes, il engloutissait son pain & fromage à un rythme assez rapide, mais cela contrastait fortement avec la lenteur dont il avait fait preuve au début . Une fringale soudaine ? Peu probable . Sans doute avait-il envie de partir d'ici le plus vite possible ... Quel garçon étrange . Il sursautait fréquemment, se cachait derrière une pièce de laine alors qu'il faisait plus que chaud dans l'Archipel, et conservait en général un air méfiant et apeuré . Pour ce qu'il en savait, il n'avait pas l'air d'un étranger, mais plutôt d'un bon vieux natif de l'Archipel . Techniquement parlant, il n'avait donc aucun raison de se terrer comme un lapin, à trembler comme une feuille et fixer la sortie ... Bon, j'exagère sans doute un peu, mais l'essentiel est là . Hérétique alors ? Regnard avait toujours pensé que les impies, ceux qui rejetaient totalement le culte de Donar, se séparaient en deux catégories distinctes . D'un côté, il y avait les individus cultivés, intelligents, maniérés, mais trop imbus d'eux-mêmes . Ils plaçaient leur fierté au dessus de tout, et refusaient ainsi de se plier à la religion, ou au simple jeu de prétention auquel se prêtaient quelques habitants de l'Archipel . Et de l'autre côté ... Il y avait les fous, les imbéciles, et tous ceux qui n'avaient pas compris que rejeter Donar équivalait à une vie de fuite et de rejet . Ce garçon n'avait pas l'air mentale atteint, que ce soit par la folie ou le manque de neurones . Il se semblait pas non plus porter un égo surdimensionné ... Ou être particulièrement buté, bien que ces deux " qualités " ne se remarquent pas forcément au premier coup d'oeil . Était-il vraiment un Hérétique alors ?

    Arrachant Regnard à ses réflexions sur son compte, le garçon se décida finalement à parler à son tour, pour se présenter . " Chin Thai Lang " hein ? Quel patronyme stupide ... Et qui sentait le faux nom à plein nez en plus . L'Horloger haussa le sourcil . Ce n'était pas tant le silence gênant qui avait coupé leur interlocuteur dans son élan au moment d'annoncer son nom qui lui avait mit la puce à l'oreille, mais plutôt le nom en lui même ... Contrairement à sa camarade d'infortune, elle aussi bien loin de chez elle, qui ne respirait pas franchement le modèle de socialisation, lui n'avait pas attendu trois ans avant de se décider à adresser la parole à quelqu'un . Les us et coutumes de la Foudre, il commençait à bien les connaître . Et ce genre d'appellation ... ne sonnait pas vraiment comme familier à ses oreilles . Il voulait bien croire qu'il existe toujours des originaux, prêts à donner des prénoms bizarres à leurs enfants, mais tout de même . Ce léger soupçon, couplé au temps d'arrêt marqué par le jeune homme au moment de se nommer donnait une marge d'erreur assez réduite . C'était un mensonge .

    On ne pouvait pas vraiment le qualifier de " menteur " . Les mensonges, ce n'était pas sa tasse de thé . Ou, plus exactement, il évitais généralement de mentir ouvertement : c'était quelque chose qui pouvait se retourner contre vous beaucoup trop facilement . Être un mauvais menteur ou faire une simple erreur pouvait alors vous être affreusement néfaste . Il suffit de voir ce garçon pour en avoir la confirmation . Non, si l'on voulait vraiment trouver quelque chose à lui reprocher, ce n'était pas de ce côté-là qu'il fallait fouiller ... Ce qu'il pratiquait souvent par contre, une matière dans laquelle il se délectait, un territoire qui était devenu comme un second chez-lui - voire troisième, si l'on comptait également ce petit appartement dans lequel il vivait depuis trois ans - c'était le mensonge par omission . Il y avait nombre de choses dont faire le récit ne le motivait pas tout particulièrement ... Sur ces choses-là, ainsi que sur quelques autres dont l'oubli était plus l'objet de sa volonté que d'une simple feignantise, il pouvait facilement choisir de faire l'impasse . Pour résumer tout cela, disons que Regnard n'aimait pas beaucoup se fatiguer, que ce soit physiquement, ou en se lançant dans de longues discussions ennuyeuses ou inutiles . Prendre les choses trop au sérieux n'était de toutes façons pas amusant .

    Entre temps, le garçon avait recommencé à parler . Sa première tirade s'adressait à celle qui partageait leur table, cette demoiselle à la chevelure couleur arc-en-ciel, aussi l'Horloger n'y prêta-t-il qu'une attention réduite . Il aimait voyager, d'accord . Encore quelque chose d'assez original si on tenait compte des moeurs habituels des habitants de l'Archipel, bien peu réceptifs à la culture des Mondes extérieurs ... La suite de la conversation ne fit que confirmer ce qu'il pensait déjà . Leur interlocuteur était bien un élémental de la Foudre, né sur l'une des îles de ce Monde . Ce qui ne rendait son intérêt pour l'extérieur, et les deux étrangers qu'ils étaient, que plus original . Son attention se reporta ensuite sur celle qui, comme lui, venait d'un autre Monde . Il était parti à la découverte de l'extérieur, une dizaine d'années auparavant, et avait donc eu l'occasion de découvrir les goûts vestimentaires et apparences physiques typiques de chacun des Mondes . Ce genre d'étude sociale, c'était bien le genre de choses qui l'intéressait . D'après ce qu'il en savait, la jeune fille devait venir d'un pays chaud ... Foudre, Feu, ... voire Ténèbres ? Il n'y avait jamais mis les pieds, mais on lui avait rapporté que la nation dont était originaire la Traitresse avait adopté un climat assez tempéré, bien qu'à l'ensoleillement assez bas . Cette dernière donnée ne collait pas vraiment avait le teint halée qu'arborait la fille, il ne restait donc plus que le Feu et la Foudre . Et au vu de la faible possibilité de la voir originaire de l'Archipel ... Par élimination, le Feu donc . Cela collait bien .

    Mademoiselle Mÿa donc . Alors qu'elle désignait le mensonge assez pataud monté par " Lang " , un petit air moqueur sur le visage, Regnard se contenta d'opiner vaguement du chef . Bien sûr, le garçon n'avait pas vraiment l'air d'un maître menteur, mais il était tout de même tout à l'honneur de la demoiselle de l'avoir percé à jour . Nombre d'autres individus auraient sans doute laissé passer, sans vraiment accorder beaucoup d'attention à ce nom étrange formulé de façon incertaine .

    « Pourquoi suis-je venue ? Par curiosité. Peut-être est-ce de même pour vous ? C'était un des deux seuls mondes que je n'avais jamais visité. Mais je suis d'accord pour dire que ce monde est le plus fade que je n'ai jamais vu. Seulement, la porte du Royaume du Feu est fermée et je ne puis plus rentrer. »

    Nouveau signe de tête, son sourire s'agrandissant légèrement . Elle était bien originaire du Royaume du Feu, ce qui était plus que logique si l'on prenait en compte la façon dont elle persistait à s'habiller malgré sa présence au sein de l'Archipel . Elle aussi était coincée ici . Il était également fort probable qu'elle soit à la recherche du Gardien, le Survivant, la seul qui avait encore la possibilité de la faire sortir d'ici ... De les faire sortir d'ici . L'avait-elle déjà trouvé ? Peut-être . Peut-être pas . En premier lieu, il semblerait absurde qu'elle soit encore ici, dans une petite auberge de la Foudre, plutôt que devant la Porte en train de la traverser . Mais peut-être n'avait-elle pas encore réussi à convaincre le Gardien de lui ouvrir la voie ? Peut-être même ne s'était-elle pas encore présentée à lui, attendant le moment opportun pour agir ? Voir, encore, ils s'étaient fixés rendez-vous l'un des jours suivants, afin de mettre au point un plan pour s'approcher de la Porte . Cette-dernière était sacrément bien gardée après tout ...

    « Le jeune homme ici présent et moi-même nous sommes présentés, bien que je sois la seule à avoir dis la vérité. A vous donc de nous dire quel nom vous a-t-on attribué. Qui plus est, je suis curieuse de savoir, moi aussi, de quel monde vous venez. »

    Eh bien ... Il semblerait que ce soit à son tour alors ? Pendant un instant, il envisagea la possibilité de se présenter, lui aussi, sous un faux nom . Non pas que son patronyme soit particulièrement révélateur . Il doutait fortement que cela les avance beaucoup de le savoir, si ce n'est pour avoir une façon de se référer à lui . À vrai dire, si cette pensée lui traversait l'esprit, c'était plus dans l'optique d'embêter le monde qu'autre chose . Irriter les gens, c'était assez amusant . Mais l'expression qu'affichait Mÿa, à présent tournée vers lui, le dissuada d'agir de la sorte . Elle avait parlé assez librement, de façon directe et franche . Et si elle possédait véritablement un moyen de sortir d'ici, il fallait mieux éviter de se la mettre à dos . Le garçon devait sûrement porter une bonne raison derrière son mensonge, la façon qu'il avait de sursauter à tout bout de champ et son état assez tendu prouvaient qu'il ne devait pas avoir la conscience tranquille . Ou qu'il avait peur tout simplement . Dans les deux cas, sa petite digression pouvait s'expliquer, et donc être pardonnée . Mais dans son cas, il n'avait aucune raison de mentir sur son identité, surtout à des étrangers et probables hérétiques . Cela ne ferait donc qu'entrainer d'interminables complications ... Dans ce cas-là, dire la vérité semblait bien plus simple . Et ce n'était pas comme si cela le dérangeait après tout .

    « Très bien, soupira-t-il alors que Cheshire, remarquant un signe d'activité de sa part, venait se coller sous son nez . Les présentations de ce genre, c'était plus ennuyeux qu'autre chose, mais il fallait bien qu'il s'y tienne pas vrai ?
    Je tenterais donc de faire preuve de sincérité, moi aussi . »

    Alors qu'il parlait, Regnard adressa un rictus amusé à " Lang " , avant de reporter son attention sur le félin blanc qui se trouvait à présent juste devant lui, sur la table . Il lui dispensa donc quelques caresses sur le haut du crâne, tout en réfléchissant à ce qu'il allait bien pouvoir dire . Il avait déjà décidé que donner son nom n'était pas un problème, mais qu'en était-il du reste ? Révéler le Monde dont il était originaire n'était pas embêtant en lui-même, c'était plutôt les conclusions qui pouvaient en être tirées qui l'embêtaient . Pour le moment, ses deux interlocuteurs apparaissaient plutôt comme des alliés, mais dans le futur ... Qui sait ? Leur avoir donné trop d'informations sur la nature de son pouvoir ou de ses capacités en général pourrait alors s'avérer fâcheux . Mentir ouvertement n'était pas une bonne idée . Cela risquerait de se retourner contre lui à un moment où un autre . Par contre ... Oui, il n'avait qu'à faire comme ça . Ce n'était pas vraiment un mensonge après tout, pas vrai ?

    « Je me nomme Kevin Regnard, et suis originaire de l'Empire de l'Eau, dit-il finalement . Quand aux raisons de ma présence ici ... Il s'agit de simple curiosité, en effet . Observer le mode de fonctionnement des autres Mondes a toujours été très ... intéressant .

    Il s'exprimait d'une voix lente, sur un ton posé, et assez amusé . Toujours . Il n'avait pas menti de toutes façons ... En quelques sortes, il était bien un citoyen d'Atlantis . Pas officiel, certes, seulement à moitié si l'on prenait en compte ses liens de parenté, mais il avait tout de même passé la quasi-totalité de son enfance là-bas, ce qui n'était pas rien . De plus, cela devrait suffire à assurer sa sécurité, sans qu'il n'ait à craindre de se dévoiler par mégarde . Sans utilisation de son pouvoir, tout irait bien . Et si usage de son pouvoir il y avait, ce serait en cas d'affrontement, et il aurait sans doute bien d'autres soucis alors . Regnard se changeait en albatros . À l'image des mouettes, les albatros étaient des oiseaux marins, intimement liés à l'élément Eau . Il n'apparaitrait donc pas comme " bizarre " qu'un pseudo-élémental de l'Eau puisse se changer en volatile . En bref, il n'y avait aucun problème .

    Après qu'il ait terminé de parler, il s'était attendu à ce que Mÿa réagisse, pose d'autres questions, ou questionne le garçon sur son véritable nom . Ce ne fut pas ce qui se passe . Au contraire, la jeune fille fronça les sourcils tout en fixant un point, quelque part à droite, derrière l'Horloger . L'air interrogateur, il se retourna donc, pour se trouver témoin d'un affrontement silencieux lancé entre les deux femmes, avec l'intensité brûlante de leurs prunelles comme seule preuve . ... Elles ne feraient sans doute pas des amies inséparables . Dans un sens, ce n'était pas vraiment étonnant . Certes, avoir des étrangers dans son établissement faisait mauvais effet, au vu de la politique menée par l'église au sein de l'Archipel . Mais ce n'était pas seulement ça : pour être un habitué de la maison, Regnard connaissait un peu la gérante . Il savait donc qu'elle était un peu xénophobe sur les bords . Ceci, couplé à l'apparence de la fille du Feu, qui ne cherchait pas vraiment à se fondre dans le moule à ce niveau-là, avaient sans doute achevé d'énerver l'aubergiste . Il aurait donc fallu s'attendre à ce qu'elle leur demande de partir . Après avoir laissé échapper un soupir désolé, il regarda leur camarade de table payer son repas avant de se diriger vers la sortie . Il n'aimait pas ce genre d'embrouilles . C'était utiliser beaucoup de salive pour pas grand chose, et même si ces disputes étaient toujours plaisantes à regarder, être prit dedans ne l'intéressait pas du tout . Il fit donc signe à Cheshire qu'ils partaient, et le félin blanc alla se placer sur son épaule, son lieu de prédilection lorsqu'il ne voyageait pas caché dans le couvre-chef de son maître . Le-dit couvre-chef alla reprendre sa place sur le crâne de Regnard, après que celui-ci ait vérifié qu'il contenait toujours la boîte à musique, et que celle-ci n'avait pas trop souffert des assauts répétés de son chat . Après s'être levé, canne en main, il reporta son attention sur " Lang " ;

    « Je la suivrais sans trop faire d'histoire si j'étais vous, dit-il en désignant la porte par laquelle venait de partir Mÿa d'un signe de tête . Elle a l'air d'avoir un sacré caractère, et n'appréciera sans doute pas d'être laissée pour compte . »

    Après avoir laissé échapper un petit rire cristallin, il se dirigea vers le comptoir, et sortit une bourse de soie bleue de son chapeau - oui, encore . Tout en adressant un grand sourire à la gérante, qui semblait toujours fumante de colère, il en extirpa quelques piécettes et les déposa sur le bois du bar .
    « Bonne journée à vous, et merci pour le repas . »
    Il leva son haut-de-forme en guise d'au-revoir, et franchit à son tour la porte de l'auberge .

    Là dehors, il trouva bien sûr la fille du Feu, qui les attendait sans donner signe d'impatience . Regnard lui sourit tout en hochant la tête, avant d'aller se placer non loin d'elle, attendant lui aussi l'arrivée du troisième et dernier membre de leur " groupe " . Il ne se faisait pas beaucoup de soucis quand à sa sortie de l'auberge : effrayé comme il l'était, il allait sans doute prendre cela comme une bonne occasion de s'en aller . Pour une raison qui lui échappait, le garçon semblait avoir peur de l'aubergiste et de son fils, le serveur ... Il y avait sans doute une histoire intéressante là-dessous . Oui, le garçon sortirait certainement de la taverne ... Restait à savoir s'il accepterait de les suivre, ou préférerait se carapater comme un lapin . Il n'avait qu'à attendre pour le savoir .

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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Mer 4 Aoû 2010 - 22:10

Le tout jeune dénommé Chin baissa les yeux sous le regard brulant de la fille du feu. Si il aurait pu, Davon aurait choisi ce moment là pour se frapper la tête contre la table et se traiter d’idiot. Mais, comme cela, il passerait encore plus pour un dégénéré. Davon poussa un soupir et passa une main nerveuse dans ces cheveux. Mouvement étrangement répétitif qui commençait peut être à devenir un tic…
Elle lui semblait loin les années où il se sentait « bien », qu’était il donc arrivée au Davon fougueux qui un peu trop téméraire courrait de tous côtés ? Car il n’avait jamais vraiment pensé au conséquence. Il vivait au jour le jour… Et à présent, il ne faisait que se demander de quoi ce ferait demain….
Trois années s’étaient écoulées. Et pas les plus agréables de son existence. Ce n’est que maintenant qu’il se rendait compte à quel point il avait changé. Que son attitude franche avait été légèrement masqué par de la méfiance. Lui qui laissait quasiment toujours apparaitre ces émotions, il essayait à présent de le cacher. De se cacher. Tout comme une frêle souris.
Ses poings se serrèrent légèrement alors qu’il fermait les yeux.

« En effet, peut-être aurais-je du me présenter tout d'abord mais comprenez ma méfiance. Je m'appelle Mÿa et il est vrai que je ne viens pas d'ici. Mais apparemment, vous non plus, » dit-elle en souriant avant de regarder Davon. « Le mensonge doit être manipuler avec adresse, cher ami. Le votre est bien trop empreins de maladresse et bien peu crédible tant est-il que l'on sache observer. »

Davon rouvrit les yeux observant le sourire fière de Mÿa et voyant au coin le hochement de tête de l’albinos. Ils avaient tous les deux compris… il n’était vraiment pas doué pour mentir. Un petit sourire malheureux étirait ses lèvres en un rictus. Il déposa ses coudes sur la table avant de fixer tour à tour les deux étrangers, mesurant les paroles qu’il allait prononcer. Et espérant qu’il n’allait pas les agacer avec ces paroles.

- « Excusez-moi de ma grossièreté… Malgré tout, je vais tout de même vous demander de m’appeler "Chin". »


Il inclina légèrement la tête, respectueux. Davon espérait réellement qu’ils comprendraient. Il était obligé de garder ce faux nom. Pas qu’il n’aimait pas le sien, mais jamais depuis que les portes s’étaient refermés il avait réellement eut le temps de « sympathiser » et donc, par politesse, de donner son nom. Et surtout pas dans un lieu aussi bondé. Non, on ne peut pas vraiment dire que cette situation c’était déjà présenté à lui.

« … Peut-être est-ce de même pour vous ? »

Le jeune homme fut sorti de ces pensées par le mouvement de tête de la jeune femme. Il n’avait même plus prêté attention à ce qu’elle disait. Quel empoté ! Il observa Mÿa, essayant de ce souvenir de ces anciens mots, qu’il avait peut être entendu mais pas retenu…
« Curiosité » ? Venir voir un monde tel que celui-ci… Pourtant nombre de personne pouvait dire que c’était un monde intéressant. Mais il possédait sa propre couleur, son propre mode de vie, comme tous les autres mondes. Ils étaient tous bien différents.

« C'était un des deux seuls mondes que je n'avais jamais visité. Mais je suis d'accord pour dire que ce monde est le plus fade que je n'ai jamais vu. Seulement, la porte du Royaume du Feu est fermée et je ne puis plus rentrer. »

Le dénommé Chin hocha la tête. Il comprenait parfaitement ce que voulait dire par « fade »… Il poussa un léger soupir en pensant qu’elle avait dû rester en ce monde aussi longtemps. Le gardien espérait réellement que les clefs restantes trouveraient rapidement un gardien pour chacun des mondes.
Des personnes inexpérimentées. Davon crut un instant être devenu vraiment vieux. Après tout il avait trouvé la clef à 15 ans, alors les nouveaux venus risquaient peut être d’être aussi jeune. Ce qui ferait de lui un vétéran. Un léger sourire amusé apparu sur son visage. Bien vite remplacée par une moue horrifiée. En tant qu’ancien gardien, il se devait d’être là pour enseigner les devoirs les enseignements aux nouveaux venus. Ces jeunes seraient donc inexpérimentés, maladroits (bon lui l’était toujours malgré son entrainement, mais là n’est pas le sujet…) et ce serait à lui de leur apprendre quelque chose. Parce que, après tout il était bien un gardien.
Davon fut un instant figé par ce constat. Car il n’avait jamais pensé à ce cas de figure. Voilà trois ans qu’il courrait dans tous les sens, et il n’avait même pas pris la peine de penser à son statut de gardien.

« Le jeune homme ici présent et moi-même nous sommes présentés, bien que je sois la seule à avoir dis la vérité. A vous donc de nous dire quel nom vous a-t-on attribué. Qui plus est, je suis curieuse de savoir, moi aussi, de quel monde vous venez. »

Davon fut une nouvelle fois tiré de ces pensées par Mÿa. Il fallait vraiment qu’il soit plus concentrée sur la conversation au lieu de dériver dans ses pensées. Il se concentra sur l’homme à ses côtés et sa voix raisonna avec clarté.
C’était surtout la suite de la réponse -qui lui était particulièrement réservée- qui retint son attention. Ses épaules s’affaissèrent, et le rouge de la honte monta à ses joues, Davon observait fixement la table. Il espérait réellement que Regnard (étrangement, son nom lui venait plus naturellement que son prénom, contrairement à Mÿa. Peut-être étais ce dû à la noblesse du personnage…) ainsi que la fille du feu n’allait vraiment pas se formaliser de ce fait.
Oui, parce qu’il commençait à douter réellement.
Il quitta la table des yeux (à force de la contempler, il pouvait presque vous dire où se situait les rainures noires qui striaient le bois ainsi que les légers trous qui lui donnait du « caractère »…) et observa Regnard qui continuait à se présenter.

« Je me nomme Kevin Regnard, et suis originaire de l'Empire de l'Eau, dit-il finalement . Quand aux raisons de ma présence en ce Monde ... Il s'agit de simple curiosité, en effet . Observer le mode de fonctionnement des autres Mondes a toujours été très ... intéressant .

L’empire de l’eau ? Un monde (encore un autre) qu’il aurait voulu contempler plus longtemps. Il hocha la tête ne se doutant pas un instant de la semi vérité qui se cachait sous ses mots. Un instant on put apercevoir le Davon d’avant, confiant, ne doutant de personne. Derrière ses yeux cernés une nouvelle lueur s’était allumée, ou non, s’était plutôt rallumé. Ses yeux légèrement ternes s’étaient éclairés, la curiosité le poussant à se montrer plus entreprenant.
La curiosité, le léger gout que vous laissait sur la langue l’aventure, les mots qui s’échappaient de ses lèvres sans aucune restriction… Il avait l’impression de se retrouver petit à petit.
Sa main se resserra sur son écharpe dans un geste réconfortant, savourant le contact des mailles de laines noirs enroulé avec délicatesse les unes dans les autres. Un léger sourire étirait à présent ses lèvres. Un petit sourire doux, simple.
Il ouvrit la bouche pour poser une question mais le visage de Mÿa l’en empêcha. Ses sourcils se froncèrent alors qu’il essayait d’apercevoir ce que la jeune femme était en train de regarder. Il se retourna et remarqua que Regnard avait fait de même. Il observa la tavernière et la crainte qu’elle lui inspirait fit remonter la crainte et fit enrouler autour de son être la peur. Souvent comparé à un serpent qui enroulait vos anneaux autour de vous, pour essayer de vous étouffer.
La comparaison était juste. Il avait déjà assez ressenti l’étouffement de cette chose autour de lui.

« Je propose que nous poursuivions notre conversation à l'extérieur. Il semblerait que nous ne sommes pas appréciés ici. »


Davon se retourna d’un simple mouvement vers elle et hocha la tête. Il glissa ses doigts dans sa besace et en sortit quelques pièces d’un jaune métallique. S’empressant de les compter, consciencieux pour en avoir la quantité requise.
Alors qu’il allait remettre ses pièces dans son sac, la voix de Regnard le fit lever la tête vers lui.

« Je la suivrais sans trop faire d'histoire si j'étais vous, dit-il en désignant la porte par laquelle venait de partir Mÿa d'un signe de tête . Elle a l'air d'avoir un sacré caractère, et n'appréciera sans doute pas d'être laissée pour compte . »

Il ponctua sa dernière phrase par un léger rire. Davon ne dit rien, ne faisant qu’hocher la tête, alors qu’il fermait sa besace. Il se releva lentement et aperçu l’homme à l’allure étrange payer au comptoir et saluer avec un sourire la tavernière désobligeante. Le jeune homme observa la silhouette disparaitre en dehors de l’auberge. Un instant il resta immobile, debout entre ses cris, ses mots prononcer d’une voix excessivement forte, le léger raclement des chaises sur le sol dure ainsi que le bruit des chopes de bières s’entrechoquant.
Un court moment où la solitude le rattrapa. La solitude qu’il subissait avant que ses deux étrangers ne viennent lui parler. Deux étrangers.
Un petit sourire étira ses lèvres, bien vite remplacé par un visage sérieux lorsqu’il se mit en mouvement pour se rendre au comptoir. Etrangement ce ne fut pas la patronne de l’auberge qui l’accueillît mais une autre personne. La gérante devait surement être en train de patrouiller dans son établissement… Qui sait.

- « Qui avais tu comme serveur, toi ? Désolée mais la Chef est partie, donc je n’ai aucun moyen de savoir. C’était toi qui était installé à la table avec la fille aux cheveux bizarre et le noble assez étrange non ? »
- « Euh… Si je me souviens bien c’est le jeune homme là bas, qui essaye de slalomer entre les hommes saoules… »
- « Ah, ca... c’est les habitués !… Hep ! » il fit signe au jeune homme pour qu’il s’approche « Viens par là. Attends, deux secondes, qu’il arrive. »

Après quelques secondes passé à attendre, le jeune homme, légèrement essoufflé s’approcha du comptoir. Un sourire désolé figé sur le visage.

- « Ils sont un peu lourd… »
- « Ahah ! C’est les habitués ! Je voulais savoir combien nous devait ce jeune homme. »
- « Ah… Une dizaine de pièce je crois. »
- « Si peu ? »

Le serveur haussa les épaules alors qu’il jetait quelque coups d’œil à Davon, qui essayait de l’ignorer le plus possible. Pourtant une main lourde vint s’abattre sur son épaule et c’est dans un sursaut qu’il se retourna vers une figure malheureusement connu.

- « La vieille avait raison… C’est bien toi. »
- « Vous… vous devez faire erreur. »

Devant lui se tenait l’un des roublards qui avait pris un malin plaisir à le poursuivre hier. Un sourire vicieux se dessina sur ses lèvres alors qu’il lançait quelques pièces vers l’homme qui avait accueillît Davon au comptoir.

- « Je m’occupe de lui. Alors va prévenir les autres. »
- « Aucun problème Alberto. »

Le dénommé Alberto leur fit un clin d’œil alors que sa main venait serrer le bras de Davon qui se laissa faire, ayant trop peur de s’attirer plus de problème déjà dans l’auberge. Il ne dit rien alors qu’il sortait de l’endroit étouffant pour revenir sous le ciel pluvieux de RaiKanD’Jan. Le blond ne pensa même pas au deux voyageurs qui se trouvaient un peu plus loin. Seule la silhouette lugubre de l’homme importait à ce moment là. Ils se retrouvèrent dans une ruelle adjacente.

- « Alors, tu traines ici en toute impunité, hein, l’hérétique ? En plus tu te permets de trainer avec ces… étrangers dans un si bon quartier que celui-ci ? Tu sais bien que le genre de nuisance tel que vous n’êtes pas très bien vu. Surtout toi. »
- « Pardon… ? »
- « Oh… » il prit une mine réflechie avant de sourire. « et bien ceci » il appuya sur l’arcade sourcilière blessé de Davon qui le fit grimacer « devrait te rafraîchir la mémoire, non ? »

Davon dégagea d’un mouvement vif la main qui appuyait sur sa plaie.

- « Je me suis fait ca en tombant. Rien à voir avec vous. »
- « Arrête donc de nier. Je sais que c’est toi, le petit filou venu souiller de sa présence l’auberge de cette petite fille de campagne. Hier nous n’avons pas pu t’attraper, il semble qu’aujourd’hui, Donar m’ait donné une autre chance pour me racheter. »

Les yeux dorés du jeune homme se firent plus froid alors qu’il se dégageait brusquement, sous le regard étonné d’Alberto. Qui resta immobile, observant avec stupéfaction Davon devant lui qui s’était retourné pour le fixer un instant.
Et alors qu’il se retournait pour s’enfuir, une pression inattendue sur son cou l’arrêta net dans son élan. Le faisant suffoquer et le tirant en arrière.
Un sourire torve apparu sur le visage d’Alberto. Il avait empoigné le morceau de tissu retenant ainsi son adversaire. Et Enroulé comme elle était autour du cou du blond si Davon tentait de se debattre ou essayait de se dégager, l’écharpe ne ferait que se resserrer autour de sa chair. Instinctivement, il recula de quelque pas. En tentant de trouver un peu d’air. Exactement ce qu’avait prévu Alberto. Celui-ci, le plaqua contre lui et glissa son bras sous le menton de Davon appuyant contre la gorge rougit par la pression.

- « Je ne te laisserais pas filer cette fois. Sache que mort ou vif, ton corps pourrait me rapporter une énorme bourse remplie d’argent. les prêtres veulent vraiment te voir, mort ou vif, cela revient au même. »

Un grand sourire étirait les lèvres de l’homme alors que Davon grimaçait un peu plus en sentant la prise se resserrer. Il était incapable de parler. Ses mains vinrent saisir le bras contre sa gorge. Il put entendre Alberto s’esclaffer derrière lui. Se moquant de cette force ridicule qui essayait de rivaliser contre sa puissance.
Les yeux clos, le gardien laissa son pouvoir affluer en lui, parcourant son corps, grisant ses sens. Davon concentra une partie de son pouvoir dans ses deux mains. Il pouvait sentir la peau calleuse sous ses doigts et d’une impulsion, son pouvoir traversa son corps pour passer dans celui d’Alberto.
Un instant le visage de l’homme se décomposa. De la surprise, de la douleur et aussi un mélange d’incompréhension se peignit sur ses traits. Il se recula, lâchant le corps de Davon, son bras valide venait attraper celui qui pendait mollement à ses côtés. Ne comprenant pas pourquoi il ne pouvait plus se servir de son membre parcourut encore de douloureuse décharge.
Et dans un moment de lucidité, alors qu’Alberto continuait à tenir son bras droit en criant, Davon se détourna de l’homme et se mit à courir. La ruelle où il avait atterrit lui semblait presque inconnus, étroite, elle laissait voir une partie de la place du marché. Il ne devait pas se trouver très loin de l’auberge. L’espace d’un instant, il crut apercevoir un mouvement sur sa droite. Le jeune homme se retourna vivement mais n’appercut personne. Il espérait seulement que personne ne l’avait entendu… Si on était allé chercher des gardes, Davon était vraiment mal partie pour s’en sortir libre (ou vivant) de ce guêpier.
Devant lui, là où il avait vu cette chose (?), une petite ruelle très étroite et courte le menait directement à l’auberge.
Davon l’emprunta sans réfléchir. L’image des deux pèlerins lui revint alors en mémoire. Il se figea en repensant à eux. Un instant il les avait oubliés. Quasiment en pleine course il fit quelques pas avant de s’arrêter totalement.
Il se demandait où ils étaient allé. Et S’ils l’avaient attendu ?
En tout cas, il avait un gros problème à présent.
Car Davon, savait qu’Alberto n’allait pas rester où il était après ce qu’il lui avait fait. D’ailleurs le contre coup de son attaque se faisait ressentir. Il grimaça alors que le jeune homme cherchait du regard Regnard et Mÿa.
Au moins qu’il puisse les prévenir qu’il fallait qu’ils partent eux aussi. Car apparemment, Alberto et sa bande les avaient aperçu ensemble dans la taverne (surement aider par cette stupide bonne femme. Davon se doutait bien qu’il avait dû lui dire quelque chose, vu les regards qu’elle lui avait lancé.) Et Davon ne voulait pas les mêler à cette stupide affaire. Après tout, ils ne se connaissaient même pas. Alors il ne pouvait tout simplement pas les mêler à cette histoire.

2760 mots arrondis à 2800
56 points d’xp, lvl up.

[Désolée pour le temps de postage. Pendant deux jours je n’étais pas dispo; j’espère que cela n’aurait pas été trop long. Merci encore pour votre patiente !]
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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Dim 8 Aoû 2010 - 17:03

Un amusement singulier défait tes habitudes
C'est ainsi que tu vas faire ta petite étude
Sur des personnages étranges qui t'amèneront
Dans un monde incertain où tout n'est pas rond.

Avant d'être interrompue par l'impolitesse particulièrement profonde de la gérante de la taverne, Mÿa avait attentivement écouté la présentation du dénommé Kevin Regnard. Elle fut heureuse de le voir dire qu'il allait faire preuve de sincérité même si le verbe tenter ne lui plaisait pas vraiment. En effet, s'il s'avérait qu'elle était la seule à être franche, elle n'allait pas vraiment apprécié longtemps leurs cachoteries. Elle ne s'emportait jamais vraiment beaucoup auparavant mais son caractère s'était quelque peu endurci depuis son arrivé et, à présent, il lui arrivait souvent de s'énerver très rapidement. Elle observa donc Regnard, essayant de déchiffrer un quelconque mensonge mais elle n'en trouva pas. Ainsi donc il était originaire de l'Empire de l'Eau ? Elle sourit intérieurement. Le Feu et l'Eau étaient deux éléments naturellement opposés. Cependant, elle n'était pas antipathique envers ceux qui maîtrisaient cet élément. Après tout, les pouvoirs ne montraient pas la personnalité d'un personnage... Bien que des propriétés naturelles opposent le Feu et l'Eau, cela ne devait pas intervenir dans des relations. Toujours était-il qu'elle ne s'était pas trompé en hésitant entre l'Air et l'Eau. L'homme venait donc de ce magnifique Empire qu'elle avait eu l'occasion de visiter jeune et qu'elle avait apprécié bien qu'un peu trop humide à son goût... Mÿa sourit quand il dit qu'il était venu voir le fonctionnement de ce nouveau monde. Ils avaient eu les mêmes intentions de départ, à quelque chose près.

Cependant, bien qu'elle aurait aimé lui répondre, elle ne put le faire de par le regard que lui lança la gérante. Après s'être vêtue et leur avoir proposé de s'en aller, Mÿa sortit de la taverne. Tout en attendant, elle réfléchit lentement au lieu où ils pourraient aller. Cette ville était infestée de personnes comme la gérante et sans doute allaient-ils se faire interrompre où qu'ils aillent. Peut-être serait-il mieux de sortir de la ville alors ? Quoique cela entraînerait peut-être encore plus de difficultés pour quand ils voudraient re-rentrer. Elle fut interrompu dans ses réflexions par l'arrivée de Regnard qui avait décidé de la suivre. Bien qu'elle s'y attendait, elle ne put se retenir de penser que cela était un soulagement. Elle lui renvoya son sourire et regarda le chat posté sur son épaule. Il était vraiment très mignon et elle ne put retenir un deuxième sourire avant de reprendre une expression habituelle et neutre. Elle eût alors l'occasion d'observer l'homme une deuxième fois. Il respirait vraiment une classe inhabituelle. Son chapeau sur la tête, sa canne dans la main, son chat blanc sur l'épaule n'accentuait que trop cette impression déjà présente ne serait-ce qu'en observant ses vêtements.
Attendant patiemment l'arrivée du troisième membre, elle ne dit rien. Cependant, elle trouva que cela prenait un peu de temps. En effet, s'il s'était levé à la suite de Regnard, il aurait déjà du sortir. Lentement, elle se tourna et regarda par la vitrine et le vit parler avec deux serveurs dont un qui n'était pas là à sa sortie. Elle haussa les épaules d'un geste avant de se retourner de nouveau et d'attendre sans se soucier de ce qu'il se passait à l'intérieur. Elle aurait sans doute pas du se détourner car elle n'avait pas aperçu l'homme qui, apparemment, voulait quelque chose de la part de « Chin » et certainement pas quelque chose de bon. Elle pensa que peut-être, il ne voulait pas les rejoindre puis se perdit dans ses réflexions.

Elle ne pourrait pas laisser ce jeune homme lui réchapper. Il avait quelque chose qui l'avait fait réagir tout à l'heure. Son bras caché par sa cape serra doucement l'endroit où elle s'était ouverte. Il y avait quelque chose qui l'intriguait. Qui plus est, il avait insister pour que Regnard et elle-même continue de l'appeler par son faux nom bien qu'ils aient tous deux découvert le mensonge. Qu'il soit un hérétique, c'était une chose mais il devait y avoir autre chose. En effet, en la voyant, il ne pouvait pas croire qu'elle pratiquait cette imbécile religion. Et l'homme de l'Eau paraissait de ces personnes qui se fichaient quelque peu de la religion mais agissait de sorte qu'on ne l'embête pas. Ce qu'elle admirait. Elle ne savait pas comment il était possible d'agir comme si l'on croyait en quelque chose de totalement irréaliste. Mais enfin, elle n'avait pas eu trop de problème ces dernières années, elle n'essaierait donc pas de faire cet effort inutile. Toujours était-il que les trois semblaient ne pas vraiment croire en Donar, donc il aurait pu dire son nom en toute sécurité. Entre hérétiques, ils se seraient entre-aidés. Ou peut-être était-ce naïf de penser ainsi ? Probablement oui... Après tout, elle, arrivait à peu près à se faire oublier mais il semblait que pour « Chin », il n'en était pas de même. Bien que faisant de piètres efforts pour paraître normal, le serveur semblait l'avoir remarqué et la gérante aussi. Cachait-il réellement quelque chose ?

Le temps de ses réflexions fut interrompue par la sortie du garçon qui, et elle ouvrit grand les yeux de surprise, se faisait tirer par un homme aux airs malsains. Elle regarda Regnard avec cette même expression de surprise et jeta un coup d'œil à la ruelle où l'homme avait entraîné « Chin ». Puis, finalement, elle sourit, amusée par la situation et avec une envie irrésistible de les suivre. Elle se tourna de nouveau vers l'homme de l'Eau et lui dit d'un ton amusé :


    « Je ne sais pas ce que vous en pensez mais je trouve cette situation particulièrement intéressante et je pense qu'il serait sans doute amusant de les suivre. »


N'importe qui aurait pu la prendre pour une folle à s'amuser d'une telle situation mais, après tout, dans ce monde ennuyeux à en mourir, elle s'apprêtait à assister à une querelle qui semblait bien intéressante. Elle ne pouvait donc rester choquée sans bouger, c'était bien plus amusant de suivre et pourquoi pas de participer... Toujours souriant de ce sourire amusé mais pas réellement franc, elle entreprit de se rendre dans la ruelle, certaine que Regnard la suivrait. Ce jeune menteur était trop intéressant pour le laisser filer. Elle arriva à l'entrer de la ruelle et resta quelque peu en retrait, suivant avec amusement ce qu'il se passait. A son arrivée, l'agresseur parlait de nuisance pas bien vu et – Mÿa haussa les sourcils – particulièrement lui. Elle avait donc vu juste quand elle pensait qu'il était plus qu'un simple hérétique. Restant à distance des deux jeunes hommes, elle et Regnard observait. L'homme malfaisant appuya son doigt sur ce qui semblait être l'arcade sourcilière de Chin et parlait de lui rafraichir la mémoire. Chin se dégagea et donna une explication qui était un pur mensonge. Comment était-il possible de ne pas savoir mentir à ce point ? L'autre d'ailleurs n'y cru pas un instant et affirma qu'il avait souillé l'auberge d'une fille campagnarde.
Elle observa Chin se dégager et essayait de fuir. Elle ne put s'empêcher de penser qu'il était lâche avant qu'il ne se fasse rattraper par l'homme qui lui avait attrapé l'écharpe. Alors qu'il se faisait lentement étranglé, de légères flammes apparurent sur la peau cuivrée de Mÿa. Elles étaient très faibles mais Regnard, qui n'était pas loin, pouvait certainement les remarquer. Le sourire avait disparu de son visage alors que l'homme parlait de ramener Chin mort ou vif aux prêtres et de la somme d'argent qu'il pourrait gagner à la suite de ce geste particulièrement mauvais. Mÿa, qui s'était adossée à un mur de la ruelle se redressa lentement, les flammes grandissant légèrement le long de sa peau et mit son bras dans son sac qu'elle tenait sur l'épaule. Mais avant qu'elle n'ait pu sortir ses deux armes, elle vit l'homme lâcher Chin et entendit son cri de souffrance avant que le jeune homme fuit. Elle abaissa alors le bras et les flammes qui avaient entourées sa peau s'éteignirent. Il avait certainement user de son pouvoir pour envoyer dans le bras de l'homme quelque chose qui lui faisait certainement très mal. Etant un élémentaire de la Foudre, elle pensa à une décharge électrique. Toujours était-il que le jeune homme venait de fuir en courant, en laissant les deux étrangers en plan. Mais après tout, il n'avait pas vraiment du les remarquer. Ils s'étaient tenus éloignés du lieu de bagarre. Mÿa soupira.


    « Je sens que ce môme va nous attirer une tonne d'ennuis. »


Elle s'était parlée à elle-même mais cela ne la dérangeait pas que Regnard l'entende. D'ailleurs, elle se tourna vers lui.

    « Il n'a pas l'air vraiment apprécié dans les alentours. Je ne serait pas surprise qu'il se fasse tuer. L'idiot là-bas ne devait pas être seul. », dit-elle en désignant l'homme dont les cris de douleur s'atténuaient légèrement.
    « Je pense le suivre, qu'en pensez-vous ? », ajouta-t-elle en souriant.


Quelle que fut la réponse, elle lui sourit de nouveau et marcha très rapidement vers l'homme qui souffrait, tout en enlevant son wakizashi de son sac, elle prendrait son autre sabre plus tard. Pour l'instant, elle n'en avait pas besoin. Tout en se dirigeant le long de la ruelle, elle écrasa le bras de l'homme à terre sans s'en soucier et continua dans la direction qu'avait prise « Chin ». Elle marchait très rapidement, ne voulant pas vraiment courir de peur d'attirer un peu trop l'attention si un quelconque passant se dirigeait par ici. Elle regardait autour d'elle puis elle arriva à la ruelle qu'avait prise « Chin » et qui menait à l'auberge. Elle ralentit le pas en le voyant qui s'était arrêtée dans celle-ci. Il regardait devant lui et Mÿa s'arrêta à une dizaine de mètres de lui et soupira.

    « Alors ainsi, vous êtes recherchés par des prêtres qui veulent votre tête ? C'est bien embêtant ça. Vous fréquenter ne nous aura pas fait du bien. Qui plus est, je pense – elle se tût un instant, écoutant autour d'elle – que vous avez créé une certaine agitation qui va nous mettre en danger. »


Elle disait ça sur un ton amusé comme si rien ne serait mieux qu'une bagarre contre la ville entière. A vrai dire, elle avait presque oublié son but, son désir de retrouver le gardien de la Foudre. Elle voulait simplement découvrir ce que cachait cet étrange jeune homme. Sa curiosité allait se transformer en obsession dans peu de temps si cela continuait.
Qui plus est, on entendait aux alentours des cris paniqués du genre : « Par Donar, il l'a blessé ! », « Trouvez-le, trouvez-le ! », « Les deux étrangers ont aussi disparu ! Je suis certain qu'il est avec eux ! », « Si vous les voyez, capturez-les immédiatement ! », « Dépêchez-vous avant qu'il ne s'échappe encore ! ». L'agitation environnant était particulièrement amusante pour Mÿa. Elle sortit son deuxième sabre et mit son wakizashi à gauche et son katana à droite de sa ceinture sur laquelle était accrochée des boules de diverses couleurs.


T'as rien a faire là
Tu comptes les dégâts
Posés partout, ses regards posés sur toi
Qu'ont-ils tous ces gens
Au rictus blessant
A vouloir a tout prix
Te sortir du rang.

Seul – Ina-Ich

1889 mots selon Open Office
Arrondis à 1900 mots ;
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[Froggy, désolée, je te fais un peu te déplacer et tout mais pour faire bouger le RP, je voyais pas comment faire autrement >.<. Si quelque chose ne va pas, tu me dis. =)
Sinon, désolée pour l'attente, j'aidais ma mère et puis j'ai un ami qui est venu après, bref j'me suis pas trop connectée...]
Y a pas de problème, j'aurais suivi le mouvement de toutes manières ^^
Je réponds demain si tout se passe bien, mardi sinon .

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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Ven 20 Aoû 2010 - 17:43

    Il n’était pas de ces impatients incapables de tenir en place pendant plus de cinq minutes . On aurait même pu s’avancer un peu et lui attribuer ce don rare et précieux qu’était la patience, cela n’aurait sans doute pas été démenti . Pourtant … Pourtant, Regnard commençait à trouver le temps long . Il avait de quoi s’occuper : observer la foule grouillante dans les rues de la capitale comptait parmi ses occupations favorites, et en ce début d’après-midi, il y avait largement de quoi faire . Il aurait également put sortir cette fameuse boîte à musique de son chapeau et commencer à l’inspecter plus en détail, bien que jouer avec les mécanismes de sa nouvelle acquisition aux côtés de la demoiselle Mÿa ne lui semblait pas du meilleur goût . Quelque peu impoli, pour tout dire . Il aurait pu engager la conversation avec elle, pour lui demander par exemple ce qui avait causé de filet de sang sur sa cuisse qu’elle avait laissé entrapercevoir, à l’intérieur de l’auberge, avant de mettre sa cape . Il aurait sans doute pu lui parler de la pluie et du beau temps, pourquoi pas, histoire de combler le silence . Il aurait pu … Il aurait pu trouver mille et uns autres moyens de s’occuper, là n’était pas le problème . Quelque soit ce sur quoi il tentait de focaliser son esprit, il finissait toujours par revenir à ces deux étranges personnes qu’il avait rencontrées aujourd’hui . Qualifier quelqu’un d’étrange, dans son cas, pouvait sembler un peu exagéré . Pourtant, cet adjectif pouvait facilement s’appliquer à Mÿa et " Lang " . Il suffisait de regarder la première pour comprendre qu’elle n’était " pas d’ici " . Certes, il était lui même étranger à l’Archipel de la Foudre, mais les couleurs vives voire flashies dont s’habillait la jeune femme attiraient irrémédiablement l’attention de son entourage, lui collant une étiquette du genre " étrangère, attention ! " sur le front, quand lui pouvait passer pour un simple original inoffensif . Quand à celui qui utilisait un pseudonyme … Eh bien, il tentait de se faire discret par tous les moyens, allant jusqu’à leur demander de continuer à s’adresser à lui par le-dit pseudonyme quand celui-ci avait pourtant été percé à jour sans problèmes . Ajoutez à ceci les regards curieux emplis de doute et de suspicion que l’aubergiste et son fils lui avaient adressés, et vous obtiendrez un regard d’intérêt pour un garçon dont l’apparence ne laissait pourtant rien à présager de tel . Un simple hérétique ne prendrait pas de tels risques … Il devait y avoir quelque chose d’autre .

    En y repensant à deux fois, il devait sans doute être le seul du petit groupe à ne pas avoir de gros problèmes avec l’église de Donar . Le garçon était évidemment un hérétique, s’il y avait bien quelque chose qui ressortissait de son apparence chétive et des coups d’ œil apeurés qu’il n’avait pas manqué de lancer derrière son épaule, c’était ça . Quant à la demoiselle, le peu qu’il avait pu voir laissait penser qu’elle n’était pas du genre à vénérer un Dieu, surtout celui d’un Monde qui n’était pas le sien, sous la contrainte, même pour sauver la peau ou se faciliter la peau . C’était assez noble de sa part . Très courageux, une attitude qui avait dû lui attirer quelques problèmes … Lui n’avait jamais eu ce courage . Pour tout dire, il n’était pas du type " courageux " du tout, préférant courir pour sauver sa peau plutôt que de se lancer dans une bataille pour une cause perdue, ou de défier ouvertement l’autorité en place . C’était trop fatiguant . Il n’aimait pas les ennuis . Il était lâche, tout simplement .

    Le bruit lourd du bois qui s’écrase contre le mur … La porte de l’auberge s’ouvrit à la volée, alors qu’un homme typé bûcheron tirait le bras le fameux " Lang " de tout à l’heure, son poing refermé sur le bras du garçon, en un étau douloureux . Haussement de sourcils . Nous venons de vous le dire, L’Horloger n’aimait pas les ennuis . Or, ceci ressemblait fortement à des ennuis . Il n’aimait pas les ennuis … Lorsqu’ils le concernaient . Sans rien perdre de son calme nonchalant, il suivit du regard le court périple qui conduisit les deux hommes de la sortie de la taverne jusque dans une petite rue adjacente, sombre, froide, étroite . Un œil rougeâtre rencontra les deux pupilles bleutées remplies d’étonnement de Mÿa . Cette dernière mit quelques secondes à fixer la ruelle, puis se tourna vers lui de nouveau, beaucoup plus sûre d’elle cette fois-ci, un sourire amusé sur les lèvres ;

    « Je ne sais pas ce que vous en pensez mais je trouve cette situation particulièrement intéressante et je pense qu'il serait sans doute amusant de les suivre. »

    Il lui répondit d’un autre sourire, ravi de ce qui allait suivre . Des évènements qui, à n’en point douter, seraient des plus divertissants … Il ne faut pas rire du malheur des autres ? Voyons très chère, il est également essentiel d’apprendre à s’amuser de tout .

    « Certainement , répondit-il tout en étouffant un petit rire . Ouvrez la marche je vous prie, j’ai bien peur de ne pas pouvoir être aussi rapide que vous . »

    Sans perdre son sourire, il esquissa un léger signe de tête en direction de sa canne en guise d’explication . Eh non, malgré toute la classe qu’elle lui conférait, elle n’était pas uniquement un élément décoratif . Il aurait sans doute pu marcher sans, le boitement qui affectait sa jambe gauche n’étant que superficiel, mais il était quand même beaucoup plus à l’aise avec elle . Le maintient qu’elle lui apportait n’était pas de refus, et il y avait l’habitude aussi … Toujours est-il que la fille du Feu se dirigea donc vers la ruelle, marchant d’un pas rapide, à la limite de la course, pas assez agitée pour attirer l’attention des passants . Parfait, remarqua-t-il en s’engageant à sa suite, sur un rythme beaucoup plus tranquille, qui n’aurait sans doute pas été très différent s’il s’était rendu dans un salon de thé .

    Dissimulée à l’entrée de la ruelle, Mÿa observait une scène dont il ne tarda pas à devenir spectateur, lui aussi . L’individu massif de tout à l’heure semblait à présent prendre un grand plaisir à postillonner sur le visage de Mister Lang tout en le qualifiant de nuisance . Une nuisance parmi les nuisances même, s’il se fiait à ses oreilles . Rapidement, les choses dégénérèrent encore, et le garçon se retrouva hors de l’emprise de son assaillant . Ce dont ils parlaient, Regnard n’en avait aucune idée, mais toujours est-il que les dons de Lang pour le mensonge ne s’étaient pas améliorés depuis qu’il s’était présenté à l’auberge . Il n’était vraiment pas doué en la matière … Hum . À quoi bon prendre le risque d’en formuler quand on était si mauvais pour raconter des mensonges ? Autant se cantonner à une chose dans laquelle on savait un minimum se débrouiller, non ? Un nouveau rictus amusé vint déformer les traits de l’Horloger . Pauvre garçon … Tout portait à croire qu’il était également assez malchanceux .

    Sans aucun signe préalable, " Lang " se dégagea de l’emprise du bûcheron, se dirigeant vers l’entrée de la rue - l’avenue principale, une évasion possible en se fondant dans la foule - sans demander son reste . Il courait vers la sortie sans jeter de coup d’œil derrière lui . C’était un façon d’éviter toute distraction susceptible de le détourner de son but . Intelligent … Ou alors, il s’agissait simplement d’une réaction de panique basique guidée par la simple peur instinctive . Beaucoup moins glorieux … Mais il ne lui en tenait pas rigueur non plus . Après tout, comme l’aurait dit ce cher De Gaulle, adulé des futures terminales L, les gens intelligents ne sont pas courageux, et les gens courageux ne sont pas intelligents … Le garçon avait presque atteint le bout de la ruelle lorsqu’il reparti en arrière, l’air sincèrement surprit . Derrière lui, son écharpe, et encore plus loin, la main de son assaillant refermée sur le bout de celle-ci . Il était coincé … Pire, il risquait fort de se faire étrangler . Douloureux, comme façon de mourir . Une soudaine bouffée de dioxyde de carbone dans l’air environnant, son air, attira alors son attention . Son pouvoir reposant essentiellement sur la composition de l’atmosphère, l’Horloger avait donc apprit à sentir ce genre de modification, aussi infime soit-elle . Il en allait de la précision des changements qu’il pourrait lui-même y apporter après tout, et il était ainsi assez prudent à ce sujet . Quelle ne fut pas sa surprise quand il s’aperçut que la source de cette poussée soudaine de CO2 n’était pas, comme il s’y était attendu, un fumeur isolé, mais de légères flammes bleues . Des flammes qui, et là était vraiment ce qui l’avait surpris, dansaient doucement sur le bras de Mademoiselle Mÿa . Et cette dernière ne semblait pas s’en formaliser le moins du monde … C’était donc là son pouvoir … Une information précieuse, c’était toujours bon à savoir . Elle semblait prête à intervenir pour sauver la peau de ce parfait inconnu rencontré à peine une heure plus tôt ; bonté d’âme ? Envie grandissante de combattre ? Barbecue surprise ? Ou alors avait-elle simplement, elle aussi, comprit que ce garçon avait quelque chose de spécial, quelque chose d’intéressant, assez intéressant pour ne pas le laisser filer aussi facilement . De son côté, Regnard ne fit rien . Il n’aimait pas beaucoup se battre, alors le faire au bénéfice de quelqu’un d’autre … Il n’avait aucune envie de se prendre pour un quelconque super héros, volant au secours des faibles et des opprimés . Il était bien trop égoïste et feignant pour cela . Reculant un peu, au cas où un combat débuterait vraiment, il se contenta donc de regarder alors que Mÿa tendait la main vers son sac, vraisemblablement en quête d’une arme . Au même moment, l’homme au physique de bûcheron poussa un hurlement de douleur et lâcha " Lang " au profit de son bras, l’air grimaçant . Intrigué, il s’avança de nouveau, adressant une mimique interrogative à la native du Feu, qui avait désactivé son pouvoir . Il ne s’était pas vraiment attendu à ça . Le garçon semblait tellement inoffensif, et n’avait pas montré la moindre volonté de riposte durant les quelques minutes qu’il avait passées sous l’emprise de son agresseur, que le voir contre-attaquer d’une quelque façon tenait du miracle .

    « Je sens que ce môme va nous attirer une tonne d'ennuis. »

    Il retourna la tête à droite lorsqu’elle parla, un sourire amusé se formant rapidement sur les lèvres de l’albinos . Oui, certainement, des tas d’ennuis … Cette perspective ne le réjouissait pas énormément, mais bon … Ces deux individus représentaient une goutte d’inconnu et d’inattendu dans l’existence monotone qu’il menait depuis trois ans déjà, une pincée d’incertitude dans sa vie bien réglée . Réglée comme le papier à musique qui avait dû servir à programmer la boîte qui habitait son chapeau … Y introduire quelques fausses notes ne serait pas la mer à boire .

    « Suivons-le , acquiesça-t-il alors que Mÿa mentionnait la faible espérance de vie de Mister Lang . De nombreuses questions ont été laissées en suspens, et lui seul en possède la réponse . »

    Sans rien ajouter, il suivit la fille du Feu alors qu’elle traversait la ruelle, écrasait allègrement le bras de l’homme à terre au passage . L’Horloger s’arrêta pour jeter un coup d’œil à se dernier, se baissant pour arriver à sa hauteur . Il examina tout d’abord le bras qui avait tenu " Lang " prisonnier, encore agité de légères convulsions . Un rapide examen de son entourage ne fit que confirmer ce qu’il pensait déjà ; l’air était bourré d’électricité statique . Il jeta ensuite un coup d’œil à la marque rougeâtre d’apparence douloureuse laissée par la semelle de celle qui le précédait, et étouffa un autre rire en se redressant .

    « Eh bien, eh bien … Quel caractère , murmura-t-il tout en s’enfonçant dans la ruelle, suivant le chemin que le garçon avait prit pour s’enfuir .

    Regnard détestait se presser . Il était d’un type assez nonchalant, qui aimait prendre son temps pour réaliser les choses, ne pas être dérangé ni forcé à faire quoique ce soit . Aussi marcha-t-il tranquillement jusqu’à la rue, déjà plus large, où les deux autres s’étaient arrêtés, le seul claquement régulier de sa canne sur le pavé traduisant son approche . La demoiselle Mÿa avait déjà engagé la conversation avec Mister Lang, et annonçait sur un ton joyeux qu’ils étaient dès à présent en danger . Hum … Everybody is kung-fu fighting, ne ? Lui ne prêta pas trop attention aux deux autres composantes de leur petit groupe, un air étonné se peignant sur son visage . Encore … La suspicion vint tenir compagnie à l’étonnement alors qu’il tournait l’orbe carmin qui lui servait d’œil en direction de " Lang ", pour rapidement retourner la tête . Non, cette fois ce n’était pas lui . Des cris venaient des rues adjacentes, prémices réjouissants d’une fantastique chasse à l’homme . Ça promettait . Il aurait sans doute trouvé ça assez distrayait s’il n’avait fait partie des proies qui se tenaient devant le viseur, une cible géante dessinée sur le corps . Tourné à nouveau vers le garçon, une expression sérieuse sur le visage – une première – il demanda ;

    « Les élémentaux de la Foudre peuvent-ils se rendre invisibles ? »

    L’air était bourré d’électricité statique, bien assez pour faire se dresser quelques cheveux blanchâtres sur sa nuque . Bien plus que tout à l’heure, et cette fois-ci la source n’était pas en vue … Regnard n’aimait pas ça . Il avait beau rechercher une source de dioxyde de carbone associée à une consommation d’oxygène, des modifications de son air qu’il n’aurait eu aucun mal à identifier en temps normal, mais là … Mis à part Mÿa, Lang et lui-même, il n’y avait rien . Celui qu’il fallait vraisemblablement identifier comme un poursuivant se cachait, et savait remarquablement bien le faire . Non, vraiment, il n’aimait pas ça … Pas du tout .


    2414 mots arrondis à 2400 ;
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Dernière édition par Kevin Regnard le Mer 15 Sep 2010 - 18:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Ven 3 Sep 2010 - 2:15

Davon observait la porte de la taverne avant de se retourner vers la place qui commençait à s’agiter. Prise par un tremblement compulsif, la rumeur et les mots se chuchotaient aux oreilles avec une vitesse incroyable, inconcevable.
L’homme blond se crispa en voyant la rumeur parcourir les citoyens de RaikaiD’jan
Et toujours aucune trace de Mÿa et de Kevin. Il laissa un léger soupir de soulagement s’échapper.

Il espérait réellement que ceux-ci s’en étaient allés. Qu’ils ne l’avaient pas entendu (la pensée qu’ils aient pu le voir avec l’autre maraudeur ne lui traversa pas l’esprit) Il ne voulait pas les impliquer là-dedans. Ces deux étrangers pourraient avoir de gros problèmes par sa faute. Enfin… ils en avaient déjà à cause de lui c’était trop tard. Mais la rumeur étant nouvelle, l’identité de ces deux personnes étant encore floues pour les citadins, ils pouvaient se faire encore rapidement oubliés.
Surtout que si les élémentaux de la foudre voyaient en eux une menace ou bien des hérétiques plus ou moins dangereux, ils ne seraient pas tendres.

Mais personne n’était là.

Davon observa une dernière fois les alentours s’assurant que Mÿa et Kevin n’était pas en vu avant de se concentrer sur la question existentielle qui hantait à présent son esprit : « Comment se tirer d’ici -sans se faire remarquer- tout cela avec rapidité, avant que la foule ne se jette sur lui pour l’étriper ? »

Il repéra quelques issues possible mais la foule devenue hostile grouillante autour de lui risquait de lui poser quelques problèmes. Ce n’était pas franchement la meilleure condition pour pouvoir s’échapper en toute tranquillité.

Quoi que… il pourrait très bien se glisser dans la foule. Ceux qui le poursuivaient pourrait très bien le confondre avec d’autres personnes. Il retint une grimace en se souvenant de sa stature et du fait qu’il n’avait que de vague ressemblance avec les personnes originaires de l’Archipel de la foudre.
Pourquoi n’avait il pas eut (comme tout le monde) un physique commun ?! Cela lui aurait épargné trois années de problèmes…

L’étau se resserrait et Davon n’avait toujours pas décidé de ce qu’il allait faire. Qu’il avait été bête de revenir ici. Stupide. C’est là où se trouvait toute la bande de roublard. Il suffirait juste qu’ils sortent de la taverne pour le découvrir. Peut-être qu’il aurait de la chance et qu’ils ne le reconnaitraient pas ? Davon soupira en pensant que ce n’était même pas la peine de caresser cette idée…

Bref, le jeune gardien n’avait pas le temps de se préoccuper de tout cela. Davon scruta les coins et les recoins et aperçut une petite rue, encore pleine de monde. Peut être que si il se glissait par là, il pourrait s’éloigner un peu de l’agitation qui commençait à régner ici, et se faufiler dans un coin…

Davon faillit s’avancer d’un pas mais une voix féminine, qui lui semblait toujours légèrement étrangère mais tout de même reconnaissable malgré le brouhaha ambiant, lui fit tourner la tête.
Ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’il aperçut Mÿa à quelques mètres de là, qui l’observait. Ses cheveux multicolores avaient attiré son regard alors qu’il cherchait la propriétaire de cette voix et il l’avait tout de suite repérer malgré la masse de personnes rassemblées ici. Ses cheveux étaient réelement voyant.

Mais qu’est ce qu’elle faisait là ? N’était elle pas censé être parti depuis belle lurette avec Kevin ?

« Alors ainsi, vous êtes recherchés par des prêtres qui veulent votre tête ? C'est bien embêtant ça. Vous fréquenter ne nous aura pas fait du bien. Qui plus est, je pense... » Davon écarquilla les yeux par le ton qu’elle venait de prendre. Ce n’était vraiment pas le moment de rire de la situation. Qui aurait pris tout cela à la légère ? Et puis, lui reprochait elle d’être venu vers elle ? A ce qu’il sache s’était Mÿa qui était venu lui parler et non le contraire.

Initialement il voulait juste manger rapidement et ressortir tout aussi rapidement.
Aurait il dû faire la sourde oreille à ses paroles, quelques temps plus tôt, dans la taverne ? A lui aussi, cela lui aurait évité bien des complications !

Davon n’eut pas le temps de répondre à cette question. L’agitation ambiante qui régnait autour d’eux ne l’aidait pas vraiment à se concentrer. Il fallait partir d’ici et vite. « …que vous avez créé une certaine agitation qui va nous mettre en danger. »

Elle utilisait vraiment un ton badin. Comme si tout cela n’était rien qu’un jeu. Comme si ils étaient là, à parler de choses inutiles. Comme si ils étaient à l’extérieur du conflit alors que la situation ne pouvait pas être pire. Ils étaient pris dans un bourbier et semblait-il elle trouvait la situation hilarante. Les sourcils de Davon se froncèrent démontrant une légère colère et c’est d’une voix plutôt froide et assez choqué qu’il répondit :

- « Je suis désolé de vous causer tous ses problèmes. Loin de là était mon but, je ne cherche vraiment pas à vous plonger dans les ennuis. »La peur avait vraiment un effet néfaste sur lui pour le changer ainsi… il fit une légère pause avant de reprendre assez sarcastique : « Et effectivement le fait que des prêtres me recherchent et veulent ma tête est assez problématique. En tout cas, à présent c’est fait et nous devrions réfléchir sérieusement au moyen de sortir de cette situation rapidement avant que la foule ne nous remarque. »

Les yeux dilatés par l’anxiété, Davon observait les alentours avec une certaine hâte. Les voix des citadins s’amplifiaient de plus en plus au fil des secondes. Il était quasiment sûr que la porte de la taverne ne tarderait pas à s’ouvrir et…

Un éclat métallique étira son regard et le fit sursauter. Instinctivement, il porta sa main à son arme avant de s’apercevoir que cela venait de Mÿa…
Sa main se resserra sur le manche de son Jian alors qu’il se rendait compte que peut être elle allait se battre. Se battre au lieu de prendre la meilleure décision possible dans cet instant-là : la fuite.

Mais aucun mouvement ne provint de la jeune femme. Elle ne semblait pas être agressive vis-à-vis de lui. Il ferma les yeux et lâcha un imperceptible soupire soulagé, mais ses doigts restèrent tout de même crispés sur le manche de son arme.

- «J’espère que vous ne comptez pas utiliser votre arme pour autre chose que pour vous défendre… Je ne pense pas que vous pourriez combattre autant de personnes. Nous sommes trop peu, ce serait… du suicide. Cela n’aura pour effet que d’attirer encore plus l’attention des autres… » Il vaut mieux courir, ajouta-t-il pour lui-même. Une petite voix intérieure lui demanda qu’est-ce qu’il attendait pour ne tourner pas les talons et fuir ? Ou bien pour se transformer en animal ? Il pourrait très facilement s’éclipser étant donné que les chats n’étaient pas spécialement dangereux ou remarquable « Étant donné que vous n’avez rien à voir avec moi j’imagine que vous pouvez encore vous enfuir et vous cacher le temps qu’ils se calment un peu.»

Davon passa une main nerveuse sur sa nuque avant d’inspirer longuement, essayant de calmer les battements de son cœur. Il laissa un soupir lui échapper alors qu’il essayait de réfléchir pour essayer de se sortir de cette situation. Ainsi que les étrangers…

Car il se sentait responsable. Responsable de quoi ? Responsable de les avoir entrainé dans cette histoire. Peut-être qu’inconsciemment il accordait vraiment du crédit au parole de Mÿa, bien qu’il essayait de s’en dissuader… Et peut être était il vraiment responsable de toute cette mascarade inutile. Il ne pouvait définitivement pas fuir d’ici en les abandonnant… Il en deviendrait malade.

Un léger frisson incontrôlé parcourut sa peau alors qu’il se tournait vers l’autre personnage. Davon observa Kevin qui était arrivé (depuis un moment déjà ? il ne saurait le dire) et s’était rapproché de Mÿa. Il fut rassuré lorsqu’il aperçut le visage sérieux et calme de Kevin. Il avait enfin l’impression d’avoir à faire à une réaction normale.

Le jeune homme haussa les sourcils en entendant la question surprenante de Kevin. Il réfléchît un instant avant de lui répondre, totalement désappointé :

- « Je n’en sais rien. Je ne peux pas vous aider. Peut-être bien… »

Mais pourquoi cette question ?
Enfin… vu la situation ce n’était pas le moment de se préoccuper de ça. Si le noble en éprouvait l’envie, il leur partagerait la raison. Il avait l’air de quelqu’un de réfléchi alors il devait bien y avoir une raison…

Un mouvement derrière ses deux interlocuteurs attira son attention. Il pût apercevoir une forme vouté, appuyé lourdement contre le mur de la ruelle qu’ils venaient tous de quitter.
Des yeux noirs de haine et de rage les fixèrent et le jeune homme ne put empêcher un mouvement de recul. Les yeux de Davon fixèrent la porte de la taverne avant de refixer les deux personnes devant lui.

Un instant la pensée d’éliminé cet homme traversa son esprit. Il se figea totalement en pensant à cette alternative et grimace vint de déformer son visage alors qu’une image profondément enfoui en lui remontait à la surface. Le corps du gardien qu’il avait tué. Il était mort si facilement. Cela avait presque été facile… Prendre la vie d’autrui pouvait être si simple. Et ceci le terrifiait. Surtout qu’il n’aurait jamais cru qu’il aurait pu faire un acte comme celui-ci. Même pour Aileen, son ami, il n’était pas sûr de pouvoir tuer quelqu’un… Et pourtant. Il baissa les yeux alors qu’un remord immense l’envahissait.

Il aperçût du coin de l’œil la porte de la taverne s’ouvrir et les personnes se précipiter vers l’homme blessé. Il ne leur restait pas beaucoup de temps. Et un instant il fut soulagé de ne plus avoir la
Davon chassa les pensées néfastes qui avaient pris place dans son esprit avant de s’adresser aux deux étrangers, tout en refoulant –tant bien que mal- ses émotions. Il n’avait vraiment pas besoin de ça maintenant.

- « Je… Nous trainons trop, nous devrions y aller. Les autres ne devraient pas tarder à nous remarquer. Faites comme bon vous semble et si vous choisissez une autre alternative je vous souhaite bonne chance. »

Il s’inclina légèrement et tourna le dos aux deux étrangers ainsi qu’à la loque humaine qui se trainait vers la taverne. Davon s’avancer avec un calme apparent qu’il n’avait jamais eu.
Il ne savait pas si Kevin et Mÿa le suivait ou non. Peut-être qu’ils avaient tous deux décidés de le laisser, peut être avaient ils décidés qu’il leur posait plus de problème qu’autre chose.

Ils auraient surement raison. Davon était à lui seul une montagne de problèmes. C’était exactement le type qu’il ne fallait vraiment pas fréquenter si vous souhaitiez juste être tranquille pénard…

Son dos raide montrait la légère tension qui l’agitait. Il observa un instant la foule et grimaça en voyant que la rumeur s’était propagé comme feu aux poudres. Des paires d’yeux de toutes sortes les recherchaient, certaine fois passaient sur lui et glissaient sans s’arrêter sur sa silhouette… Pressés.

Davon s’agita en observant les quelques choix qui s’offraient à lui. Ils ne tenaient vraiment pas à les précipiter dans un cul-de-sac. Il se tourna vers une rue quasiment déserte et s’y faufila avec agilité et discrétion. Cela devait faire trois ans qu’il parcourait un même secteur, alors Davon commençait à avoir l’habitude…

Il espérait vraiment que personne ne l’ai (ou ne les ai) remarqué ou suivi… sinon, cela pourrait poser des problèmes. Ces ruelles étroites n’étaient vraiment pas l’endroit où l’on pouvait facilement se battre avec une arme ressemblant de près ou de loin à une épée. Il en avait déjà fait les frais.



j'ai deux semaines de retard mais j'ai la réponse...
j'espère qu'il n'y a pas trop de fautes ni d'incoherence ;__;"
Kevinou je te laisse t'occuper de cette fameuse personne... Non, non je l'ai pas oublié. J'ai préféré te laisser le jouer =]
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MessageSujet: Re: Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)   Mer 15 Sep 2010 - 13:16

Est-il indécent de s'amuser de certaines situations dangereuses ?
Certes non et cela la rend quelque peu heureuse.
Ce n'est pas tous les jours que l'on vit une telle agitation.
Et le mieux reste d'en profiter en prenant position.


Mÿa ne comprenait pas vraiment. Y avait-il quelque chose de mal que de s'amuser de la situation présente ? Apparemment, le jeune homme pensait que l'heure n'était pas à la rigolade. Quel manque d'originalité. Ils étaient trois contre la ville entière, n'était-ce pas amusant ? A vrai dire, depuis longtemps elle vivait dans l'ennui de cette ville, dans une routine qui la rendait morose un peu plus chaque jour. Elle ne supportait pas ce monde, elle ne supportait pas ses habitants, elle ne supportait pas leur routine idiote. Et maintenant qu'un événement un tant soit peu excitant se déroulait sous ses yeux, elle devrait prendre peur et s'enfuir ? Garder son sérieux et chercher une solution efficace ? Pourquoi donc ? Elle avait une furieuse envie de se mettre en danger, de ressentir une petite poussée d'adrénaline, rien de plus normal, non ? Essayez, vous, de vivre séparé de toute votre famille et vote vie bourgeoise pour vous rendre dans un monde ennuyeux à en mourir, sans argent, où la seule occupation se trouve être une religion incompréhensible et idiote qui rend les gens aveugles et les transforme en imbéciles heureux. Honnêtement, il m'est permis de douter que vous ne seriez pas excités si un événement romprait votre morne quotidien. Le ton froid et choqué de Chin était donc idiot à ses yeux. Était-il un tel trouillard ? Elle n'en avait pas eu l'impression pourtant. Ou peut-être était-il plus réaliste qu'elle... Réponse qui correspondait bien plus à la situation.

Elle soupira. Ce ton froid n'était pas nécessaire et ses paroles l'étaient encore moins. C'était gaspiller de la salive. Qu'il n'ait pas voulu les mettre en danger était une bien bonne volonté tant est-il que ces paroles n'avaient aucun sens en ce moment précis. Car ils étaient en danger. Qui plus est, ce n'était pas vraiment sa faute mais plutôt celle des deux étrangers, à savoir elle et Regnard, qui l'avaient suivi dans son dangereux périple. Elle s'amusa cependant du ton sarcastique qu'il employa ensuite. « Détends-toi Roger, prend un bon cigare et un ptit café. » Dommage qu'il décide de reprendre si rapidement son sérieux avec une volonté de réfléchir à comment sortir sans se faire remarquer. Elle ne dit rien mais pensa intérieurement qu'il était bien optimiste s'il pensait réellement qu'une telle solution existait. Ce fut alors qu'elle sortit son katana et mit ses deux armes à la ceinture. Apparemment ce geste fit sursauter le jeune Chin qui se crispa aussitôt, sur ses gardes. Quel bon petit, bien éduqué et entraîné, dommage qu'il n'ait pas plus de volonté à se bagarrer. A moins qu'il n'ait vécu quelque chose qui l'ait rendu ainsi ? Après tout, elle était bien intéressé par son histoire et se ferait un plaisir d'entendre pourquoi il était ainsi recherché au point de soulever la ville entière. Car, en effet, les cris continuaient à se propager dans la ville. Les paroles lâchées par Chin la firent rire. Véritablement. Que pensait-il ? Qu'elle allait sortir dans la rue et dire « Venez, je veux me battre ! ». Mais la suite fut encore plus hilarante. Qu'ils puissent en réchapper ? Vraiment ? Elle sentit la présence de Regnard dans son dos et sourit. Bien sûr que non qu'ils ne pourraient pas en réchapper ! Elle sourit avant de prendre la parole.


    « A quoi pensez-vous donc, « Chin » ? Vous croyez que j'allais volontairement me battre contre tant de personnes ? Non je n'ai pas de tendances suicidaires. Cependant, quelqu'un qui se met en travers de ma route sera purement et simplement mis hors d'état de nuire. » Elle fit une pause et élargit son sourire.
    « Quant à ce que l'on puisse réchapper à cette situation, je vous trouve bien optimiste. Il est trop tard pour de telles considérations ! »


Si elle ne paraissait pas si rieuse de la situation, on aurait pu croire qu'elle faisait tout pour mettre la faute sur « Chin » qui semblait déjà dans un état de stress assez préoccupant. Elle fut retirer de ses pensées par les paroles de Regnard. Elle se retourna légèrement pour le regarder. Se rendre invisible ? Quelle était donc cette question qui... Son sourire disparut tout à coup. Elle comprit qu'il ressentait la présence de quelqu'un. Il n'aurait pas poser cette question d'un ton si sérieux si cela avait été simplement pour se renseigner. Elle-même ne ressentait pas grand chose mais elle se surprit de faire confiance à ce qui semblait être l'instinct (ou autre chose ?) de Regnard. Ainsi donc, quelqu'un les espionnait, elle n'aimait pas ça du tout. Se battre était une chose, les attaquants arrivaient de front et il suffisait de les éliminer. Mais quand ceux-ci se trouvaient dans votre dos et que vous ne pouvez pas les atteindre, cela change la donne. Elle se tourna de nouveau vers Davon qui répondit qu'il n'en savait rien. Cependant, un pli s'était formé entre ses sourcils et elle avait repris un tant soit peu de sérieux.
Elle perçut ensuite un mouvement derrière elle et se retourna pour apercevoir des yeux noirs haineux qui les regardaient. Chin avait eu un mouvement de recul face à cette apparition. Avant qu'elle n'ait pu agir, il prit la parole.


    « Je… Nous trainons trop, nous devrions y aller. Les autres ne devraient pas tarder à nous remarquer. Faites comme bon vous semble et si vous choisissez une autre alternative je vous souhaite bonne chance. »


Elle fut surprise par ces mots et un sourire narquois réapparut sur ses lèvres. Décidément, elle se voyait encore dans l'obligation de suivre ce jeune homme. Elle avait l'impression d'être un toutou mais sans doute connaissait-il mieux la ville qu'eux, alors autant lui faire confiance. Au point où ils en étaient de toute façon, cela ne servait à rien de choisir « une autre alternative ». Elle soupira et se tourna vers Regnard, alors que le jeune homme commençait à s'en aller. Elle parla alors à voix extrêmement basse.

    « Dîtes-moi si je me trompe, mais il me semble que vous avez ressentit une présence tout à l'heure. Je ne vois sinon pas pourquoi vous auriez poser une telle question. » Elle fit une pause oratoire et réfléchit un peu tout en ce mettant à avancer pour suivre Chin, remontant son capuchon et cachant ses armes sous sa cape.
    « Je ne ressens pas cette présence mais dîtes-nous si vous la sentez nous suivre car je pense qu'il faudra l'éliminer. »


Elle avait une idée. Tout en suivant Chin, elle réfléchit rapidement. Quelques instants, elle ressentit le regard de la foule posé sur elle mais, ayant caché ses cheveux, elle espéra que personne ne la remarque. Rapidement, cependant, Chin tourna dans une rue quasiment déserte. Elle se demanda si cela était la bonne solution. Le mieux n'aurait-il pas été de se fondre dans la foule ? Toujours est-il qu'il devait connaître mieux les ruelles qu'elle donc sans doute valait-il mieux le suivre. Elle avait toujours cette idée qui lui trottait dans la tête et lui faisait froncer les sourcils. Mais si elle faisait ça, elle s'ouvrirait bien trop à ces gens inconnus. Elle ne le souhaitait réellement pas. Peut-être cependant était-ce la meilleure solution... Si Chin connaissait la ville par cœur, elle, elle arpentait la forêt qui longeait RaïKaïD'jan chaque jour. Elle soupira. La maison pourrait constituer une bonne cachette. Personne ne connaissait son emplacement excepté elle-même depuis la mort de la Grand-mère. Elle pesta contre elle-même. Elle allait dévoiler ce secret à des gens qu'elle connaissait depuis trop peu de temps. Elle n'aimait pas ça mais sans doute était-ce la meilleure solution. Elle attrapa le bras de Chin devant elle et s'arrêta net. Elle observa tour à tour Chin et Regnard qui les avait suivi et fronça les sourcils.

    « Je connais un lieu intéressant où nous pourrions nous cacher. » Elle soupira. Elle entrait en terrain dangereux. Elle fixa de nouveau Regnard. Elle ne dirait rien sur l'emplacement tant qu'elle ne serait pas certaine que personne ne la suivait. « Pensez-vous que nous sommes suivis ? »


Honnêtement, là, elle se demandait si elle avait fait le bon choix. Mais ils devaient se cacher et sortir de la ville quelque temps et elle habitait une maison au fin fond d'une forêt, méconnue de tous et idéale pour une cachette. Qui plus est, ils pourraient s'installer confortablement et sortir les vers du nez de Chin afin qu'il explique qui il était réellement. Car, à présent, elle estimait qu'ils avaient le droit de savoir. Elle fixait toujours Regnard, son expression oscillant entre colère, anxiété, impatience et excitation. Si, comme elle le pensait, ils étaient suivis, ils allaient devoir commettre un délit et blesser une personne, voire la tuer si elle en savait trop. Elle n'aimait pas trop l'idée de tuer même si elle aimait se battre. Elle préférait blesser grièvement les personnes afin qu'ils ne puissent plus lui nuire mais, si quelqu'un en savait trop, à moins de lui couper la langue et les mains pour qu'il ne puisse plus ni parler ni écrire, il fallait le tuer. Cependant, en réfléchissant à tout ce qu'ils avaient dit et que l'être aurait pu intercepter, il n'avait pas énormément d'information, excepté le fait que Mÿa et Kevin était de mèche avec Chin. Ce qui, cependant, devait déjà être connu. Il pourrait dire qu'elle-même connaissait un endroit idéal où se cacher mais rien n'indiquerait où. Cependant, les gardes pourraient en déduire que ce lieu devait se trouver hors de la ville, sans doute dans la forêt puisqu'ils l'avaient déjà souvent interceptés. Ils étaient vraiment dans une situation compliquée à laquelle il fallait remédier. Elle ferma lentement les yeux puis les rouvrit, attendant une réponse de Regnard avant d'agir de quelque façon que ce soit.

Je rêvais d'une autre terre
Qui resterait un mystère
Une terre moins terre à terre
Oui je voulais tout foutre en l'air

Un autre monde – Téléphone

1695 mots arrondis à 1700.
[J'aime pas ma réponse. è.é Si y'a un problème, dîtes-moi =). Désolée pour le retard é.è]

Ce qui donne 34 points. Ajoutés. †
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Une nouvelle journée dans ce monde étranger ~ (Libre)

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